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Full text of "La théorie électromagnétique de Maxwell et son application aux corps mouvants"

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'VVu^S   3310.  l'iS. 


HARVARD 
COLLEGE 
LIBRARY 


(■■S^f^#f'] 


^THÉORIE  ÉLECTROMAGNÉTIQUE  DE 
MAXWELL 

kET  SON  APPLICATION  AOX  CORPS  MOUVANTS  J 


Profesmir    à    l'Univermlê    de    Lm.de.. 


ffixtraît   den    Arf-lii'ivM   nê^landaw.H   de»    Srimtes   i-xiirU'»  et 
nalurelks,  T.  XXV,) 


Lëidk, 
E.    J,    BRILL. 


LA  THÉORIE  KLECTROMAGNÉTIQUE  DE  MAXWELL 
ET  SON  APPLICATION  AUX  CORPS  MOUVANTS. 


PAR 


H.    A.    LOBENTZ. 


A. 


fi 


ri 


Introduction. 

Hypothèses  fondamentales. 

§  1.  Dans  un  des  plus  beaux  chapitres  de  son  Traité  de 
rélectricité  et  du  magnétisme,  Maxwell  fait  voir  comment 
les  principes  de  la  mécanique  peuvent  servir  à  élucider  les 
questions  d'électrodynamique  et  la  théorie  des  courants  induits, 
sans  qu'il  soit  nécessaire  de  pénétrer  le  secret  du  mécanisme 
qui  produit  les  phénomènes.  L'illustre  savant  se  borne  à  un 
petit  nombre  d'hypothèses,  que  tous  les  physiciens  connaissent 
et  dont  on  me  permettra  de  rappeler  ici  les  principales. 

Les  anciennes  théories  opéraient  avec  un  ou  deux  fluides 
électriques,  qui  seraient  en  repos  dans  les  phénomènes  élec- 
trostatiques et  dont  le  déplacement  constituerait  un  courant. 
Maxwell  admet  également  que  les  systèmes  dont  on  s'occupe 
en  électrostatique  se  trouvent  en  repos  et  que  ceux  où  il  y 
a  des  courants  sont  le  siège  d'un  véritable  mouvement;  mais, 
selon  lui,  ce  dernier  n'est  pas  simplement  le  déplacement 
d'une  matière  électrique  et  ce  qui  se  passe  dans  les  filscon- 
diïcteurs  ne  constitue  pas  le  mouvement  entier. 

C'est  là  un  point  d'une  importance  fondamentale.  On  sait 
que  Maxwell^  en  suivant  la  voie  tracée  par  Faraday ^  cherche 
\  expliquer  par  Tintervention  du  milieu  toutes  les  actions  qui 

1 


f 


2  H.   A.   LORENTSi. 

semblent    s'exercer   à   distance,  le  milieu  étant  tantôt  Téther 
i  qui    transmet    les    vibrations    de   la  lumière,  tantôt  un  corps 

,  pondérable.  Si  des  fils  de  métal  sont  parcourus  par  des  cou- 

rants électriques^  les  particules  du  milieu  ambiant  sont  ani- 
mées d'un  certain  mouvement,  que  j'appellerai  le  mouvement 
électromagnétique  et  qui  consiste  probablement  en  une  rotation 
autour  des  lignes  de  force  magnétique.  Selon  Maxwell,  la  force 
vive  de  ce  mouvement  est  précisément  l'énergie  électromagné- 
tique dont,  indépendamment  de^  toute  théorie,  les  expériences 
ont  révélé  l'existence  et  fixé  la  valeur  et  que  la  théorie  répartit 
d'une  manière  déterminée  sur  les  différentes  parties  de  l'espace. 
^Remarquons,  dès  à  présent,  que  dans  un  même  élément  de 
volume  un  courant  électrique  et  un  mouvement  électroma- 
gnétique peuvent  exister  simultanément. 

§  2.  Dans  une  autre  hypothèse  de  Maxwell  il  est  question 
des  liaisons  entre  les  différentes  parties  du  système  mobile. 
Figurons-nous  un  certain  nombre  de  circuits  linéaires  qui  se 
déplacent  d'une  manière  quelconque  et  supposons  pour  un 
•  ^  moment  qu'il  n'y  ait  aucun  courant  électrique.  Si  les  fils 
conducteurs  sont  entourés  d'un  milieu  pour  lequel  ils  ne  sont 
pas  parfaitement  perméables,  leur  mouvement  donnera  lieu  à 
un  déplacement  de  ce  milieu;  en  outre,  dans  une  théorie 
générale,  il  faudrait  admettre  que  des  corps  quelconques,  placés 
dans  le  voisinage  des  conducteurs,  peuvent  se  mouvoir  indé- 
pendamment de  ces  derniers.  Toutefois,  pour  simplifier,  je  me 
bornerai  au  cas  où,  tant  qu'il  n'y  a  pas.  de  courants,  le  mou- 
vement du  système  entier  est  connu,  lorsque  celui  des  circuits 

est  donné. 

^  Si  maintenant,  sans  rien  changer  au  mouvement  des  con- 
ducteurs, on  y  établit  des  courants  électriques,  les  choses  se 
compliqueront  davantage  :  outre  les  mouvements  qui  existaient 
déjà,  ceux  que  nous  avons  appelés  „ électromagnétiques" 
prendront  naissance.  Je  désignerai  par  P  les  points  matériels  qui 
prennent  part  à  ce  nouveau  phénomène  et  je  supposerai  que, 
pour  un  certain  moment  t^,  on  connaisse  la  position  de  chacune 


Là   THlioRIK   ELECTROMAGNiiTIQUE   DE   MAXWELL.  S 

circuit  et  celle   de   tous  les  points  P.   (Jela  posé,  Thypothèse 
de  Maxwell  peut  être  exprimée  en  ces  termes: 

En  vertu  des  liaisons  qui  existent  dans  le  système,  les  posi-^ 
tions  des  points  P  à  un  instant  ultérieur  t  sont  entièrement 
déterminées  dès  qu'on  connaît  les  nouvelles  positions  des  cir- 
cuits et,  pour  chacun  dVux,  la  quantité  d'électricité  qui,  entre 
les  moments  t^  et  <,  a  traversé  une  section. 

Cette  quantité  d'électricité  est  ici  regardée  comme  une  somme 
algébrique,  les  signes  -f-  et  —  étant  employés  pour  indiquer 
si  l'électricité  se  déplace  dans  un  sens  ou  dans  l'autre.  Lorsque  V^ 
i  est  l'intensité  d'un  courant  prise  avec  un  signe  qui  en  déter- 
mine la   direction,   la    quantité  dont  je  viens  de  parler  peut 

être  représentée  par  l'intégrale   i     idt    et    l'hypothèse    elle- 

J  tf^ 

même  revient  à  ce  qui  suit: 

(A).  Si  deux  mouvements  différents  du  système  s'accordent  ^^'^' 
en  ce  qui  concerne  la  position  primitive  du  système  tout  en- 
tier, la  position  finale   des  circuits  conducteurs  et  les  valeurs 

des  intégrales  \idt^   ces    deux  mouvements  conduiront  aux 

mêmes  positions  finales  des  points  P. 

Un  état  de  repos  peut  être  envisagé  comme  un  cas  parti- 
culier de  mouvement.  Or,  un  tel  état,  sans  aucun  courant 
électrique,  peut  être  substitué  à  l'un  des  deux  mouvements 
dont   il    vient  d'être  question;   pour  que  cela  soit  permis,  il 

suffit  que  dans  l'autre  mouvement  toutes  les  intégrales  \idt 

s'annulent  et  que  ce  mouvement  reconduise  les  circuits  à  leurs 
positions  initiales.  On  arrive  ainsi  à  cette  conséquence: 

(B).  Si,  à  la  suite  de  déplacements  quelconques,  tous  les 
circuits  se  retrouvent  dans  leurs  positions  primitives  et  que, 
dans  le  cours  de  ces  déplacements,  chaque  section  ait  été 
traversée  dans  les  deux  directions  opposées  par  des  quantités 

égales  d'électricité  —  c'est-à-dire  si  pour  chaque  circuit  |îd<  =  0 

1* 


4  îï.    A.   LORENTZ. 

—  toutes  les  particules  qui  prennent  part  aux  mouvements  élec- 
tromagnétiques se  retrouveront  dans  leurs  positions  primitives. 

Du  reste,  cet  énoncé  n'est  pas  seulement  une  conséquence 
de  rhypothése  (A);  Tinverse  a  également  lieu.  Un  raisonne- 
ment bien  simple  conduit  à  la  proposition  (A)  si  ou  prend 
pour  point  de  départ  l'assertion  (B).  Pour  abréger  ce  raison- 
nement, je  désignerai  par  la  lettre  Î7  les  positions  des  circuits 
et  par   W  celles  des  points  P. 

Remarquons  d'abord  que  la  proposition  (B)  conduit  immé- 
diatement au  corollaire  suivant:  Si,  dans  un  certain  mouve- 
ment, les  circuits  et  les  points  P  ont  les  positions  initiales 
[7  et  W  et  les  positions  finales  V  et  W\  tandis  que  les  in- 
tégrales \  idi  ont  les  valeurs  f,  le  renversement  du  mouvement 
des  circuits,  c'est-à-dire  le  déplacement  f/'  — ►  [7,  lorsqu'il  est 
accompagné  de  courants  tels  que  j  idt  z=  —  f,    impliquera 

nécessairement  le  déplacement  W  — ►  W, 

Cela  posé,  çn  peut  considérer  deux  mouvements  I  et  II 
qui  commencent  avec  les  mêmes  positions  U^  et  W^  et  qui 
aboutissent,    le    premier    aux   positions    Î7,   et   W^y  le  second 

aux    positions    f/,   et   W\y  l'intégrale   lid^  ayant,  pour  chaque 

circuit,  la  même  valeur  t  dans  les  deux  cas.  Or,  en  com- 
mençant par  les  positions  f/,  et  fF,,  on  peut  d'abord  renverser 
le  mouvement  I,  ce  qui  rétablit  les  positions  Uq  et  IF„,  et 
on  peut  faire  suivre  le  mouvement  II,  ce  qui  conduit  aux 
positions  C/,  et  W/.  Les  circuits  se  retrouvent  alors  dans 
leurs  positions  primitives  f7,  et  une  section  d'un  d'entre  eux 
a  été  traversée  d'abord  par  la  quantité  d'électricité  —  t  vi 
ensuite  par  la  quantité  -h  f.  La  proposition  (B)  exige  donc 
que  les  positions  W^  et  PF,  '  coïncident  et  voilà  précisément 
ce  que  Maxwell  suppose  dans  la  proposition  {A). 

Cette  hypothèse,  qu'on  peut  à  volonté  présenter  sous  l'une 
ou  l'autre  des  formes  {A)  et  (B),  a  un  défaut.  C'est  qu'il  est 


4 


LA   THEORIE   ELECTROMAGNETIQUE    DE    MAXWELL.  5 

difficile  d'iraaginer  un  système  matériel  dans  lequel  les  choses   y 
se  passent  de  la  manière ,  supposée.  Cependant,  elle  ne  semble 
contenir  rien  d'impossible.  C'est  du  reste  un  point  sur  lequel 
je  reviendrai. 

Après  avoir  posé  les  principes  que  je  viens  de  résumer, 
Maxwell  applique  les  équations  de  Ldgrange;  il  arrive  ainsi 
à  des  formules  bien  connues  pour  les  forces  électrodynami- 
ques et  pour  rinduction  des  courants.  Les  forces  extérieures  ^ 
qui  entrent  en  jeu  sont  d'abord  des  forces  ordinaires  qu'on 
fait  agir  sur  la  matière  pondérable  des  conducteurs,  en  second 
lieu  les  forces  électromotrices  telles  qu'elles  existent  dans  les 
éléments  voltaïques  et  les  couples  thermoélectriques,  enfin  la 
résistance  qui  s'oppose  au  mouvement  de  l'électricité  et  qui 
peut  être  comparée  à  un  frottement. 

§  3.  Les  équations  qui  déterminent  les  mouvements  de  l'é- 
lectricité dans  des  corps  à  trois  dimensions  ne  résultent  pas, 
dans  le  livre  de  Maxwell^  d'une  application  directe  des  lois 
de  la  mécanique;  elles  reposent  sur  les  résultats  qui  ont  été 
obtenus  pour  les  conducteurs  linéaires.  ' 

De  plus,  elles  n'ont  pas  la  forme  la  plus  simple  que  l'on  ,- 
puisse  leur  donner;  il  est  même  difficile  d'y  voir  clair,  à-r 
cause  d'un  certain  nombre  de  quantités  auxiliaires  qu'on  en 
peut  éliminer.  C'est  ce  qu'a  remarqué,  il  y  a  déjà  quelques 
années.  M.  Heaviside  ')•  Récemment,  M.  Het'tz^)  a  repris  le 
problème;  il  a  établi,  d'abord  pour  des  systèmes  en  repos, 
et  ensuite  pour  des  corps  mobiles,  un  système  d'équations, 
de  forme  très-simple,  qui  peuvent  rendre  compte  des  phéno- 
mènes observés. 

Il    y    a   une  différence  essentielle  entre  la  méthode  de  M,>^ 


*)  Heaviside,  On  thc  self-induction  of  wires^  dans  Phil,  Mag.,  bth  ser,, 
vol,  22,  29.  118  (1886). 

*)  Hertz,  Ueher  die  Grundgleichungen  der  Electrodynamik  fur  ruhende 
Kôrper^  dans  Wied,  Ann,^  Bd.  40,  p.  577  (1890);  Ueher  die  Grundgleichungen 
der  Electrodynamik  fiir  bewegte  Kôrper^   Wied.  4nn.,  Bd.  41,|).369(1890). 


6  H.   A.    LOBBNTZ. 

Hertz  et  celle  de  Maxwell  M.  Hertz  ne  s'occupe  guère  d'un 
rapprochement  entre  les  actions  électromagnétiques  et  les 
lois  de  là  mécanique  ordinaire.  Il  se  contente  d'une  de- 
scription succincte  et  claire,  indépendante  de  toute  idée  pré- 
^  conçue  sur  ce  qui  se  passe  dans  le  champ  électromagnétique. 
Inutile  de  dire  que  cette  méthode  a  ses  avantages. 

Cependant,  on  est  toujours  tenté  de  revenir  aux  explica- 
^  tiens  mécaniques.  C'est  pourquoi  il  m'a  semblé  utile  d'appliquer 
directement  au  cas  le  plus  général  la  méthode  dont  Maxwell 
a  donné  l'exemple  dans  son  étude  des  circuits  linéaires.  J'avais 
encore  un  autre  motif  pour  entreprendre  ces  recherches. 
Dans  le  mémoire  où  M.  Hertz  traite  des  corps  en  mouvement, 
il  admet  que  l'éther  qu'ils  contiennent  se  déplace  avec  eux. 
•-^Or,  des  phénomènes  optiques  ont  depuis  longtemps  démontré 
'^  qu'il  n'en  est  pas  toujours  ainsi.  Je  désirais  donc  connaître 
les  lois  qui  régissent  les  mouvements  électriques  dans  des 
corps  qui  traversent  l'éther  sans  l'entraîner,  et  il  me  semblait 
diflBcile  d'atteindre  ce  but  sans  avoir  pour  guide  une  idée 
théorique.  Les  vues  de  Maxwell  peuvent  servir  de  fondement 
à  la  théorie  cherchée.  Toutefois,  avant  d'aborder  les  questions 
qui  m'intéressaient  plus  spécialement,  j'ai  cru  devoir  consi- 
dérer les  cas  que  M.  Hertz  a  aussi  étudiés  '). 


•)  Après  II  voir  achevé  co  Mémoire,  j'ai  lu  une  publication  récente  de 
M.  BollzmcuDi,  intitulée:  »  Vorlcaungen  ûber  Maxwell  s  Théorie  der  FAec- 
IriciUll  und  des  Lichtes''  {bf  Theil,  Ahleitung  der  Grundgleichiiuyen  fur 
ruhende^  homogène,  isotrojtc  Kôrper)  dont  l'objet  principalest  l'explication 
mécanique  inaugurée  par  Maxwell,  Bien  que  nous  ayons  été  guidés,  M. 
Boltzntann  et  moi,  par  la  même  idée  fondamentale  et  que  plusieurs  de 
nos  résultats  soient  équivalents,  nous  avons  souvent  employé  des  méthodes 
différentes  et  les  questions  que  nous  avions  en  vue  n'étaient  pas  en  géné- 
ral les  marnes  r 


LA   THEORIE   ÉLECTROMAGNÉTIQUE   DE   MAXWELL.  7 

Le  'principe  de  â! Alembert, 

§  4.  Conime  je  me  servirai  à  plusieurs  reprises  du  prin- 
cipe de  d^ Alembefi^ty  je  commencerai  par  lui  donner  une  forme 
propre  aux  applications  spéciales  que  je  me  propose. 

Considérons  un  système  matériel  dont  les  points  sont  as- 
sujettis à  certaines  liaisons,  En  vertu  de  ces  deriiières  le 
système  ne  peut  pas  prendre  toutes  les  positions  ou  configu- 
rations imaginables,  et,  une  position  déterminée  étant  donnée, 
les  points  matériels  ne  peuvent  pas  recevoir  des  déplacements 
arbitrairement  choisis.  Je  nommerai  m, ,  m,,  ...  les  masses  de 
ces  points,  x^,  y,,  z,,  x^,  i/.^,  z^y  .  ,  leurs  coordonnées,  Xj, 
F,,  Z, ,  J5lj,  V^j  Z.^  ..  ,  les  composantes  des  forces  auxquelles 
ils  se  trouvent  soumis,  et  je  supposerai  que  toutes  les  variations 
infiniment    petites   ôx^,   âj/,,   &,,    to^,...    qui  peuvent  avoir 

lieu  à  partir  d'une  position  déterminée  par  :r,, y,, 2; j, 0:2,3/2,22 »••• 
satisfont  à  un  système  d'équations  homogènes  et  linéaires: 
a ,  ù\t ,  4-  6 ,  (J  y ,    -H  c ,  (J  z ,    H-  a^  d' a:* j    H-  .  . .  .  =  0  j 
a/  5  a;,  -h  6,'  (J  y,  -h  c/  Sz,  -^  a^'  S  x^  -{-..,  .=:zO  .    .  .  .  .(1) 

Les  coefficients  a,  6,  c  dépendront  de  la  position,  c'est-à-dire 
des  coordonnées  ^,  y,  z,  mais  je  supposerai  que  le  temps  <  n'y  ' 
entre  pas  explicitement. 

J'indiquerai    par   i,,   y,,    z^^    r^, .  ...  les  vitesses  et  par 

r,,  2/,,  z^y  ar^,...  les  accélérations  des  points  matériels  dans 
le  mouvement  qu'on  étudie.  Alors  le  principe  de  d^Alembert  exige 
que  l'on  ait: 

2:{Xôx-h  Y5y  -^  Zdz)  =  2;m{xôX'^y  dy  -^zdz) 

pour    toutes    les    valeurs  des  variations  qui  sont  compatibles 

avec  les  conditions  (1). 

La  dernière  îformule  peut  être  mise  sous  la  forme: 

••  ••  •• 

ôA=2^m{xôX'^ydy-\'zdz)j (2) 

(^  A  étant  le  travail  des  forces  qui  correspond  aux  déplacements 
virtuels  ôx^  tfy,  ôt^. 


■s 


8  H.    A.    LORENTZ. 

§  5.  L'équation  renferme  seulement  les  valeurs  de  ces  dé- 
placements relatives  au  temps  t.  On  peut  cependant  attribuer 
une  variation  infiniment  petite  non  seulement  à  la  position 
qu'occupe  le  système  à  cet  instant,  mais  aussi  aux  autres 
positions  qui  se  succèdent  dans  le  cours  du  mouvement  réel. 
Les  variations  des  coordonnées  doivent  dans  ce  cas  être  con- 
sidérées comme  des  fonctions  de  t,  fonctions  que  je  supposerai 
continues,  et  on  peut  imaginer  un  mouvement  dans  lequel  le 
système  prend  à  chaque  instant  la  position  variée  dont  il 
vient  d'être  question.  Ce  nouveau  mouvement  sera  nommé  le 
rnouvement  varié.  La  variation  que  subit  une  fonction  quelconque 
des  coordonnées  et  des  vitesses,  si,  en  laissant  le  temps  con- 
stant, on  passe  du  mouvement  réel  au  mouvement  varié, 
sera  désignée  par  le  signe  d. 

Mettons  l'équation  (2)  sous  la  forme: 

SA  =  —  2:m{x5x  -i-yày  -^zdz)  —2m{x-^j  ^y-^^z—) 
et  représentons  par  T  l'énergie  cinétique  du  système 

.2  .2         ,2 

2:  \m{x    4-2/  +  z  ). 
Comme  on  a 


on  trouve 


dix        ^  •   ddy       .,  •     dS  z 
dt  '   dt  ^'     dt  ' 


^      /  •dd X      •  ddy        'd  dz\       ^  ^ 


D'autre  part,  l'expression 

•  •  • 

2m{xdX'\-ySy'hzdz) 

est  évidemment  la  variation  qu'on  donnerait  à  T  si  on  imposait 
•  •      •     • 

l  aux  vitesses  a;,   y,   z   les  variations  ô  Xy  ô  y,  d  z  que  subissent 

en  réalité  les  coordonnées.  En  indiquant  par  5'  T  cette  vari- 
ation de  T,  on  trouve 

8A=z^^—8T. (3) 

CL  t 


LA    THEORIE   ELECTROMAGNETIQUE   DE   MAXWELL.  9 

Dénominations  et  signes  mathématiques  employés 

dans  ce  m,êmmre. 

§  6.  a.  La  direction  d'une  rotation  dans  un  plan  et  la  direc- 
tion d'une  normale  à  ce  même  plan  seront  dites  correspondre 
Tune  à  l'autre  si  le  premier  mouvement  est  opposé  à  celui  des 
aiguilles  d'une  montre  posée  sur  le  plan  et  ayant  le  cadran 
tourné  vers  le  même  côté  que  la  normale. 

b.  Les  axes  des  coordonnées,  OX,  OY,  OZ,  seront  choisis 
de  manière  que  la  direction  de  OZ  corresponde  à  celle  d'une 
rotation  de  90''  de  OX  vers  OY, 

c.  Un  espace,  une  surface  et  une  ligne  seront  désignés  res- 
pectivement par  r,  (T,  et  s,  les  parties  infiniment  petites  dans 
lesquelles  ils  peuvent  être  divisés  par  dr,  da^  ds, 

d.  La  normale  à  une  surface  quelconque  a  sera  toujours 
dirigée  vers  un  côté  déterminé  qu'on  nommera  le  côté  positif. 
Dans  le  cas  d'une  surface  limitée,  la  direction  de  la  normale 
et  la  direction  positive  le  long  du  contour  s  seront  liées  l'une 
à  l'autre  par  la  règle  suivante: 

Dans  un  point  P  de  la  surface,  tout  près  du  bord,  la  direc- 
tion de  la  normale  doit  correspondre  à  celle  de  la  rotation  que 
subit  la  ligne  PQ  si  le  point  Q  parcourt  dans  le  sens  positif 
la   partie   du   contour  qui  se  trouve  dans  le  voisinage  de  P, 

e.  La  normale  à  une  surface  sera  toujours  désignée  par  la 
lettre  n,  et  une  direction  quelconque  dans  le  plan  tangent 
par  la  lettre  h. 

f.  Nous  aurons  à  considérer  un  grand  nombre  de  fonctions 
qui  dépendent  des  coordonnées  x,  y,  z  et  peuvent  dépendre 
en  outre  du  temps  t.  La  distribution  d'une  telle  fonction,  c'est- 
à-dire  la  manière  dont  elle  varie  d'un  point  à  l'autre,  sera 
déterminée  par  des  équations  de  deux  sortes,  les  unes  rela- 
tives aux  points  de  l'espace,  c'est-à-dire  à  tous  les  points  où 
il  n'y  a  aucune  discontinuité,  et  les  autres  relatives  aux  points 
des  surfaces  qui  séparent  deux  corps  ou  milieux  différents 
çt  où  des  discoijtinuités  peuvent  se  présenter. 


10  H,   A     LORBNTZ. 

Pour  distinguer  dans  ces  dernières  équations  les  quantités 
qui  se  rapportent  au  premier  ou  au  second  corps,  on  fera 
usage  des  indices  1  et  2.  Ainsi  la  continuité  à\\ne  fonction 
(jp  sera  exprimée  par  Péquation  : 

La  normale  sera  toujours  dirigée  vers  le  côté  qui  est  indiqué 
par  rindice  2. 

g.  Un  vecteur  sera  représenté  en  général  par  une  lettre 
grasse  et  la  composante  d'un  vecteur  A  suivant  la  direction 
l  par  le  signe  A/. 

Pour  connaître  la  distribution  d'un  vecteur  A  il  faut  que 
Ton  connaisse  la  distribution  des  trois  composantes  A^,  Ay,  A^. 

Un  vecteur  aux  composantes  X,  F,  Z  sera  aussi  représenté 
par  le  signe  (X,   F,  Z). 

h.  La  distribution  d'un  vecteur  A  sera  dite  solmoïdale  lorsque 
dans  tous  les  points  de  l'espace  les  composantes  sont  égales 
à  celles  de  la  vitesse  dans  un  mouvement  possible  d'un  fluide 
incompressible.  Pour  qu'il  en  soit  ainsi,  il  faut  que 

0  Aa;  d  A»  d  kz 

+         ^/     -h  —;; =    0 


d  X  d  y  d  z 

et  (AJ,=  (AJ,. 

i.  L'intégrale 

fA    da 
J     » 

sera  nommée  l'intégrale  du  vecteur  A  étendue  à  la  surface  (t, 
et  par  l'intégrale  du  vecteur  prise  le  long  d'une  ligne  s  on 
entendra  l'expression 

fi^ds. 


i 


y.  Le  signe  A  aura  la  signification  suivante: 


d''  0>  0 


2 


^""■"0"a;î     '^    d  y^     '^    i  z'    ' 
k.  L'expression 

M  (=)  iV 

signifiera  que  les  quantités  M  et  N  sont  du  môme  ordre  de 

grandeur. 


LA   THEORIE   ELECTROMAGNETIQUE   DE   MAXWELL.  11 

CHAPITRE  I. 

Mouvements    électriques    dans    des    corps   qui 

se    trouvent    en    repos. 

Valeur   de   l'énergie  cinétique. 

§  7.  Considérons  un  système  quelconque  de  corps,  conduc- 
teurs ou  diélectriques,  homogènes  et  isotropes  ou  non  et 
remplissant  l'espace  infini,  l'un  d'entre  eux  pouvant  être  Téther 
de  l'optique.  Dans  tous  ces  corps,  même,  suivant  les  idées  de 
Maxwell,  dans  l'éther,  le  phénomène  qu'on  appelle  un  courant 
électrique  peut  avoir  lieu.  Le  courant  mesuré  en  unités  élec- 
tromagnétiques sera  représenté  par  C,  et  pour  abréger  j'écrirai 
u,  V,  w,  au  lieu  de  Cj-,  Cy,  Cz.  Avec  Maxwell  je  supposerai 
que  la  distribution  du  courant  est  toujours  solénoïdale.  Il  faut 
donc  que  Ton  ait: 

du            d  V          d  W          ^  ... 

-h  ^T7   +-TT-  =  0 (4) 


dxdydz 

et  (C«),=(C»)2 (5) 

§  8.  L'explication  des  phénomènes  d'induction  au  moyen 
de  la  masse  des  particules  qui  prennent  part  aux  mouvements 
électromagnétiques  constitue  un  des  traits  caractéristiques  de 
la  théorie  de  Maxwell.  Or,  dans  l'équation  (3)  qui  exprime  le  V 
principe  de  d'Alemberty  la  masse  des  points  matériels  est  im- 
plicitement renfermée  dans  le  second  membre;  on  est  donc 
amené  à  considérer  en  premier  lieu  la  valeur  de  l'énergie 
cinétique  T  dans  un  système  où  il  y  a  des  courants  électriques. 
Suivant  Maxwell,  cette  énergie  n'est  autre  chose  que  celle 
désignée  par  le  nom  d'énergie  électromagnétique.  La  valeur 
en  peut  être  calculée  au  moyen  de  deux  vecteurs  qu'on  appelle 
la  /brce  magnétique  et  Vînduction  magnétique, 

I^a  force  magnétique  et  ses  composantes  seront  représen- 
tées par  H,  «,  1^,  /,  l'induction  magnétique  et  ses  composantes 
par  0,  o,  6,  ç. 


J2  H.    A.    LORENTZ. 

§  9.  Voici  les  propriétés  de  ces  deux  vecteurs  qui  servent 
à  les  déterminer  dès  qu'on  connaît  la  distribution  du  courant 
électrique  : 

1.  La  distribution  de  Tinduction  magnétique  est  solénoïdale. 

2.  Kintégrale  de  la  force  magnétique,  prise  le  long  du  con- 
tour d'une  surface  limitée  quelconque,  est  égale  au  produit  par 
4  TT  de  rintégrale  du  courant  électrique  étendue  à  cette  surface. 

3.  A  chaque  point  de  l'espace  les  deux  vecteurs  sont  liés 
Tun  à  l'autre  par  des  équations  linéaires  : 

bzr::  u^      a   4-  a        3  -^    u       /,  s      (6) 

dans  lesquelles  on  a  toujours: 

Les  coefficients  ,a  sont  des  constantes  dépendant  des  pro- 
priétés magnétiques  du  corps  dont  il  s'agit;  ils  peuvent  varier 
d'un    point    à    l'autre.    Dans   un  corps  isotrope,  ^^  ^.,  it       et 

u^  ^  ont  une  valeur  commune  u  et  les  autres  coefficients  sont 

nuls.  Dans  l'éther  on  a  ,a  =  1  ;  les  deux  vecteurs  H  et  B  se 
confondent  par  suite  en  un  seul. 

En  adoptant  les  équations  (6)  nous  avons  exclu  les  cas  où 
l'aimantation  n'est  pas  proportionnelle  à  la  force  magnétique 
et  ceux  où  il  y  a  du  magnétisme  permanent. 

Quant  aux  propriétés  de  l'induction  et  de  la  force  magné- 
tiques  que   je    viens    de   rappeler,  elles  se  traduisent  par  les 

formules  suivantes: 

d  a       dh        d  c        ^  /o\ 

0^+07  +  ^^=^' ^^^ 

(B„),=(B„)„ (9) 

Zy          3/î  .  0«         dy  .  \ 

. ^  =  4  TT  M,  ■::—  —  -r—  =:  4  îr  t),  1 

Z  y        c  z  d  z         D  X  I 


• 


(»0) 

d  X         d  y  I 

(Ha),  =(H/s)î (U) 


LA   THÉORIE   ÉLECTROMAGNÉTIQUE   DE   MAXWELL.  13 

Par  un  artifice  mathématique  que  je  passerai  sous  silence 
on  démontre  que  les  vecteurs  B  et  H  sont  complètement 
déterminés  par  les  conditions  1,  2  et  3. 

§  10.  Une  fois  la  force  et  Tinduction  magnétiques  connues, 
l'énergie  cinétique  est  donnée  par  la  formule: 

T=    ~f  {aa^b§-Ï^Cy)dT (12) 

L'expression  —    {a  a  -\-  b  ^  -i-  c  y)  d  r    représente    Ténergie 

OTT 

cinétique  qui  se  trouve  dans  Télément  dr. 

Cette  manière  de  voir  implique  deux  conditions.  Il  faut 
d'abord  que  la  force  et  Tinduction  magnétiques  aient  une 
telle  signification  physique  qu'elles  puissent  déterminer  le 
mouvement  électromagnétique  dans  chaque  élément  de  volume. 
En  second  lieu,  les  coefficients  ii  dans  les  équations  (6)  doivent 
être  tels  que  Texpression  aa-hb^-hcy  soit  toujours  positive. 
Dans  tous  les  cas  connus  cette  condition  est  satisfaite. 

L'intégrale  (12)  doit  être  étendue  à  l'espace  infini,  et  il  en 
sera  de  même  de  plusieurs  autres  intégrales  que  nous  ren- 
contrerons. Je  supposerai  que  toutes  les  fonctions  qui  servent 
à  déterminer  un  dérangement  de  l'état  naturel  du  système, 
telles  que  u,  v,  w^  «,  (?,  /,  a,  b,  c,  sont  nulles  à  l'infini,  et  qu'à 
une  grande  distance  elles  diminuent  même  si  rapidement  que 
des  intégrales  telles  que  celle  de  l'expression  {12)  restent  finies. 

J'aurai  plusieurs  fois  à  appliquer  l'intégration  par  parties 
à  des  intégrales  relatives  à  un  espace.  Si  cet  espace  est  contenu 
dans  une  surface  fermée  /S,  cette  opération  conduit,  comme 
on  sait,  à  une  intégrale  étendue  à  cette  surface.  Or,  je  sup- 
poserai, une  fois  pour  toutes,  que  dans  les  cas  que  nous  aurons 
à  étudier  cette  intégrale  tend  vers  la  limite  0  si  les  points  de 
la  surface  S  s'éloignent  vers  l'infini. 

Enfin,  dans  l'énumération  des  propriétés  qui  servent  à 
déterminer  telle  ou  telle  fonction,  la  condition  qu'elle  s'évanouit 
à  distance  infinie  sera  souvent  tacitement  admise. 


14  H.   A.  LORENTZ. 


Variation  de  V énergie  cinétique, 

§  11.  Supposons  que  les  composantes  u,  Vj  w  du  courant 
électrique  subissent  des  variations  infiniment  petites  5u,  ôv, 
Sw  qui  sont  elles-mêmes  les  composantes  d'un  vecteur  à 
distribution  solénoïdale.  Indiquons  par  le  signe  S  les  variations 
correspondantes  des  quantités  qui  dépendent  de  u,  v,  w  et 
calculons  la  valeur  de  S  T. 

L'équation  (12)  donne: 

dT=z  i     f  (ada4-6«iî-l-cdV4-«(U  +/îrU  +  /5c)dr, 

OTT      J 

mais  *en  vertu  des  relations  (6)  et  (7)  cette  formule  peut  être 
remplacée  par  la  suivante: 

dT=}-    (  {ada^bSS  -+-cSy)dT  .  ,  .  .     (13) 

§  12.  Introduisons  un  vecteur  auxiliaire  dont  les  compo- 
santes jF,  g,  h  sont  déterminées  par  les  équations  : 

Off_DÇ_      2lF_0H_       OG       dF_ 

dy        dz  '  dz        dx  '  Ojp        dy         '  I 

OJ'       D_G       DH_  .    ,   (14) 

dx  ^  dy  ^  dz  —^'  \ 

I 

Grâce  à  la  propriété  fondamentale  de  Tinduction  magné- 
tique (§  9,  ]),  on  peut  toujours  satisfaire  à  ces  conditions  ;  de 
plus,  on  ne  peut  le  faire  que  d'une  seule  manière.  Le  vecteur 
(-F,  6r,  H)  se  trouve  donc  entièrement  déterminé. 

L'équation  (13)  devient 


H- 


(g-f)^'J^- 


OU,  si  on  applique  l'intégration  par  parties: 


LA.   THéoRlE   lÎLKCTROMAGNfeQUE  DE   MAXWELL  15 


dT=: 
4 


T. 


Dans    la    dernière  opération  on  a  eu  égard  aux   trois  der- 
nières des  formules  (14)   et  à  la  condition  de  continuité: 

qui  découle  de  Téquation  (11). 
Des  formules  (10)  on  déduit 

d  ô  y        d  Ô  S  .       ^         d  d  a        d  S  y         .       ^ 

d  Z  d  Z  ex 


^y 


d  s  s        d  d  a         .       ^ 
d  X  d  y 


on  trouve  donc  finalement: 

dT=f{Fdu-h  GSv-^-  HSw)dr (15) 


Quantités  qui  sei^vent  à  définir  un  déplacement  virtuel 

du  système. 

§  13.  Faisons  abstraction  pour  un  moment  du  mouvement 
réel  que  nous  voulons  étudier  et  portons  notre  attention  sur 
le  fait  que  le  système,  à  un  moment  où  il  occupe  une  position 
déterminée  W,  peut  être  le  siège  de  mouvements  électriques 
très  différents.  Soient  u\  v,  w*  les  composantes  du  courant 
dans  un  de  ces  mouvements  imaginables,  les  signes  u,  v,  w 
étant  réservés  au  mouvement  réel. 

Soit  P  un  quelconque  des  points  matériels  qui  prennent 
part  au  mouvement. 

Je  suppose  qu'en  vertu  des  liaisons  entre  les  parties  du 
système  les  composantes  5,  ^y,  C  de  la  vitesse  de  ce  point  sont 
des  fonctions  linéaires  des  valeurs  de  u',  v\  w'  dans  tous  les 
points    de   Tespace,  les  coefficients  dans  ces  fonctions  dépen- 


16  H.   A«   liORKBTZ. 

dant  de  la  position  YF,  c'est-à-dire  des  coordonnées.  H  va 
sans  dire  qne  les  fonctions  dont  il  est  question  pourraient 
ê1a«  mises  sons  forme  d'intégrales;  cependant,  je  les  présen- 
terai comme  des  sommes.  Si  on  divise  l'espace  entier  en 
éléments  de  volume  et  qu'on  désigne  par  m',  v\  u  les  va- 
leurs de  ces  composantes  dans  le  centre  ou  quelque  autre 
point  fixe  de  chaque  élément,  on  aura 

1  =  2' (Jt^'  -h  fit;'  -h  Cw')' 

i7=2:(^'u'-hfi'i;'-h  Cw'),^ ;  .   .     (16) 

C  =  2:  {A"u'  -h  B"v'  -h  C'w'\  ) 

chacune  de  ces  sommes  contenant  autant  de  termes  qu'il  y  a 
d'éléments  de  volume. 

Si  l'on  prend  pour  ^,  fi,  C.  A\  . , .  les  valeurs  qui  corres- 
pondent à  la  position  que  le  système  occupe  au  temps  t  dans 
le  mouvement  réel  et  qu'on  remplace  u\v\w'  par  u,v,  w,  les 
formules  (16)  font  connaître  la  vitesse  réelle  du  point  P. 

§  14.  Revenons   au    mouvement  imaginaire  déterminé  par 
u,  v\  w\   Supposons    que    ce    mouvement   ait  lieu    pendant 
un    temps    r    infiniment    petit,    les   composantes   u\    v\    xv 
restant  constantes. 

Comme  les  coefficients  A,  B,  C,  A\. , . ,  peuvent  être  re- 
gardés comme  invariables  pendant  l'intervalle  r,  on  trouve 
pour  les  déplacements  du  point  P  dans  les  directions  des  axes  : 

dx=i2:{A  vf  X  -f  B  v'  T  -h   Cw'  t),  \ 

dy  =  2:{A'ur  4-  fi' t;'r-|-  C  iv' v),  [ (17) 

d  2  =  2;  {A''u'  T  -f-  B'V  T  -h  C'w'  t)  ;   ) 
expressions    dont   les  valeurs  sont  complètement  déterminées 
par  les  produits  u  r,  v'  r,  w'  r, 

§  15.  Ces  produits  ont  une  signification  bien  simple. 
Si    C    est    le    courant  électrique  en  un  point  de  l'élément 
de  surface  du,  élément  fixé  dans  l'espace,  la  quantité 

représente  ce  qu'on  appelle  la  quantité  d'électricité  qui,  pen- 
dant le  temps  r,  a  traversé  cet  élément  dans  la  direction  po- 


LA  THÉORIE   ÉLECTROMAGNÉTIQUE   DE   MAXWELL.  17 

sitive.  Pour  l'unité  de  surface  la  quantité  analogue  devient 
Cn  r.  On  voit  donc  que  les  produits  u'  r,  v'  r,  w'  r  ne  sont 
autre  chose  que  les  quantités  d'électricité,  rapportées  à  l'unité 
de  surface,  qui  ont  traversé  des  éléments  perpendiculaires  aux 
axes  des  coordonnées.  En  désignant  ces  quantités  infiniment 
petites  par 

on  trouve: 

dy  =  ^{A'e^  H-  B'ey-hCe.),    [  "^  .  .  .  (18) 
8z  =  2;  (^"e^r  -h  5"ey  -h  C'ez).    ) 

Remarquons  que  le  temps  plus  ou  moins  long  que  les 
quantités  e;r,  e^,  ez  mettent  à  traverser  les  éléments  de  surface 
dont  il  vient  d'être  question,  n'entre  plus  dans  ces  formules. 

§  16.  Ce  sont  les  quantités  e^,  ey,  e^  qui  nous  serviront  à 
définir  un  déplacement  virtuel  du  système.  Elles  doivent  être 
regardées  comme  des  fonctions  de  x,  y  et  z.  La  nature  du 
système  leur  impose  la  condition  que  la  distribution  du  vec- 
teur e,  dont  elles  sont  les  composantes,  doit  être  solénoïdale. 

Du  reste,  e^j  ©y,  6^  peuvent  varier  avec  le  temps.  Dès  que  ces 
quantités  ont  été  choisies  comme  des  fonctions  de  x,  y,  z  et  t, 
on  peut  se  former  une  idée  du  mouvement  varié  dans  lequel 
se  change  le  mouvement  réel  qu'on  désire  étudier.  En  eiffet, 
on  peut  en  pensée  arrêter  tous  les  points  mobiles  dans  les 
positions  qu'ils  occupent  au  temps  t  dans  le  mouvement 
réel.  A  partir  de  cette  configuration  on  peut  déplacer  les  points 
de  la  manière  déterminée  par  e^r,  e^,  e«;  on  obtient  alors  la 
position  variée  pour  le  temps  t,  La  position  variée  pour  tout 
autre  moment  s'obtient  de  la  même  manière,  et  le  mouvement 
varié  n'est  autre  chose  que  la  succession  de  toutes  les  positions 
variées. 

J'ai  déjà  remarqué  que  l'équation  fondamentale  (2)  renferme 
seulement  les  valeurs  de  8x^  dy^  dz  relatives  au  temps  t.  Il  en 
est  de  même  de  la  formule  (3),  qui  n'est  qu'une  transformée 
de  l'équation  (2).  En  effet,  les  dérivées  de  Ôx^  dy^  ôz  parrap- 

2 


18  H.   A.    LORENTZ. 

port  au  temps,  qu'on  trouve  dans  les  deux  termes  du  second 
membre,  disparaissent  si  on  développe  ces  termes. 

n  en  résulte  que  les  conséquences  qui  découlent  du  prin- 
cipe de  (TAlembert  sont  indépendantes  de  la  manière  dont 
dxy  Jy,  dz,  ou,  dans  le  cas  qui  nous  occupe,  e^,  €y,  e*  varient 
avec  le  temps. 

Dans  Tapplication  qui  va  suivre,  ces  dernières  quantités  sont 
supposées  indépendantes  de  t. 

Voici  encore  une  remarque  importante.  Si  l'on  admet  que 
le  seul  moyen  par  lequel  on  puisse  déplacer  les  points  du 
système  consiste  à  y  établir  des  courants  électriques,  on  ob- 
tiendra tous  les  déplacements  virtuels  possibles  en  donnant 
aux  quantités  e^-,  Cy  et  ez  toutes  les  valeurs  dont  elles  sont 
susceptibles. 


Application  du  principe  de  d^Alembei't. 

§  17.  Pour  appliquer  la  formule  (3)  je  considérerai  successi- 
vement les  variations  5'T,  dT  et  le  travail  dA. 

Par  S'T  nous  avons  représenté  la  variation  que  subit  l'é- 
nergie cinétique  si  les  vitesses  des  points  matériels  éprouvent 
des  variations  égales  à  celles  qui  sont  apportées  en  réalité 
aux  coordonnées.  Or,  dans  le  problème  actuel,  cette  con- 
dition se  trouve  réalisée  si,  tout  en  maintenant  constante  la 
configuration  qui  se  présente  dans  le  mouvement  réel,  on 
augmente  de  ex,  Cy,  ez  les  composantes  du  courant.  En  effet, 
si  dans  les  formules  (16)  les  coefficients  Aj  B,  C,  A',  .  .  .  . 
demeurent  invariables  et  que  les  composantes  du  courant 
électrique  reçoivent  les  accroissements  e^r,  ey,  ez,  les  variations 
de  5,  ^7  et  C  seront: 

2:(Aea:  4-Bey  +  Cez), 

2  {A'  ex  -h  B'  ey  H-  Cez  ), 

2;(A'ex  -h  5%  -h  C'ez); 

elles    deviennent    égales   aux   valeurs    que  les  équations  (18) 
donnent  pour  Sx,  dy^  dz. 


LA   THÉORIE  ÉLECTROMAGNÉTIQUE   DE  MAXWELL.  19 

On  voit  donc  que  la  variation  5'  T  peut  être  calculée  au 
moyen  de  la  formule  (15);  îl  faut  pour  cela  remplacer  5î/., 
bv,  Sw  par  e;r,  ©y.  ^z-  Comme  ces  quantités  sont  supposées  in- 
dépendantes du  temps,  on  trouve: 

dd'T     r  /dF        d  G        d  H 


dt 


d 


les  valeurs  de  -^  ,    -—  ,  -—  se    rapportant    au  mouvement 

réel. 

§  18.  La  variation  d  T  devient  0,  si  Ton  introduit  l'hypothèse 
suivante,  analogue  à  celle  dont  Maxwell  s'est  servi  dans  sa 
théorie  des  circuits  linéaires.  (§  2). 

La  position  de  chaque  point  matériel  se  trouve  déterminée 
par  les  quantités  d'électricité  qui,  à  partir  d'un  nioment  fixe 
arbitrairement  choisi,  ont  traversé  les  éléments  de  surface 
qu'on  peut  faire  passer  par  les  différents  points  de  l'espace; 
ou,  ce  qui  revient  au  même: 

Si,  après  une  série  de  mouvements,  chaque  élément  de  sur- 
face a  été  traversé  dans  les  deux  directions  opposées  par  des 
quantités  égales  d'électricifè,  tous  les  points  matériels  se  trou- 
vent ramenés  à  leurs  positions  primitives. 

Il  est  presque  superflu  de  dire  que  la  quantité  d'électricité 
qui  traverse  un  élément  da  pendant  un  certain  temps  dans 
la  direction  positive  est  représentée  par  l'intégrale 


/ 


Cn  dt ,  d(J 


et  qu'on  parle  d'une  quantité  d'électricité  e  qui  est  passée  vers 
le  côté  négatif,  si  cette  intégrale  a  la  valeur  :  —  e. 
L'hypothèse  mentionnée  donne  lieu  à  ce  théorème: 
Si  les  quantités  e^,  ©y,  ©;?  sont  indépendantes  du  temps,  le 
mouvement  varié,  bien  qu'il  diffère  du  mouvement  réel  par 
les  configurations  qui  se  succèdent,  consiste  en  un  système  de 
courants  dans  lequel  u,  v,  w  ont  les  mêmes  valeurs  que  dans 
le  mouvement  réel. 

2* 


20  H.    A.   LORKNTZ. 

Or,  l'énergie  cinétique  dépend  uniquement  des  valeurs  de 
Uy  V  et  w;  on  trouve  donc 

5T=0. 

§  19.  Voici  comment  on  démontre  le  théorème  du  paragraphe 
précédent. 

Soient  TF,  et  W2  les  configurations  qu'occupe  le  système 
dans  le  mouvement  réel  aux  moments  t  et  t  -\-  dt,  W/  et 
W2'  les  configurations  variées  correspondantes.. Le  mouvement 
varié  est  celui  qui  fait  passer  le  système  de  la  position  W,  '  à  la 
position  W^\  ce  passage  s'accomplissant  dans  le  temps  dt  et 
tous  les  points  décrivant  des  lignes  droites,  infiniment  petites. 

Si  donc  on  commence  par  la  position  W^',  et  qu'on  donne 
successivement  au  système  les  déplacements: 

W,'^W„     W,-*W„     W,^W,', 
le  mouvement  varié  est  celui  par  lequel  la  position  primitive 
W2'  se  rétablit  après  un  temps  dt. 

Pendant  les  trois  déplacements,  des  éléments  de  surface 
perpendiculaires  aux  axes  ont  été  traversés  successivement 
par  les  quantités  d'électricité: 

—  udty    —  V  dtj     —  w  dt^ 
+  e^r,    4-  ey,    4-  eg, 

toutes  ces  quantités  ayant  été  rapportées  à  l'unité  de  surface. 

Si  donc,  à  partir  de  la  position  TF,',  on  fait  exister  pendant 
un  temps  d  t  des  courants  u,  v,  w^  la  somme  algébrique  des 
quantités  d'électricité  qui  ont  traversé  un  élément  devient  0 
et  d'après  notre  hypothèse  le  système  est  ramené  à  la  position 
W^.  Le  système  des  courants  u,  v,  w  constitue  donc  bien  le 
mouvement  varié   W/  —*  W^'. 

§  20.  Reste  à  considérer  le  travail  8  A,  Lorsqu'on  en  vent 
calculer  la  valeur,  on  peut  passer  sous  silence  toutes  les  forces 
qui  servent  à  maintenir  les  liaisons  du  système,  c'est-à-dire 
les  forces  qui  sont  mises  en  jeu,  parce  que  la  distribution  du 
courant  électrique   doit   être  solénoïdale  et  parce  que  l'indue- 


LA   THEORIE   ELECTROMAGNETIQUE    DE    MAXWELL.  21 

tien  et  la  force  magnétiques  qui  déterminent  les  mouvements 
électromagnétiques  sont  liées  aux  courants  de  la  manière  qui 
a  été  considérée  au  paragraphe  9.  Les  forces  dont  il  faut  bien 
tenir  compte  ne  sont  pas  les  mêmes  dans  des  corps  de  nature 
différente.  Cependant,  comme  on  le  verra  plus  loin,  on  peut 
dans  tous  les  cas  indiquer  pour  chaque  point  de  Tespace  trois 
quantités  X,   7,  Z,  telles  que 

—  j  {Xe:r-h  Fey-hZe,)dr (19) 

représente  le  travail  des  forces  pour  le  déplacement  virtuel 
défini  par  e;r,  ey,  e^. 

La  formule  (3)  devient  donc: 

_e.+  _e,4.  -^-   e.)dr,   ....  (20) 

relation  qui  renferme  à  elle  seule  toutes  les  équations  du 
mouvement.  Pour  en  tirer  toutes  les  conséquences,  il  suffit 
d'exprimer  que  la  formule  doit  être  vraie  pour  toutes  les  va- 
leurs admissibles  de  e^y  ©y,  6;?.  Cependant,  avant  de  procéder 
plus  loin,  il  sera  utile  d'étudier  les  valeurs  de  X,  F,  Z  dans 
des  cas  particuliers. 


Valeurs  de  X,  Y  et  Z  pour  les  diélectriques. 

§  21.  Lorsque  quelques-unes  des  forces  qui  agissent  dans  le 
système  dérivent  d'une  énergie  potentielle,  le  travail  de  ces 
forces  est  égal  à  la  diminution  de  cette  énergie.  Or,  suivant 
les  idées  de'  Maxwell,  les  forces  qui  agissent  dans  les  corps 
non  conducteurs  ou  diélectriques  possèdent  cette  propriété. 

Dans  les  diélectriques  il  existe  un  état  d'équilibre  naturel 
qui  est  dérangé  par  tout  mouvement  de  l'électricité,  et  un  tel 
dérangement   donne   lieu  à  une    certaine  énergie  potentielle. 


22  H.    A.    LOKENTZ. 

Appelons  fy  g  ^t  h  les  quantités  d'électricité  qui,  à  partir  de 
l'état  naturel,  ont  traversé  des  éléments  de  surface  perpendi- 
culaires à  0  Xj  0  F  et  0  Z,  ces  quantités  étant  ramenées  à 
Tunité  de  surface;  alors  on  peut  écrire  pour  Ténergie  poten- 
tielle par  unité  de  volume 

IC^^r,.:/^    -i-Py.yg^   •^Vz.zh^    4-  2  î/ar,y/5r  -h  2py^zgh'h 

'h2pz,:chf), (21) 

où  les  coefficients  p  dépendent  des  propriétés  physiques  du 
corps.  Dans  le  cas  des  diélectriques  anisotropes  il  est  en  général 
nécessaire  de  connaître  les  valeurs  des  six  coefficients.  Pour 
les  corps  isotropes  la  chose  est  plus  simple  :  les  coefficients 
^^,y;  ^y»  ^  ^^  ^^*  X  s'évanouissent  e".  les  trois  autres  ont  une  valeur 
commune  v. 

Pour  augmenter  la  symétrie  des  formules,  j'écrirai  quelque- 
fois  Vy^xy   Vz,yi   Vx,z   au   lieu    de   Vx.y^   Vy^z^   Vz,x. 

§  22.  Les  quantités  /,  5^  et  /i  peuvent  être  regardées  comme 
les  composantes  d'un  vecteur  queje  représenterai  par  D  et  que 
Maxwell  nomme  le  déplacement  diélectrique.  En  se  rappelant  la 
définition  de  f,  g  Qt  h  on  s'assure  facilement  que  la  distri- 
bution de  ce  vecteur  doit  être  solénoïdale,  ce  qui  s'exprime 
par  les  formules:   *) 

df      dg       dh      ^  ,^^. 

dx         dy         dZ  ^       ' 

(D.),=(D«), (23) 

S'il  y  a  mouvement  de  l'électricité,  les  valeurs  de  f,  g  eih 
changent  avec  le  temps  et  les  composantes  du  courant  sont 
évidemment  données  par  les  formules: 

^/  ^g  ^h 

^  =  ô-r^  =  D-r  "=Dl (24) 

D'une  manière  analogue,  les  quantités  e^r,  Py,  f^z  qui  déter- 
minent un  déplacement  virtuel  doivent  être  considérées  comme 
des  variations  de  /,  g  et  h, 

*)  Ces  formules  cessent  d'être  vraies  s'il  y  a  une  -•'charge  électrique" 
à  l'intérieur  d'un  isolateur  ou  à  la  surface  qui  sépare  deux  de  ces  corps. 
Je  reviendrai  sur  ce  cas  au  paragraphe  431 


LA  THEORIE   ELECTROMAGNETIQUE    DE   MAXWELL.  23 

§  23.  Cette  dernière  remarque  conduit  à  la  valeur  suivante 
de  d  A,  en  tant  que  ce  travail  dépend  des  forces  qui  agissent 
à  l'intérieur  d'un  diélectrique: 

—    f\  /«_    _  f  -L.  «-.    ..  /T  -I-   «_    .  h\  i»_  _|- 


/   (^^, ^/  •+"  ^^,yff  +  ^^,  ^  f^)  ©^ 


+  (^y,^/  -^  Vy.yg  +  l'y,  z  A)  Cy  H-  (î^;?,  :r/  "H  ^ir,  y  flT  -f-  î/xr,  ;? /l)  6;?  j    d  T. 

En  identifiant  ceci  avec  l'expression  (19),  on  trouve 

"^  ^=^'^y>^f  -^vy.ya  -^  vy,zhy  i (25) 

Z=Z  Vz,  3ff  -^  Vz,yg  -i-  Vz,  z  h. 


Valeurs  de  X,  Y  et  Z  pour  les  conducteurs. 

§  24.  Le  développement  de  chaleur  qui  accompagne  les 
courants  électriques  dans  les  conducteurs  prouve  que  dans  ces 
corps  il  y  a  des  causes  qui  tendent  à  diminuer  l'énergie 
électromagnétique.  H  faut  donc  admettre  qu'il  existe  des  forces, 
comparables  au  frottement  de  la  mécanique  ordinaire,  dont 
le  travail  est  négatif  dans  tous  les  mouvements  réels. 

La  quantité  de  chaleur  qui  est  dégagée  dans  un  fil  conduc- 
teur étant  proportionnelle  au  carré  de  l'intensité  du  courant, 
il  est  naturel  de  supposer  que  dans  un  conducteur  quelconque 
le  développement  de  chaleur  est  une  fonction  homogène  du 
second  degré  de  u,  v  et  w.  J'écrirai  donc  pour  le  travail  de 
la  résistance  par.  unité  de  volume,  pendant  le  temps  dty 

— (Hx,xU'^+ity,yV^-hHz,zW^-Jr  2lix,yUV  +  2iiy,  z  V  W-^2i(z^  x  W  u)  dt 
OU 

—  L(»«^.  ;r  tfc  4-  Xar,y  V  +  Xj»,  z  W)  U  d  <-|-(xy,ar  tfc4-Xy,y  V  +  Xy,  z  w)  V  d  t  -i- 

-h  {kz,  xU-^  Hz.yV  -i-  itz,z  W)wd  <], 

les    constantes    x    dépendant   de   la  nature  du  conducteur  et 
»y,*i  x;?,y,  xx,  «  désignant  la  même  chose  que  xa.,y,  xy,  r,  x^,  >. 

Si  le  conducteur  est  isotrope,  on  a  x^,y  =:xy,  ^=:xj?,  ^p  ==  0, 
et  les  coefficients  x^r,^,  ity.y  et  hz,z  ont  une  valeur  commune  x. 


24  H.    A.   LORKNTZ. 

Les  produits  udi,  v  dt^  w  dt  représentent  pour  le  mouve  • 
ment  réel  ce  que  nous  avons  indiqué  dans  le  cas  général  par 
e;r,  Cy,  e^.  On  voit  donc  que,  tant  qu'il  s'agit  d'un  mouvement 
réel,  le  travail  des  forces  peut  être  calculé  au  moyen  de  la 
formule  (19)  si  Ton  pose: 

r  =  xy,^u4- xy.yv  4- Ky,;r'M;,  ^ (26) 

Or,  je  supposerai  que,  si  on  emploie  ces  valeurs,  le  travail 
des  forces  dans  un  déplacement  virtuel  peut  également  être 
mis  sous  la  forme  (19)  ;  hypothèse,  du  reste,  qui  est  confirmée 
par  le  fait  que  les  conséquences  qui  en  découlent  s'accordent 
avec  l'expérience. 

Il  n'y  a  qu'un  seul  cas  où  l'on  a  eu  recours  à  des  valeurs 
de  X,  Y  et  Z  différentes  de  celles  que  je  viens  d'indiquer. 
\  Pour  expliquer  le  phénomène  de  Hall,  qui  se  produit  dans 
des  feuilles  métalliques  placées  dans  un  champ  magnétique, 
on  a  ajouté  aux  derniers  membres  des  équations  (26)  des 
termes  de  la  forme: 

Mais  le  phénomène  de  Hall  ne  sera  pas  considéré  dans  ce 
mémoire. 


Équations  du  mouvement, 

§  25.  Revenons  maintenant  à  l'équation  (20),  qui  peut  être 
remplacée  par 

si  on  désigne  par  p,  g  et  r  les  cosinus  directeurs  du  vecteur 
e  dont  e;r,  e^,  Bz  sont  les  composantes. 

Il   faut  appliquer  cette  condition  à  tous  les  déplacements 


LA   THEORIE   ELECTROMAGNETIQUE   DE   MAXWELL.  25 

virtuels  qui  sont  compatibles  avec  la  condition  que  la  distri- 
bution du  vecteur  e  doit  être  solénoïd^^le. 

Concevons  un  tube  annulaire  d'une  section  infiniment  petite  ; 
Taxe  de  ce  tube,  c'est-à-dire  la  ligne  fermée  s  qui  passe  par 
les  centres  de  gravité  de  toutes  les  sections  droites,  peut  être 
de  forme  quelconque.  Désignons  par  œ  la  surface  d'une  de  ces 
sections,  et  prenons  e  =  0  dans  tous  les  points  à  l'extérieur  du 
tube.  Supposons  aussi  qu'à  l'intérieur  le  vecteur  e  ait  partout 
la  direction  d'une  circulation  le  long  de  la  ligne  s,  que  e  ait 
une  même  valeur  dans  tous  les  points  d'une  même  section 
droite  et  que  le  produit  e  w  ne  change  pas  d'une  section  à 
l'autre.  On  reconnaîtra  immédiatement  que  la  distribution  de  e 
est  alors  solénoïdale.  En  substituant  dans  la  formule  précédente  : 

et  en  divisant  par  eœ,  on  trouve 

équation  qui  doit  être  vraie  pour  une  ligne  fermée  quelcon- 
que, et  dans  laquelle  p,  q,  r  sont  maintenant  les  cosinus  di- 
recteurs d'un  élément  de  cette  ligne. 

§  26.  Si  l'on  prend  pour  la  ligne  fermée  le  contour  d'un 
rectangle  infiniment  petit  dont  les  côtés  sont  parallèles  à  deux 
des  axes  des  coordonnées  et  qui  n'est  pas  coupé  par  une  surface 
de  discontinuité,  on  trouve: 

d7~dz—dt\dz''dxj'  i    • ^^^^ 

dy'^dx~dt\dz~dy)    ! 

On  peut  considérer  en  second  lieu  une  ligne  fermée  qui  se 
trouve  moitié  d'une  part  et  moitié  d'autre  part  d'une  surface 
de  discontinuité.  Soit  s  une  ligne  quelconque  non  fermée  située 
dans  cette  surface;  le  contour  auquel  j'appliquerai  la  formule 


26  H.    A.   LORBNTZ. 

(27)  sera   composé   de  deux  lignes  s,   et  s^,  situées  des  deux 

côtés  de  la  surface  à  une  distance  infiniment  petite  de  la  ligne 

8,  et  de  deux  lignes  infiniment  petites  qui  joignent  les  extrémités 

de  8,  et  82-  Comme  les  fonctions  F^  Qet  H  sont  continues  (§  12), 

la   formule    (27)  revient  à  la  condition  que  les  intégrales  du 

vecteur  (X,  Y,  Z),  prises  le  long  des  lignes  s,   et  s^»  doivent 

être  égales  entre  elles.  Or,  ceci  exige  que,  si  R  représente  ce 

vecteur,    on    ait   pour   toute   direction    h  située  dans  le  plan 

tangent  : 

(Rk),={Rk), (29) 

Il  est  facile  de  s'assurer  que  la  condition  (20)  sera  remplie 
pour  tous  les  déplacements  admissibles,  dès  que  les  compo- 
santes X,  y,  Z  satisfont  aux  équations  (28)  et  (29).  Nous  avons 
donc  trouvé  le  système  complet  des  équations  de  mouvement. 

§  27.  En  ayant  égard  aux  formules  (14)  on  peut  donner  aux 
équations  (28)  la  forme: 

D_F       ^_^ 
'd~z  ~  dy  ~dt  * 

dx~  dz—dt^  ^ (^^^ 

d  X      ^_  ^ 

d  y  d  X  d  t* 

ce  qui  présente  l'avantage  que  les  fonctions  F,  G  et  H  ont 
disparu.  Tous  les  problèmes  spéciaux  peuvent  être  traités  au 
moyen  de  formules  qui  ne  contiennent  que  le  courant  élec- 
trique, le  déplacement  diélectrique,  les  fonctions  X,  Y  etZet 
enfin  la  force  et  Tinduction  magnétiques.  Les  équations  (4), 
(5),  (6),  (8),  (9),  (10),  (11),  (22)  et  (23)  expriment  les  liaisons 
entre  les  parties  du  système  ;  les  équations  (24)  résultent  de  la 
définition  même  de  f^  g  et  h;  dans  les  formules  (25)  et  (26) 
on  a  résumé  ce  que  l'expérience  nous  apprend  sur  les  forces 
agissant  dans  le  système  ;  enfin  les  relations  (30)  et  (29)  sont 
les  équations  du  mouvement  proprement  dites.  Tout  comme 
dans  la  mécanique  ordinaire,  elles  nous  font  connaître  la  dé- 
pendance   mutuelle  des  forces  et  des  accélérations.  En  effet. 


LA    THEOEIB   ELECTROMAGNETIQUE   DE   MAXWELL.  27 

les  valeurs  de  la  force  et  de  Pinduction  magnétiques  déter- 
minent les  vitesses  des  mouvements  électromagnétiques;  les 
accélérations  se  trouvent  par  conséquent  renfermées  dans  les 
d  a    d  b    de 


dérivées 


dt'  dt'  dt' 


f. 


Formules  de  V électrostatique. 

§  28.  S'il  y  a  équilibre  électrique,  on  a  w^zv  ^=w=iOy  et 
par  conséquent  la  force  magnétique,  Tinduction  magnétique  et 
le  vecteur  (-F,  G,  H)  disparaissent,  La  formule  (27)  exige  alors 
que  pour  toute  ligne  fermée  on  ait 

\  [Xp  4-  Yq-^Zr)ds=  j  R,d5  =  0,  ....  (31) 

condition  qui  se  laisse  encore  énoncer  comme  il  suit: 

Pour  toutes  les  lignes  qu'on  peut  mener  entre  deux  points 
^  et  P  l'intégrale 

^Hsds (32) 

j 

doit  avoir  la  même  valeur. 

Prenons  pour  A  un  point  situé  à  l'infini;  la  valeur  de 
l'intégrale  prise  avec  le  signe  —  est  alors  appelée  le  potentiel 
au  point  P.  Cette  fonction  sera  représentée  par  q>. 

De  cette  définition  et  de  la  circonstance  qu'à  l'intérieur  d'un 
conducteur  X,  Y,  Z  ont,  dans  le  cas  de  l'équilibre,  la  valeur 
0,  on  déduit  les  propositions  suivantes: 

a.  Le  potentiel  est  0  à  distance  infinie. 

b.  Dans  tous  les  points  d'un  même  conducteur  il  a  la 
même  valeur. 

c.  Il  est  continu  à  chaque  surface  de  discontinuité 

d.  Les  fonctions  X,  Y  et  Z  sont  données  par  les  formules  : 

X  =  -p^,  Y  =  -p^,   Z  =  -^^.  .  .  .  (33) 

dX  0  y  d  z 


28  H.    A.    LOR8NTZ. 

§  29.  F^s  équations  (25)  peuvent  être  mises  sous  la  forme  : 

g  -=,  py^jt   X  -h  r'y,5    y  H-  p'y,  z  Z, 
h  =r  Pz,  z   X  -^  Pz,y    Y  -h  p'z,  z   Z^ 

leb  coefficients  r'  étant  déterminés   par  les  valeurs  des  coeffi- 
cients r,  et  Py,xj  Pz,y^Px,z  étant  respectivement  égaux  à  rV, 5, 

En  substituant  dans  ces  formules  les  valeurs  de  JT,  Y  eiZ 
données  dans  le  paragraphe  précédent  et  en  portant  les  valeurs 
d^  fj  9  ^^  ^  dans  les  équations  (22)  et  (23),  on  trouve  des 
équations  différentielles  qui,  jointes  aux  conditions  déjà  trou- 
vées, suffisent  à  la  détermination  du  potentiel  ç»  dès  que  la 
valeur  en  est  connue  pour  chaque  conducteur  du  système. 

Dans  le  cas  d'un  diélectrique  homogène  et  isotrope,  la  for- 
mule (22)  conduit  à  Téquation  connue  de  LaploLce. 

§  30.  Supposons  qu'au  moyen  des  valeurs  de  y  dans  les 
différents  conducteurs  du  système  on  ait  calculé  pour  tous  les 
points  de  l'espace  les  valeurs  de  (p,  /,  g  et  h.  Quelle  est  alors 
la  grandeur  de  la  charge  de  chaque  conducteur?  Ce  qu'on 
appelle  ainsi,  c'est  la  quantité  d'électricité  JE^  qu'il  faut  enlever 
au  conducteur,  au  moyen  d'un  fil  métallique  par  exemple^  si 
l'on  veut  ramener  le  système  à  l'état  naturel. 

Soit  (T  une  surface  fermée,  enveloppant  le  conducteur  et 
traversant  le  fil  conducteur  qui  sert  à  opérer  la  décharge. 
Distinguons  par  les  indices  d  et  /  les  intégrales  qui  se  rap- 
portent aux  parties  de  la  surface  situées  dans  le  diélectrique 
et  dans  le  fil.  En  vertu  de  la  propriété  fondamentale  des 
courants  électriques,  il  faut  qu'à  chaque  instant  pendant  la 
décharge  : 


I  Cnd(f  -h   I   Cnda  =  0  , 


ou  bien,  comme  dans  le  diélectrique 


dOn 


dt 


LA   THÉORIE  ELECTROMAGNETIQUE   DE   MAXWELL.  29 

Jf  dt   Jd 

Je  suppose  la  normale  n  dirigée  vers  l'extérieur  de  la 
surface. 

Multiplions  par  dt  Téquation  précédente  et  intégrons  sur 
toute  la  durée  de  la  décharge.  Le  premier  membre  devient 
alors  égal  à  la  charge  que  possédait  le  conducteur,  et,  en 
entendant  par  D  le  déplacement  diélectrique  qui  existait  avant 
la  décharge,  on  trouve 

E=  I  Onda. 


=  f  Dn 


Par  des  raisonnements  qu41  est  superflu  de  reproduire  ici,  on 
s'assure  que  la  formule  est  encore  vraie  si  le  conducteur  est 
maintenu  isolé  et  que  Tintégration  soit  étendue  à  toutes  les 
parties  d'une  surface  fermée  enveloppant  le  conducteur. 

Dans  ce  qui  a  été  dit  dans  les  trois  derniers  paragraphes 
ou  reconnaîtra  immédiatement  des  propositions  bien  connues 
de  l'électrostatique. 


Hypothèse  du  fluide  électrique. 

§  31.  Plusieurs  des  raisonnements  qu'on  trouve  dans  ce 
mémoire  peuvent  être  rendus  plus  clairs  au  moyen  d'une  hypo- 
thèse qui  est  une  de  celles  dont  M.  Poincaré  s'est  servi  dans 
son  exposition  ')  de  la  doctrine  nouvelle  et  que  je  vais  présenter 
sous  une  forme  un  peu  différente.  On  peut  supposer  que  tous 
les  corps,  y  compris  l'éther,  sont  imprégnés  d'un  fluide  incom- 
pressible, dont  le  déplacement  constitue  les  phénomènes  élec- 
triques. Dans  les  corps  diélectriques,  les  particules  de  ce  fluide 
doivent  être  regardées  comme  liées  à  des  positions  d'équilibre, 
vers  lesquelles  elles  sont  ramenées  dès  que  la  force  qui  causait 
un  déplacement  cesse  d'agir  ;  dans  les  conducteurs,  au  contraire, 
il  ne  peut  être  question  d'une  position  d'équilibre  et  ces  corps 


I)  Poincaré,  Électricité  et  Optique  (1890),  T.  I.  Chapitre  II. 


30  H.    A.   LORBNTZ. 

peuvent  se  retrouver  dans  leur  état  naturel  après   des  dépla- 
cements du  fluide  très  considérables. 

Selon  cette  manière  de  voir,  les  composantes  u^  v  et  w  du 
courant  électrique  ne  sont  autre  chose  que  les  quantités  du 
fluide  incompressible  qui  traversent  des  éléments  de  surface 
perpendiculaires  aux  axes  des  coordonnées,  ces  quantités  étant 
toujours  rapportées  à  l'unité  de  temps  et  à  l'unité  de  surface. 
Ce  que  nous  avons  appelé  la  quantité  d'électricité  qui  a  franchi 
une  surface  quelconque  pendant  un  certain  temps  est  précisé- 
ment la  quantité  du  fluide  incompressible  qui  a  passé  d'un 
côté  de  la  surface  à  l'autre. 

Pour  cette  dernière  raison,  il  convient  de  donner  le  nom 
inême  à^ électricité  au  fluide  hypothétique,  bien  que  la  pré- 
sence à  elle  seule  de  cette  substance  ne  donne  lieu  à  aucun 
phénomène  particulier  '). 

Du  reste,  il  ne  faut  pas  attacher  à  l'hypothèse  trop  d'im- 
portance. Elle  est  utile  en  tant  qu'elle  nous  permet  de  nous 
former  une  image  de  ce  qui  était  d'abord  caché  sous  les 
symboles  mathémathiques,  mais  le  langage  de.  ces  derniers 
sera  toujours  préféré  par  ceux  qui  désirent  se  borner  à  ce  qui  a 
été  démontré  par  les  observations  et  à  ce  qu'il  y  a  de  nécessaire 
dans  les  hypothèses. 

C'est  ainsi  que  les  équations  (4)  et  (5)  ont  pour  la  théorie 
de  Maxwell  une  importance  fondamentale.  En  élevant  l'électricité 
au  rang  d'un  fluide  incompressible,  on  leur  donne  une  inter- 
prétation qui  ne  laisse  rien  à  désirer  sous  le  rapport  de  la 
clarté,  mais  on  dépasse  le  domaine  des  suppositions  nécessaires. 

§  32.  Voyons  maintenant  ce  que  c'est  dans  l'hypothèse  du 
fluide,  qu'une  charge  électrique.  Un  conducteur  étant  relié  à 
un  autre  corps,  à  la  terre  par  exemple,  par  un  fil  métallique, 
on  peut  faire  agir  des  forces  „ électromotrices"  sur  le  fluide 
électrique  contenu  dans  ce  fil.  Si  ces  forces  sont  dirigées  vers 


*)  M.  Poincaré  donne  le  nom  de  fluide  inducteur  au  fluide  incompres- 
sible qu'on  suppose  dans  les  diélectriques,  et  celui  à* électricité  au  fluide 
contenu  dans  les  conducteurs. 


LA   THEORIE   éLECTROMAGNÉTIQUE   DE   MAXWELL.  31 

le  conducteur,  il  en  résultera  une  charge  que  je  nommerai 
positive.  Une  nouvelle  quantité  d'électricité  entrera  dans  le 
conducteur,  mais,  en  vertu  de  l'incompressibilité,  une  quantité 
égale  en  dépassera  la  surface  et  chassera  devant  elle  le  fluide 
contenu  dans  le  diélectrique  ambiant.  La  charge  sera  mesurée 
soit  par  la  quantité  d'électricité  qui  a  traversé  une  section 
du  fil,  soit  par  celle  qui  s'est  déplacée  dans  le  diélectrique 
vers  l'extérieur  d'une  surface  fermée  quelconque  enveloppant 
le  conducteur. 

En  renversant  la  direction  des  forces  électromotrices  on 
obtient  une  charge  négative.  Le  déplacement  de  l'électricité 
prendra  alors  dans  tous  les  points  du  système  une  direction 
opposée  à  celle  qu'il  avait  dans  le  cas  précédent. 

Le  déplacement  du  fluide  dans  le  diélectrique  donne  lieu  à 
des  forces  qui  cherchent  à  le  ramener  vers  la  position  primitive 
et  qu'on  peut  réunir  sous  le  nom  à! élasticité  diélectrique.  Si  la 
charge  est  positive,  ces  forces  tendront  à  repousser  l'électricité 
vers  le  conducteur  ;  il  en  résultera  dans  le  fluide  de  ce  dernier 
un  surcroît  de  pression  et  un  état  permanent  aura  été  atteint 
(lès  que  la  pression  augmentée  fait  équilibre  aux  forces  élec- 
tromotrices dans  le  fil. 

De  la  même  manière,  il  y  aura  diminution  de  pression  dans 
le  conducteur,  si  la  charge  est  négative.  La  pression  peut 
cependant  rester  positive  si  dans  l'état  naturel  du  système 
elle  avait  une  valeur  suflisamment  grande. 

§  33.  Bien  que  nous  ayons  regardé  le  fluide  électrique  comme 
remplissant  tout  l'espace,  il  faut  admettre  que  d'autres  matières 
y  peuvent  également  trouver  place,  soit  que  ces  substances 
diflférentes  soient  des  manifestations  diverses  d'une  matière 
unique,  soit  qu'une  constitution  atomique  leur  permette  de  se 
pénétrer  mutuellement.  Il  y  a  d'abord  la  matière  pondérable  ; 
en  second  lieu,  il  faut  que  l'éther  contienne  une  matière 
capable  de  retenir  l'électricité  et  de  la  ramener  vers  la  posi- 
tion d'équilibre;  enfin,  les  points  matériels  qui  sont  chargés 
des    mouvements    électromagnétiques    doivent   être    regardés 


32  .  ^H.   A.    IrORBNTZ.- 

comme  n'appartenant  pas  au  fluide  électrique  lui-même.  On 
risquerait  d'être  ^entraîné  en  de  vaines  spéculations  si  on 
voulait  se  former  une  idée  précise  de  ce  mécanisme  compli- 
qué ;  aussi  me  bornerai-je  aux  distinctions  que  je  viens  d'in- 
diquer. Inutile  de  dire  que  cette  analyse  des  phénomènes  n'est 
que  provisoire  et  pourra  être  modifiée  profondément  dans  une 
théorie  plus  avancée. 

J'indiquerai  par  M  à  la  fois  la  matière  pondérable  et  la 
substance  qui  retient  l'électricité  contenue  dans  Péther,  par  N  la 
matière  qui  est  le  siège  des  mouvements  électromagnétiques. 

§  34.  Pour  fixer  les  idées  je  supposerai  que  la  matière  M 
est  immobile  et  qu'elle  ne  fait  point  partie  du  système  auquel 
nous  avons  appliqué  le  principe  de  (ïAlembert,  Ce  système 
est  donc  composé  du  fluide  électrique  et  de  la  matière  N.  Les 
conditions  qui  en  limitent  la  mobilité  reviennent  à  l'incom- 
pressibilité du  fluide,  d'une  part,  et  à  ce  que,  d'autre  part,  tout 
mouvement  de  ce  fluide  donne  lieu  à  un  mouvement  électro- 
magnétique parfaitement  déterminé. 

Tout  comme  dans  la  mécanique  ordinaire,  certaines  forces 
sont  mises  en  jeu  en  vertu  de  ces  liaisons  et  servent  à  les 
maintenir.  Il  existe  une  pression  dans  le  fluide  et  entre  celui-ci 
et  la  matière  N  un  système  de  forces  sur  lequel  je  reviendrai 
bientôt. 

Je  supposerai  que  ces  forces,  qui  sont  provoquées  par  les 
liaisons  et  qui  n'accomplissent  aucun  travail,  sont  les  seules 
qui  s'exercent  entre  les  différentes  parties  du  système:  fluide 
électrique  -h  matière  N.  Si,  de  plus,  on  admet  que  la  matière 
M  n'agit  pas  directement  sur  la  matière  N,  il  faudra  dans  la 
formule  fondamentale  (3)  entendre  par  5  il  le  travail  des  forces 
que  le  fluide   électrique  éprouve  de  la  part  de  la  matière  M. 

§  35.  Au  paragraphe  20  nous  avons  admis  l'existence  de 
trois  fonctions  X,  Y  et  Z,  telles  que  le  travail  S  A  peut  être 
calculé  au  moyen  de  la  formule  (19).  Au  point  de  vue  où 
nous  nous  sommes  placés  maintenant,,  on  peut  voir  dans  ces 
fonctions,  prises  avec  le  signe  négatif,    les  composantes  de  la 


LA   THÉORIE   ÉLECTROMAGNÉTIQUE   DE   MAXWELL.  33 

force  avec  laquelle  la  matière  M  agit  sur  l'unité  d'électricité.  En 
eflfet,  lorsqu'on  écrit  —  X,  —  F,  —  Z  pour  ces  composantes,  un 
raisonnement  très-simple  conduit  à  l'expression  (19)  pour  le 
travail.  Soit  h  la  quantité  invariable  d'électricité,  exprimée  en 
unités  électromagnétiques,  qui  se  trouve  dans  l'unité  de 
volume.  Alors  la  force  qui  agit  sur  l'électricité  contenue  dans 
l'élément  dr  a  les  composantes: 

—  Xkdr,  —Ykdr,  —Zkdr, (34) 

et,  si  X,  y  et  z  sont  les  projections  du  déplacement  infiniment 
petit  d'une  particule  du  fluide,  le  travail  de  cette  force  devient  : 

—  (XxH-  Yy  +  Zz)kdT. 

Mais  évidemment 

fC  X  ^ZT  Vgy  fc  y  ^zr  Oy,  ic  z  zzr  o^^. 

La  dernière  expression  devient  par  conséquent 

—  {Xea;-+'Yey  +  Zez)dT, 
ce  qui  donne  pour  le  système  entier 

8Az=:—j{Xe:r-h  rey +  Ze;r)dT. 

§  36.  Il  est  clair  quel  sens  il  faut  attacher  maintenant  aux 
équations  (25)  et  (26).  En  changeant  le  signe  des  seconds 
membres,  on  trouve  les  composantes  de  l'élasticité  diélectrique 
et  de  la  résistance,  c'est-à-dire  de  la  force  qui,  dans  les  di- 
électriques, cherche  à  ramener  vers  sa  position  d'équilibre  le 
fluide  électrique,  et  du  frottement  qui  s'oppose  au  mouvement 
de  l'électricité  dans  les  conducteurs.  Pour  les  corps  isotropes 
ces  composantes  deviennent. 

—  y  fy  —  vg,  —  vh, 

Ce  sont  les  valeurs  auxquelles  on  est  conduit  par  les  hypo- 
thèses les  plus  simples  qu'on  puisse  imaginer. 

§  37.  S'il  y  a  équilibre  électrique  on  peut  faire  abstraction 
de  la  matière  N.  De  plus,  le  principe  de  d^Alembert  se  réduit 
alors   à   celui  des   vitesses   virtuelles;  on  arrive  à  la  formule 

3 


34  H.    A.    LORENTZ. 

fondamentale  de  Télectrostatique,  l'équation  (31),  en  exprimant 
que  le  travail  des  forces  —  X,  —  Y,  —  Z  est  nul  pour  tous 
les  déplacements  imaginables  du  fluide  électrique,  par  exemple 
pour  une  circulation  dans  un  tube  annulaire  (§  25).  La  valeur 
du  travail  d  A  peut  être  déduite  des  équations  (19)  et  (25)  ;  il 
peut  également  être  considéré  comme  la  diminution  de  Ténergie 
potentielle  (21).  Cette  dernière  est  comparable  à  Ténergie  poten- 
tielle qui  est  développée  dans  les  corps  élastiques  ordinaires 
par  un  dérangement  de  leur  équilibre. 

Du  reste,  les  problèmes  d'électrostatique  admettent  un 
autre  traitement,  qui  consiste  à  exprimer  directement  l'équilibre 
des  forces  qui  agissent  sur  le  fluide  électrique  contenu  dans 
un  élément  de  volume  dr.  On  a  d'abord  les  forces  (34);  il 
y  faut  ajouter  celles  qui  résultent  de  ce  que  la  pression  p  du 
fluide  n'a  pas  la  même  valeur  tout  autour  de  dr.  Ces  forces 
sont  évidemment 

'^P^  ^P^  ^Pj 

d  X  d  y  d  z         - 

et  la  condition  cherchée  s'exprime  par  les  formules  : 

d  X  d  y  c  z 

Soit  Po  la  pression  qui  existe  à  l'état  naturel  du  système, 
et  définissons  le  potentiel  par  la  formule 

^_P— .Po. 

les  dernières  équations  se  réduisent  alors  aux  formules  (33) 
que  nous  avons  trouvées  précédemment.  • 

On  voit  ainsi  que,  dans  l'hypothèse  du  fluide  électrique,  le 
potentiel  est  intimement  lié  à  la  pression.  Cela  est  du  reste 
fort  naturel,  car  on  comprend  immédiatement  que  la  pression 
peut  jouer  le  rôle  qu'on  attribue  au  potentiel.  Si  deux  con- 
ducteurs sont  reliés  l'un  à  l'autre  par  l'intermédiaire  d'un  fil 
métallique,  il  y  aura  équilibre   lorsque  la  pression  a  la  même 


LA   THEORIE   ELECTROMAGNETIQUE   DE   MAXWELL.  36 

valeur  dans  les  deux  corps;  s'il  n'en  est  pas  ainsi,  le  fluide 
électrique  tendra  à  se  mouvoir  vers  le  côté  où  la  pression  a 
la  valeur  la  plus  basse. 


Courants  invariables. 

§  38.  Lorsque  deux  points  d'un  corps  métallique  C  sont 
reliés  aux  pôles  d'un  élément  voltaïque,  il  s'établit  un  régime 
permanent,  dans  lequel  u,  ?;,  w  et  par  conséquent  la  force 
et  l'induction  magnétiques  sont  indépendants  du  temps.  En 
toute  rigueur,  la  théorie  que  nous  avons  développée  jusqu'ici 
ne  suffit  pas  à  l'étude  complète  d'un  tel  cas,  parce  qu'elle  ne 
tient  aucun  compte  des  forces  électromotrices  qui  sont  enjeu 
dans  les  combinaisons  voltaïques.  Cependant  les  équations  (30) 
n'en  sont  pas  moins  applicnbles,  pourvu  seulement  qu'on  se 
borne  aux  parties  de  l'espace  où  il  n'existe  pas  de  forces  élec- 
tromotrices, par  exemple  au  corps  C  et  au  diélectrique  en- 
vironnant. Mais,  si  a,  6  et  c  ne  varient  pas  avec  le  temps, 
ces  équations  se  réduisent  à: 

D_F      ^Z_d^      ?^_^     ——0 
Oz        dy         dx         d  z         d  y       d  X  ' 

On  en  déduit  de  nouveau  le  théorème  que  l'intégrale  (32) 
a  la  même  valeur  pour  toutes  les  lignes  qu'on  peut  mener  du 
point  A  au  point  P.  Seulement,  il  faut  ajouter  la  condition 
que  les  lignes  dont  il  s'agit  doivent  être  situées  entièrement 
dans  une  région  exempte  de  forces  électromotrices. 

Cela  posé,  on  définira  le  potentiel  qp  de  la  même  manière 
qu'au  paragraphe  28,  et  on  aura  encore  les  formules  (33),  dans 
lesquelles  on  substituera  les  valeurs  (26)  si  l'on  veut  étudier 
la  distribution  du  courant  électrique  dans  le  corps  C, 

§  39.  Je  n'insisterai  pas  sur  les  questions  que  présentent  les 
courants  permanents.  Cependant,  il  importe  de  remarquer  que 
la  théorie  du  fluide  électrique  arrive  d'une  manière  fort  simple 

3* 


V 


36  H.   A.    LORENTZ. 

aux  équations  fondamentales  si  on  introduit  deux  hypothèses, 
à  savoir,  que  la  matière  N  n^a  aucune  influence  sur  un  mou- 
vement stationnaire  de  Télectricité  et  que  le  fluide  électrique 
lui-même  n'a  qu'une  masse  insensible.  Cette  dernière  hypothèse 
nous  permet  d'égaler  à  0  la  force  résultante  qui  agit  sur 
l'électricité  contenue  dans  un  élément  de  volume,  sans  nous 
préoccuper  des  changements  en  grandeur  et  en  direction  que 
la  vitesse  d'une  particule  déterminée  du  fluide  électrique  subit 
en  général,  même  dans  les  courants  constants.  En  vertu  de 
la  première  hypothèse,  les  forces  en  question  consistent  ^ans 
celle  qui  dérive   de  la  pression  et  qui  a  pour  composantes: 

dp  dp  dp 

d  X  d  y        '  d  Z 

et  dans  la  force  aux  composantes: 

—  Xkdr,  — Ykdvj  — Zkdv^ 

X,  Y  et  Z  ayant  les  valeurs  (26).  On  revient  donc  aux  for- 
mules (33). 

Quant  aux  hypothèses  précitées,  la  première  est  vérifiée  par 
la  théorie  générale,  vu  que  les  seconds  membres  des  équations 
(30)  s'annulent,  et  la  seconde  est  à  la  base  de  toute  la  théorie. 
En  effet,  si  le  fluide  électrique  lui-même  avait  une  masse  ap- 
préciable, il  aurait  aussi  une  énergie  cinétique,  dont  la  valeur 
—  par  unité  de  volume  —  serait  proportionnelle  à  (u^  -h?;^  -i-w^). 
L'expression  (12),  qui  se  trouve  en  accord  avec  les  expériences, 
serait  donc  inexacte  ou  du  moins  incomplète. 

Le  phénomène  de  la  dispersion  de  la  lumière  semble  indiquer 
l'existence  de  petites  masses  qui  se  déplacent  en  même  temps 
que  l'électricité,  et  introduisent  dans  l'expression  de  l'énergie 
cinétique  un  terme  proportionnel  à  {u^  -{-  v^  -\-  w'^),  mais  il 
faut  admettre  que  ces  masses  ne  sont  pas  assez  grandes  pour 
se  faire  sentir  dans  les  expériences  sur  les  courants  qu'on  peut 
observer  comme  tels. 


LA   THEORIE   ÉLECTROMAGNÉTIQUE   DE   MAXWELL.  37 

Courants  variables, 

§  40.  Dans  l'explication  des  phénomènes  électrostatiques  et 
de  la  distribution  des  courants  permanents  il  n'y  a  pas  lieu 
de  faire  intervenir  les  mouvements  électromagnétiques.  Dans 
le  premier  cas  ces  mouvements  font  défaut,  dans  le  second  cas 
ils  ont  une  intensité  invariable  et  sont  par  cela  même  incapables 
de  réagir  sur  l'électricité.  C'est  dans  les  courants  variables  que 
se  manifeste   l'influence  des  mouvements  électromagnétiques. 

Ce  n'est  pas  ici  le  lieu  de  nous  étendre  sur  les  phénomènes 
qui  peuvent  être  expliqués  au  moyen  des  formules  générales, 
d'autres  physiciens  en  ayant  amplement  démontré  l'applicabi- 
lité. On  me  permettra  cependant  de  citer  un  seul  exemple. 
Figurons-nous  qu'un  condensateur  aux  armatures  A  et  J?  ait  été 
chargé;  la  première  armature  ayant  reçu  une  charge  positive.  Il  y 
a  alors  déplacement  diélectrique  suivant  toutes  les  lignes  de  force 
électriques,  mais  principalement  dans  Tisolateur  qui  sépare  les 
deux  armatures.  Ce  déplacement  est  dirigé  de  A  vers  B;  il 
donne  lieu  à  une  élasticité  diélectrique  dirigée  en  sens  inverse, 
et  l'équilibre  exige  que  la  pression  à  l'intérieur  de  A  surpasse 
celle  qui  existe  à  l'armature  B,  C'est  là  la  diflférence  de  poten- 
tiel. Que  se  passera-t-il  maintenant  si  on  relie  par  un  fil  con- 
ducteur les  deux  armatures?  La  différence  de  pression  fait 
naître  dans  ce  fil  un  courant  qui  décharge  le  condensateur, 
l'électricité  qui  se  trouve  dans  la  couche  non-conductrice  re- 
venant vers  sa  position  d'équilibre  à  mesure  que  la  pression 
diminue  dans  l'armature  A.  Cependant,  le  courant  engendré 
dans  le  fil  métallique  donne  lieu  à  un  mouvement  électro- 
magnétique dans  le  milieu  ambiant  et  dans  le  fil  lui-même. 
Si  ce  dernier  n'avait  aucune  résistance,  le  mouvement  serait 
accéléré  tant  qu'il  y  a  une  différence  de  pression  qui  pousse 
de  A  vers  B  le  fluide  contenu  dans  le  fil,  et  au  moment  où 
cette  différence  se  trouve  épuisée,  c'est-à-dire  où  le  conden- 
sateur est  sans  charge,  le  mouvement  électromagnétique  aurait 
pris   sa  plus  grande  intensité.  Cela  étant,  on  comprend  faci- 


38  H.    A.    LOEENTZ. 

lement  qu'en  vertu  des  liaisons  entre  la  matière  N  et  Télec- 
tricité  du  fil  cette  dernière  doit  continuer  de  se  mouvoir.  Le 
condensateur  reçoit  ainsi  une  charge  opposée  à  celle  qu'il 
avait  au  commencement  et  en  définitive  on  aura  le  phénomène 
bien  connu  de  la  décharge  oscillatoire.  Il  est  clair  que  la  force 
qui  ralentit  le  mouvement  —  le  courant  électrique  et  les 
mouvements  électromagnétiques  qui  en  dépendent  —  et  finit 
par  le  renverser  n'est  autre  chose  que  l'élasticité  diélectrique 
excitée  dans  la  couche  isolante,  et  que  le  mouvement  peut 
continuer  d'autant  plus  longtemps  dans  une  même  direction 
qu'une  plus  grande  masse  est  en  jeu.  La  masse  dont  il  s'agit 
doit  être  cherchée  dans  la  matière  N  et  non  pas  dans  le  fluide 
électrique. 

§  41.  On  pourrait  comparer  ce  dernier  à  une  tige  dentée 
qui  se  déplace  en  sens  longitudinal,  et  la  matière  N  à 
une  roue  dentée  s'engrenant  avec  cette  tige;  en  effet,  une 
résistance  quelconque,  qui  s'oppose  à  un  mouvement  donné 
de  ces  organes,  ne  les  amènera  pas  instantanément  au  repos  ; 
il  faudra  pour  cela  un  temps  d'autant  plus  long  que  la  masse 
de  la  roue  est  plus  considérable. 

Lorsque,  dans  la  mécanique  ordinaire,  on  applique  le  prin- 
cipe de  d'Alembert  à  un  tel  système  —  supposé  libre  de  tout 
frottement  —  on  emploie  des  formules  dans  lesquelles  ne  figure 
pas  la  pression  existant  entre  les  dents  qui  se  trouvent  en 
contact.  D'une  manière  analogue,  nous  avons  développé  la 
théorie  générale  des  mouvements  électriques  et  nous  pourrions 
établir  la  théorie  spéciale  de  la  décharge  oscillante  sans  nous 
préoccuper  de  la  réaction  que  l'électricité  éprouve  de  la  part 
de  la  matière  N. 

On  ne  saurait  nier,  toutefois,  que  cette  méthode  aciuelque 
chose  d'artificiel.  Si  l'on  veut  comprendre  complètement  le 
mouvement  de  la  tige  et  de  la  roue  dentées,  on  désirera  se 
rendre  compte  non  seulement  du  mouvement  du  système 
entier,  mais  aussi  de  celui  de  chaque  organe  considéré  sépa- 
rément.   On    ne   sera  satisfait  qu'après  avoir  saisi  la  relation 


LA   THÉORIK   ÉLECTROMAGNÉTIQUE   DE   MAXWELL.  39 

entre  la  rotation  de  la  roue  et  la  force  avec  laquelle  elle  agit 
sur  la  tige.  Relation  bien  simple,  du  reste,  si  la  roue  n'est 
soumise  à  aucune  force  extérieure  et  n'est  liée  à  aucun  autre 
organe  ;  elle  tendra  alors  à  faire  avancer  la  tige  si  son  propre 
mouvement  est  ralenti,  et  elle  s'opposera  au  déplacement  de 
la  tige  dans  le  cas  contraire. 

Ces  considérations  nous  conduisent  à  étudier  séparément 
le  mouvement  du  fluide  électrique  et  à  introduire  les  forces 
qui  servent  à  maintenir  les  liaisons.  On  arrive  ainsi  à  une 
méthode  dans  laquelle  les  forces  qui  seules  accomplissaient 
un  travail  SA  sont  reléguées  au  second  plan. 


Force  électrique, 

§  42.  Considérons  une  quantité  infiniment  petite  e  du  fluide 
électrique,  située  à  l'intérieur  d'uii  corps  pondérable  ou  de 
l'éther.  La  force  qu'elle  éprouve  de  la  part  de  la  matière  M 
a  pour  composantes: 

—  Xcy    —Ye,     -Ze, 

et  j'écrirai: 

X' e,     Te,     Z  e 

pour  les   composantes   de  la  force  qui  est  due  au  fluide  am- 
biant et 

X"e,     Te,     Z"e 

pour  celles  de  la  force  qui  est  exercée  par  la  matière  N. 

Comme  nous  négligeons  la  masse  du  fluide,  toutes  ces  forces 
doivent  se  tenir  en  équilibre,  c'est-à-dire  qu'on  aura: 

X'  +  X"  =  Z,  r  -h  Y"  =Y,  z  -^  Z'  =  Z. 

On  voit  donc  que  le  vecteur  (^,  Y,  Z)  représente  la  force 
qui  agit  sur  l'unité  d'électricité  en  vertu  des  liaisons  du  système. 
Cette  force  fait  équilibre  avec  celle  qui  est  due  à  la  matière 
M,  c'est-à-dire  avec  l'élasticité  diélectrique  ou  le  frottement, 
et  on  dit  souvent  qu'elle  sert  à  vaincre  ces  dernières  forces  et 


40  H.    A.   LORBNTZ. 

qu'elle  produit  ainsi  un  déplacement  diélectrique  ou  un  courant. 
Suivant  cet  ordre  d'idées,  on  regarde  dans  les  équations  (25), 
(26)  et  (30)  comme  la  cause  ce  qui  auparavant  était  considéré 
comme  l'effet,  et  inversement.  Jusqu'ici  —  X,  —  1' ,  —  Z 
étaient  les  forces  avec  lesquelles  la  matière  M  agit  sur  l'élec- 
tricité dès  qu'il  y  a  un  déplacement  diélectrique  ou  un  courant; 
ces  forces  déterminaient  les  accélérations  que  contiennent  les 
seconds  membres  des  formules  (30).  On  peut  dire  tout  aussi 
bien  que  ces  dernières  formules  déterminent  la  force  (X,  Y,  Z) 
qui  est  exercée  sur  l'unité  du  fluide  par  le  fluide  ambiant  et 
par  la  matière  N,  et  que  cette  force  fiEÛt  naître  un  déplacement 
diélectrique  ou  un  courant  suivant  les  lois  qui  sont  exprimées 
par  les  équations  (25)  et  (26). 

Cette  force  (X,  Z,  Z)  ou  R  (§  26)  est  appelée  la  force  élec- 
trique. Elle  se  compose  de  deux  parties,  dont  la  première,  aux 
composantes  : 

i'  =  -^.   r  =  -^.  z'=-^-^,.  ..(35) 

peut  être  appelée  jorc/t  électrostatique  et  la  seconde  {X^\  Y'\  Z") 
force  inductrice.  Ces  deux  forces,  que  les  anciennes  théories 
attribuaient  à  des  actions  à  distance,  sont  causées,  l'une  par 
la  pression  du  fluide,  l'autre  par  la  réaction  de  la  matière  N. 
Des  formules  (35)  on  tire: 

d  y  d  z  d  z  d  X  d  X  Ot/  ' 

on  voit  donc  que,  dans  les  formules  (30),  on  pourrait  enten- 
dre par  Xj  Y  et  z  les  composantes  de  la  force  inductrice 
seule.  Je  continuerai  cependant  à  désigner  par  ces  lettres  la 
force  électrique  totale. 


LA    THÉORIE   ELECTROMAGNETIQUE   DE   MAXWELL.  41 

Charge  électrique  au  sein  â!un  isolateur, 

§  43.  Je  vais  terminer  par  quelques  additions  cette  étude 
^es  mouvements  électriques  dans  les  corps  immobiles. 

Et  d'abord  quelques  mots  sur  les  charges  qu'on  peut  se 
figurer  dans  les  diélectriques.  Je  dis  „se  figurer",  parce  qu'il 
nous  est  impossible  de  produire  une  telle  charge  dans  un 
milieu  entièrement  dépourvu  de  conductibilité. 

Dans  un  diélectrique  qui  se  trouve  à  l'état  naturel,  chaque 
particule  du  fluide  électrique  occupe  sa  position  d'équilibre. 
Or,  on  peut  imaginer  que,  en  dehors  de  ce  fluide  que  le  corps 
renferme  dans  son  état  naturel,  il  en  contienne  une  certaine 
autre  quantité,  qui  y  trouve  place  en  refoulant  devant  elle  le 
fluide  qui  sans  cela  se  trouverait  dans  sa  position  d'équilibre. 
Ce  dernier  déplacement  est  le  déplacement  diélectrique,  et 
l'excès  lui-même,  que  j'ai  supposé,  constitue  une  charge  posi- 
tive. Il  est  clair  que,  pour  toute  surface  fermée,  on  aura: 


/ 


{inda  =  E, (36) 


la  normale  étant  dirigée  vers  l'extérieur  et  la  charge  qui 
se  trouve  à  l'intérieur  de  la  surface  étant  représentée  par  E, 
Une  charge  négative  se  conçoit  d'une  manière  analogue; 
et  la  même  équation  peut  être  employée  dans  ce  cas.  Au 
lieu  d'un  excès,  c'est  maintenant  un  certain  déficit  en  fluide 
électrique  qu'il  faut  se  figurer:  si  l'on  admet  qu'une  partie 
quelconque  de  l'espace  doit  toujours  rester  remplie  du  fluide 
incompressible,  il  faut  alors  qu'à  la  surface  (t  il  y  ait  un  dé- 
placement diélectrique  tel  que  l'intégrale  \  Und  o  soit  négative. 

En  appliquant  l'équation  (36)  à  un  élément  de  volume  et 
en  indiquant  par  qdr  la  charge  contenue  dans  cet  élément, 
on  trouve: 

0/         dg         dh 

dx  d  y  d  Z 

La    quantité   q  est  appelée  la  densité  de  la  charge  électrique. 


42  H.    A.    LORENTZ. 

On  voit  donc  que  la  distribution  du  déplacement  diélec- 
trique n'est  plus  solénoïdale.  Tout  de  même,  le  courant  élec- 
trique n'a  pas  perdu  cette  propriété.  En  effet,  la  charge  élec- 
trique d'un  élément  de  volume  doit  être  regardée  comme 
restant  constante  pendant  toutes  les  variations  possibles  de 
/,  g  et  /i.  On  aura  donc: 

ou  bien: 

d  X  d  y  d  Z 

§  44.  Ce  qui  précède  peut  être  mis  sous  une  forme 
indépendante  de  l'hypothèse  d'un  fluide  électrique.  On  se 
servira  à  cet  effet  des  propositions  ou  hypothèses  suivantes: 

a.  Dans  chaque  corps  diélectrique  il  peut  exister  un  dé- 
rangement de  l'état  naturel  qui  est  de  la  nature  d'un  vecteur 
et  qu'on  nomme  le  déplacement  diélectrique;  à  ce  dérange- 
ment correspond  une  énergie  potentielle  qui  est  donnée  par 
l'expression  (21). 

h.  Les  variations  de  ce  déplacement  diélectrique  constituent 
le  phénomène  qu'on  appelle  un  courant,  les  composantes  du 
courant  étant  données  par  les  formules  (24). 

c.  La  distribution  du  courant  électrique  est  toujours  solé- 
noïdale. Par  conséquent,  l'expression 

df        dg        dh 


d  X  dy  d  z 

doit  avoir  en  chaque  point  une  valeur  constante  q.  Si  cette 
valeur  n'est  pas  0,  on  dit  qu'il  y  a  une  charge  électrique  et 
on  nomme  q  la  densité  de  la  charge. 


Corps  qui  possMent  en  rnéme  temps  les  propriétés  d\m 
condiicteur  et  celles  d'un  diélectrique. 

§  45.  Maxwell  a  supposé  qu'une  force  électrique  peut  pro- 
voquer  dans   le   même  corps  un  déplacement  diélectrique  et 


LA   THÉORIE   ELECTROMAGNETIQUE    DE    MAXWELL.  43 

un  courant  comparable  à  ceux  qu'on  considère  dans  la  théorie 
ordinaire  des  conducteurs.  Ces  deux  phénomènes  seraient 
donnés  en  fonction  de  X,  Y  et  Z  par  les  formules  (25)  et 
(26),  et  les  composantes  du  courant  total,  dont  dépendent  la 
force  et  Tinduction  magnétiques  et  par  conséquent  l'énergie 
cinétique  du  système  seraient 

df  dg  dh 

''^w  '^tv  ^^yr 

M.  Potier  ')  a  remplacé  cette  hypothèse  par  Une  autre,  qui 
revient  également  à  une  combinaison  des  propriétés  que  pos- 
sèdent les  corps  conducteurs  et  les  isolateurs.  Je  ne  m'étendrai 
pas  ici  sur  cette  question,  qu'on  ne  saurait  traiter  à  fond  qu'en 
étudiant  assez  minutieusement  les  propriétés  optiques  des 
métaux. 


Forces  électromotrices. 

§  46.  Plusieurs  causes,  parmi  lesquelles  on  peut  citer  des 
diflférences  de  température,  des  défauts  d'homogénéité,  et  des 
actions  chimiques,  donnent  lieu  à  des  forces  qui  agissent  sur 
l'électricité  et  dont  on  n'a  pas  tenu  compte  dans  les  équa- 
tions des  paragraphes  précédents.  Je  réserverai  à  ces  forces 
le  nom  de  forces  électromotrices  et  je  représenterai  leurs  com- 
posantes par  36,  3),  3-  Dans  l'hypothèse  du  fluide  électrique, 
ces  lettres  indiqueront  les  forces  auxquelles  se  trouve  soumise 
l'unité  du  fluide  ;  ou  plutôt,  dckdr,  3)Èdr,  Sfcdr  seront  les 
forces  qui  agissent  sur  le  fluide  contenu  dans  un  élément  de 
volume.  Le  vecteur  (36,  3),  3)  sera  regardé  comme  distribué 
sur  un  certain  espace,  dans  lequel  il  a  partout  une  valeur  finie. 
Il  est  vrai  que  dans  un  grand  nombre  de  cas  cet  espace  se 
réduit  à  une  couche  très  mince,  telle  que  celle  dans  laquelle 
ont  lieu  les  actions  entre  le  zinc  et  l'acide  sulfurique  de  nos 
éléments,  et  qu'on  peut  simplifier  le  problème  en  néghgeant 
l'épaisseur    de   la  couche  et  en  supposant  la  force  infiniment 

^)  Poincaré,  Electricité  et  Optique,  T.  1,  p.  190. 


44  H.    A.    LORENTZ. 

grande  ;    mais    c'est   là    un   artifice    mathématique  auquel  je 
ne  m'arrêterai  pas. 

§  47.  Indépendamment  de  Thypothèse  du  fluide  électrique, 
on  peut  dire  que  le  travail  des  forces  électromotrices,  qui 
correspond  à  un  déplacement  virtuel  du  système  tel  qu'il  a 
été  considéré  aux  paragraphes  15  et  16  est  donné  par  l'intégrale  : 


/ 


{de  v^  4-  9)  e,  +  3e.)  d  r. 

Si  Ton  entend  maintenant  par  X\  F,  Z  les  fonctions  de 
/',  g  et  h  ou  de  u,  v  et  w  qui  sont  définies  par  les  formules 
(25)  et  (26),  c'est-à-dire  si  l'on  pose: 

X'  =:  Va^x  f  +  ^'x,y  g  -h  i^a:,z  h,  ) 

Y'  —  Vy^œj  +  Vy,y  g  ^   Vy^zh,        (37) 

Z  •=.  Vz^x]  H-  Vz.y  g  -\-  VZyZ  h. 

OU,  dans  le  cas  d'un  conducteur, 

X'  =  "Aj-^x  U  -f-  Xj-,y  V  4-  ilj',z  W^  \ 

Y'  =  X,/,^  u  +  Xy,y  V  -i-Xy^zW,^ (38) 

Z'  =  'Az,a:  U  -i-  itz,y  V  -h  1iz,z  Wj  ^ 

on  devra  substituer  dans  la  formule  fondamentale  (3): 

ÔA  =  -j\{T  —  dc^>ex+{r  —  ^)ey'h{Z  —  S)ez\dT 
et  dans  les  équations  de  mouvement  (29)  et  (30)  : 

Xrz:X-X,       Y=V'-%      Z=Z-S. 

§  48.  Les  mêmes  choses  peuvent  être  exprimées  de  la  façon 
suivante. 

Les  formules  (29)  et  (30)  déterminent  toujours  les  compo- 
santes Jf,  Y  et  Z  de  la  force  électrique  qui  provient  de  l'in- 
compressibilité du  fluide  électrique  et  des  liaisons  entre  ce 
fluide  d'un  côté  et  les  particules  qui  prennent  part  aux 
mouvements  électromagnétiques  de  l'autre.  Tant  que  des  forces 
électromotrices  n'existent  pas,  les  forces  X,  F,  Z  seules  pro- 
duiront des  déplacements  diélectriques  ou  des  courants  de 
conduction  qui  obéissent  aux  formules  (25)  ou  (26).  Dans  le 
cas  contraire,  c'est  une  force  ( -X  -f-  36,  Y  -^  ^}  ^  +  S)  V^^ 
sera  la  cause  de  ces  phénomènes;  en  posant  alors 


LA   THÉORIE   ELECTROMAGNETIQUE   DE   MAXWELL.  45 

Z-h3e  =  X',     F  4- 2)  =  F',     Z  +  3  =  Z', 
on  retombe  sur  les  équations  (37)  et  (38). 


Vitesse  de  la  lumière  dans  Vcther, 

§  49.  On  reconnaîtra  facilement  que  nos  formules  sont  au 
fond  identiques  à  celles  qu'on  trouve  chez  Maocwell  et  chez 
MM.  Heamside  et  Hertz  ').  Elles  doivent  donc  conduire  aux 
résultats  bien  connus  sur  lesquels  Maxwell  a  établi  sa  théorie 
électromagnétique  de  la  lumière.  Je  ne  m'étendrai  pas  ici  sur 
les  fondements  de  cette  conception  importante  et  je  me  bor- 
nerai à  déduire  de  mes  formules  la  vitesse  de  propagation  de 
la  lumière  dans  Téther. 

Pour  ce  milieu,  les  équations  (25)  prennent  la  forme: 

Vq  étant  la  valeur  commune  des  coefficients  vœ.x,  vy^y,  vz,z\ 
comme,  de  plus,  la  force  et  l'induction  magnétiques  se  con- 
fondent en  un  seul  vecteur,  les  formules  (30)  deviennent: 


^°  \5 X     dz)  ~dt' 


Des  deux  dernières  on  tire: 


^      dx\dx^  dy'^  dz)  \~dt\dy       l  z)' 
ou  bien,  en  ayant  égard  aux  formules  (22),  (10)  et  (24), 


*)  Il  faut  citer  encore  un  mémoire  de  M.  Co/in,  Zur  Systematik  der 
Electricitâtslehre  {Wied.  Ann.  Bd.  40,  p.  625,  1890),  dans  lequel  des 
équations  semblables  sont  prises  pour  point  de  départ. 


46  H.    A.    LORBNTZ. 

Cette  équation  et  celles  qui  lui  sont  analogues  donnent  pour 
la  vitesse  de  propagation  des  vibrations  électriques  transver- 
sales, c'est-iVdire  pour  la  vitesse  de  la  lumière, 

On  a  donc 

et   l'énergie   potentielle  de  Téther  par  unité  de  volume  peut 
être  représentée  par 


LA  THÉORIE   ELECTROMAGNETIQUE   DE   MAXWELL.  47 


CHAPITRE  II. 

Phénomènes  électromagnétiques  dans  des 
corps   qui    se    trouvent  en  mouvement 
et  qui  entraînent  Téther  contenu  -> 
dans    leur   intérieur. 

Valeur    de  T énergie    cinétique. 

§  50.  Dans  ce  chapitre  ')  je  nommerai  matière  tout  ce  qui 
peut  être  le  siège  des  courants  ou  déplacements  de  Télectricité 
et  des  mouvements  électromagnétiques.  Ce  nom  sera  donc 
appliqué  à  Téther  tout  aussi  bien  qu'à  la  matière  pondérable. 

Dans  les  cas  que  nous  allons  étudier,  il  y  aura  deux  classes 
de  phénomènes,  bien  distinctes.  D'une  part,  nous  aurons  affaire 
aux  phénomènes  électriques,  tels  qu'ils  peuvent  se  présenter 
aussi  dans  des  corps  immobiles;  d'autre  part,  il  y  aura  un 
mouvement  indépendant  de  toute  action  électrique  et  qui  sera 
appelé  le  mouvement  de  la  matière. 

En  suivant  l'exemple  donné  par  M.  Hertz  dans  son  secondr 
mémoire,  je  supposerai  que  l'éther  contenu  dans  les  espaces 
intermoléculaires  d'un  corps  pondérable  participe  au  mouve- 
ment de  ce  dernier.  En  d'autres  termes,  si  à  un  moment 
quelconque  on  fait  cesser  subitement  tous  les  mouvements 
qui  constituent  les  phénomènes  électriques,  il  restera  un  mou- 
vement dans  lequel  tout  ce  qui  est  contenu  dans  un  élément 
de  volume  est  animé  d'une  vitesse  commune. 

Les  composantes  de  cette  vitesse  seront  représentées  par 
f,  iy,  C  Elles  seront  regardées  comme  des  quantités  données, 
le  mouvement  de  la  matière  étant  supposé  connu.  Du  reste, 
je  me  bornerai  aux  cas  où  |,  fj,  C  sont  des  fonctions  continues 
des  coordonnées.  Cela  implique  que  deux  corps  qui  se  trouvent 


*)  Je   me    permets   d'avertir    le  lecteur  que  les  mu^  derniers  chapitres 
de  ce  mémoire  sont  entièrement  indépendants  de  celui-ci  et  du  troisième. 


48  H.    A.   LORENTZ. 

en  contact  ne  doivent  pas  glisser  l'un  sur  l'autre  et  que,  par 
exemple,  un  corps  pondérable  sphérique,  placé  dans  un  espace 
d'où  Tair  a  été  éloigné,  communique  un  certain  mouvement 
à  l'éther  environnant,  non  seulement  lorsque  le  centre  se  dé- 
place, mais  aussi  lorsque  le  corps  tourne  autour  de  ce  point. 
§  51.  Là  position  de  la  matière  pourra  être  déterminée  par 
un  certain  nombre  de  coordonnées  générales,  que  je  nommerai 
Pi  >  P2  '  '  -P^i  ^^  îl  ®st  clair  que,  s'il  n'y  avait  aucun  phénomène 
électrique,  les  composantes  de  la  vitesse  d'un  point  matériel 
quelconque  P  seraient  données  par  des  expressions  de  la  forme 

QlPl     -^     Q2P2     -^     '     •    •    '    -^  Q^   P^y 

Q't  Pi  -H    Q'î  P2  +    •   •  •   •    +  Q'^P^, 

Q"iPi+  Q".P2+  •  .  .  •  -hQ'^kpk, 

les  coefficients  Q  changeant  avec  la  configuration  du  système. 
Si,  en  revanche,  la  matière  se  trouvait  en  repos,  mais  qu'elle 
fût  le  siège  de  courants  électriques,  aux  composantes  u,  v  et  w, 
on  aurait  pour  les  vitesses  de  ce  même  point  P,  comme  au 
paragraphe  13, 

i:  {A  u-^  B  V  -^  C  w)y 

2:  (^'  w  +  jB'  V  -h  C  w\ 

2;  (A"u  +  B"v  4-  C  w). 

Or,  je  supposerai  que,  dans  le  cas  où  les  courants  électriques 
u,  V,  w  existent  dans  la  matière  qui  est  en  mouvement,  les 
composantes  de  la  vitesse  d'un  point  matériel  ont  les  valeurs  : 

Q,    p,  -i-  .  .  .  +  Q/î-   pit  -+  2"  (4    u  -h  B   V  -h  C  w), 

Q\  p,  +  .  .  .  -h  Q'jt  pk  -h  2;  (A'  u  -h  B'  V  -^  C  w\ 

Q'\Pt-^  •  .  .  +Q"kpk-h2:{A"u  +  B''v-h  C'w). 
§  52.  En  partant  de  ces  expressions,  on  trouve  pour  l'énergie 
cinétique  une  valeur  de  la  forme  : 

T=T,  +  T,  +  T,. 
Le    terme  T,   est  ici  indépendant  des  courants  électriques, 

tandis  que  T^  ne  contient  aucune  des  vitesses  p^   ,  .  .  pjtde 
la    matière.    Dans  le  second  terme  se  trouvent  les  premières 


LA   THÉORIE   éLBCTROMAGNÉTIQUE   DE   MAXWELL.  49 

puissances  de  ces  vitesses  multipliées  par  les  mêmes  puissances 
de  u,  V  ei  w. 

Dans  les  questions  dont  je  m'occuperai,  le  terme  T,  ne  joue 
aucun  rôle  et  j'admettrai,  comme  le  fit  Maxwell  dans  sa  thé- 
orie des  circuits  linéaires,  que  le  terme  T^  s'annule.  Je  n'aurai 
donc  à  parler  que  de  1* énergie  T,,  que  je  représenterai  doré- 
navant par  T  et  qui  est  évidemment  l'énergie  que  posséderait 
le  système  si  la  matière  était  mise  en  repos  sans  que  les  cou- 
rants en  fussent  changés. 

Cette  énergie  peut  donc  être  calculée  de  la  manière  que 
j'ai  exposée  aux  paragraphes  7 — 10.  Il  importe  toutefois  de 
remarquer  que,  si  on  effectuait  ce  calcul  pour  des  époques 
successives,  on  obtiendrait  pour  T  des  valeurs  différentes,  non 
seulement  parce  que  la  distribution  des  courants  ne  restera 
pas  la  même,  mais  encore  parce  que,  en  vertu  du  mouvement 
de  la  matière,  les  coefficients  fi  changent  d'un  instant  à  l'autre 
dans  un  même  point  de  l'espace. 


Quantité  d^êlectridtê  qui  traverse  une  surface. 

§  53.  Dans  les  considérations  du  chapitre  précédent,  les 
composantes  du  courant  déterminaient  les  quantités  d'électri- 
cité qui  se  déplacent  à  travers  des  surfaces  ayant  une  position 
fixe  dans  l'espace.  Dans  le  cas  qui  nous  occupe  actuellement, 
elles  nous  donnent  d'une  manière  analogue  la  quantité  d'ê-  , 
lectricitê  qui  traverse  une  surface  qui  est  liée  fixement  à  la 
matih'e  et  se  déplace  avec  elle,  et  dont,  par  conséquent,  la  forme 
et  les  dimensions  changent  continuellement  '). 


^)  Je  crois  pouvoir  présumer  que  tous  les  physiciens  sont  d'accord  sur 
ce  point.  Si  deux  conducteurs  sont  reliés  Tun  à  l'autre  par  un  fil  métal- 
lique dans  lequel  il  y  a  un  courant  de  l'intensité  i,  la  charge  de  l'un 
subira  par  unité  de  temps  une  augmentation  t,  et  celle  de  Tautre  une 
diminution  égale;  il  en  sera  ainsi  quelle  que  soit  la  vitesse  d'un  mouve- 
ment qu'on  imprime  au  système  tout  entier.  On  dira  donc  qu'une  surface 
séparant  les  deux  conducteurs  est  traversée  dans  l'unité  de  temps  par  une 


-> 


50  H.    A.    LORENTZ. 

Si  un  élément  d'une  telle  surface  coïncide  à  l'instant  t  avec 
un  élément  d  (s  dont  la  normale  a  pour  cosinus  directeurs  p, 
g,  r,  cet  élément  mobile  sera  traversé  entre  les  moments  t  et 
t  -^  dt  par  la  quantité  d'électricité 

{pu  -i-  qv  -h  rw)da dt. 

Selon  la  théorie  de  Maxwell,  la  distribution  du  courant  élec- 
trique doit  toujours  être  solénoïdale,  ce  qui  s'exprime  parles 
équations  (4)  et  (5).  Dans  le  chapitre  précédent,  cette  condi- 
tion impliquait  l'égalité  des  quantités  d'électricité  qui  entrent 
J-^  '  et  qui  sortent  par  une  surface  fermée,  immobile  dans  l'espace  ; 
maintenant,  la  condition  exige  la  même  chose  pour  une  surface 
fermée  qui  se  déplace  avec  la  matière. 

§  54.  Comment  concilier  les  idées  que  je  viens  d'exposer 
avec  l'hypothèse  d'un  seul  fluide  électrique  imprégnant  toute 
la  matière?  Il  faudra,  en  premier  lieu,  admettre  qu'un  courant 
électrique  consiste,  non  pas  dans  le  mouvement  absolu  d'un 
tel  fluide,  mais  dans  son  mouvement  relatif  par  rapport  à  la 
matière.  En  second  lieu,  il  faudra  renoncer  à  l'hypothèse  de 
l'incompressibilité  et  lui  substituer  une  autre  plus  géné- 
rale. En  effet,  la  matière  peut  se  mouvoir  sans  qu'il  y  ait 
des  courants  électriques,  et  elle  peut  subir  pendant  ce  mou- 
vement un  changement  de  densité.  Dans  ce  dernier  cas,  le 
volume  limité  par  une  surface  fermée  qui  passe  toujours  par 
les  mêmes  particules  de  la  matière  n'est  pas  invariable,  et 
cependant  aucune  quantité  d'électricité  ne  franchit  cette  surface. 
Au  lieu  de  dire  que  le  fluide  électrique  est  incompressible,  il 
faudra  donc  admettre  qu'une  partie  déterminée  de  la  matière 
en  contient  toujours  la  même  quantité. 


quantité  d'électricité  i;  pour  cette  surface  on  peut  prendre  une  section 
du  fil  qui  passe  continuellement  par  les  mêmes  particules  métalliques. 
Mais,  évidemment,  la  même  chose  ne  sera  pas,  en  général,  vraie  pour  une 
surface  immobile. 


LA   THEORIE   ELECTROMAGNéTIQUE   DE   MAXWELL.  51 

Application  du  principe  de  d^Alembert, 

§  55.  C'est  de  nouveau  réquàtion  générale  (3)  qui  va  nous 
fournir  les  équations  du  mouvement. 

Comme  il  ne  s'agit  pas  de  trouver  les  lois  qui  régissent 
le  mouvement  de  la  matière,je  me  bornerai  à  des  déplacements 
virtuels  auxquels  elle  ne  prend  point  part.  Ce  n'est  que  V^ 
l'électricité  et  les  particules  animées  des  mouvements  électro- 
magnétiques qui  en  seront  affectées,  et  les  changements  de 
position  seront  détermmés  au  moyen  des  quantités  e^-,  e^,  e«, 
absolument  de. la  même  manière  que  dans  le  chapitre  précé- 
dent. Il  est  facile  de  s'assurer  que  la  variation  S'  T  est  toujours 
donnée  par  la  formule 

d'  T  =  j{Fe:c'^Gey'hHez)dr,.  .  .  .  .  .  (39) 

les  fonctions  i'',   G  et  fl  étant  déterminées,  comme  auparavant, 
par  les  formules  (14). 

§  56.  Cependant,  dans  le  calcul  de  la  dérivée 

dd'T 
dt  ' 
je  ne  supposerai  plus  qu'à  l'instant  t  -^  dt  les  quantités  e;t, 
ey,  ez  aient  les  mêmes  valeurs  qu'à  l'instant  t.  Il  est  vrai 
que,  tant  que  la  distribution  du  vecteur  e  demeure  solénoïdale, 
on  est  entièrement  libre  dans  le  choix  des  composantes  et 
qu'elles  pourraient  par  conséquent  être  prises  indépendantes 
du  temps,  mais  le  calcul  du  terme  S  T  dans  la  formule  (3) 
en  deviendrait  assez  difficile. 

Il  est  plus  commode  de  donner  aux  composantes  relatives  au 
temps  t  +  dt  de  telles  valeurs  e'^r, e'y, eV,  qu'un  élément  de 
surface  quelconque,  qui  se  déplace  avec  la  matière,  soit  tra- 
versé par  la  même  quantité  d'électricité  en  vertu  du  dépla- 
cement (e;r,  Cy,  ^z)  à  l'instant  t  et  en  vertu  du  déplacement 
(©'^,  ©V>  ®'^)  ^  l'instant  t  +  dt. 

On   reconnaîtra  immédiatement,    d'abord,    que    le    vecteur 

(eV,  e'y?  e'^)    se  trouve  ainsi  complètement  déterminé  dès  que 

le  vecteur  (e^r,  e^,  e^?)  a  été  choisi,  le  mouvement  de  la  matière 

4* 


52  H.    A.    LORBNTZ. 

pendant  le  temps  d  t  étant  connu,  et,  en  second  lieu,  que  la 
distribution  de  Tun  des  deux  vecteurs  est  solénoïdale  si 
Tautre  jouit  de  cette  propriété. 

§  57.  Grâce  au  choix  que  je  viens  de  faire,  le  terme  i  T 
dans  l'équation  fondamentale  s*annule,  si  du  moins  on  adopte 
Thj^pothèse  suivante,  qui  n^est  autre  chose  qu'une  généralisa- 
tion de  celle  de  Maxwell  (§  2): 

Si,  après  des  mouvements  quelconques,  la  matière  est  ra- 
menée à  sa  configuration  primitive,  et  si,  dans  le  cours  de  ces 
mouvements,  chaque  élément  de  surface  qui  est  fixement  lié  à 
la  matière  a  été  traversé  par  des  quantités  égales  d'électricité 
en  directions  opposées,  tous  les  points  du  système  se  retrou- 
veront dans  leurs  positions  primitives. 

§  58.  Pour  démontrer  que  cette  hypothèse  donne  effectivement 

5r=o, 

je  donne  aux  signes  W,,  JF^,  TF',,  TF 2  les  mêmes  significations 
qu'au  paragraphe  19  et  je  me  représente  de  nouveau  la  suc- 
cession des  déplacements 

W,  -.  TF„    PF,  -.  TF,,  ÎF,  -.  TT,  ; (40) 

le  mouvement  varié  sera  alors  celui  qui  ramène  le  système 
à  la  configuration   W ^^  dans  un  temps  dt. 

Or,  on  voit  immédiatement  que  le  mouvement  varié  de  la 
matière  ne  diffère  pas  du  mouvement  réel. 

D'un  autre  côté,  un  élément  de  surface  quelconque,  qui  se 
déplace  avec  la  matière,  est  traversé  par  des  quantités  égales 
d'électricité  pendant  les  déplacements  TF,  — ►  TF,  et  W^  — v  TF^. 
Si  donc,  après  avoir  donné  au  système  les  déplacements  (40), 
on  fait  en  sorte  qu'un  tel  élément  soit  traversé  par  la  même 
quantité  d'électricité  que  dans  le  déplacement  TF,  — ►  TF^,  la 
somme  algébrique  des  quantitées  d'électricité  qui  ont  succes- 
sivement traversé  l'élément  sera  0  et,  en  vertu  de  notre  hy- 
pothèse, la  position  W\  se  sera  rétablie.  Il  en  résulte  que  les 
composantes  du  courant  ont  dans  le  mouvement  varié  les 
mêmes  valeurs  que  dans  le  mouvement  réel  et  que,par  conséquent, 

ÔT=Q. 


LA   THÉOUIK   ÉLECTROMAGNÉTIQUE   DE    MAXWELL.  53 

§  59.  Soit  de  nouveau 

—  j  {Xea;  -h  Yey  H-  Zez)  d  v 

le  travail  des  forces  pendant  le  déplacement  virtuel  (tv,  Py,  e^;); 
alors  Téquation  (3)  devient: 

—  j{Xe^  +  Yey  +  Zez)dr  =  ^^-J(Fe:,  +  Ge^  +  flo.)dr(4l). 

Supposons  que  le  vecteur  e  soit  distribué  de  la  façon  par- 
ticulière indiquée  au  paragraphe  25.  Si  Ton  fait  se  mouvoir 
avec  la  matière  le  tube  annulaire  dont  il  fut  question  dans 
ce  paragraphe,  l'axe  coïncidera  après  le  temps  dt  avec  une 
nouvelle  ligne  fermée  et,  au  lieu  de  a>,  le  tube  aura  une 
section  droite  co'.  D'après  ce  qui  a  été  dit  sur  e'x,  e'y,  e'r,  il  Jc^ 
faudra  que  le  vecteur  e',  dont  ces  quantités  sont  les  compo- 
santes, soit  borné  au  nouveau  tube,  qu'il  ait  la  direction  du 
nouvel  axe  s'  et  que  le  produit  e'  w'  soit  partout  égal  au 
produit  eœ  dans  le  tube  non  déplacé. 

Or  l'intégrale 


/ 


{Fea:  -h  Gey  -h  Hez)dT 
prend  (§25)  à  l'instant  t  la  valeur: 

eco  j{Fp  +  Oq-h  Hr)ds, 

et  à  l'instant  t  -i-  dt  elle  devient 

e'  œ'  ({Fp-j-Gq-h  Hr)d8\ 

l'intégrale  étant  étendue  à  la  ligne  primitive  dans  la  première 
expression  et  à  la  ligne  déplacée  dans  la  seconde,  et  les 
valeurs  de  F,  G  et  H  se  rapportant  respectivement  aux  mo- 
ments t  et  t  -h  dt. 

Il  s'ensuit  qu'au  lieu  de 

d  f 

-r:  j  {Fe:c  -h  Gey  -i-  Hez)dT 

il  est  permis  d'écrire 


54  H.    A.    LORENTZ. 

eœ-r  j  {Fp  -h  Gq-^  Hr)d8, 

où  le  signe  d  indique  l'accroissement  total  de  l'intégrale  causé 

par  la  variation  de  F,  G  et  H  et  par  le  déplacement  de  la  ligne  s. 

Le  premier  membre  de  l'équation  (41)  se  transforme  en 

—  eco|(Xp+  Yq-\-Zr)d8, 
et  la  formule  devient: 

—  |(Xp+  Yq-hZr)d8  =  j~J{Fp+  Gq^  Hr)d8. 

Elle  se  simplifie  encore  si  l'on  conçoit  une  surface  (t  limitée 
par  la  ligne  8  et  se  déplaçant  également  avec  la  matière. 
En  vertu  des  relations  (14),  on  a 

[{Fp-^-  Gq'hHr)d8  =  JBnda, 
ce  qui  donne: 

-|(Xp-h  Yq^Zr)d8:=~fBnd(s (42) 

Ici  encore,  le  signe  d  indique  le  changement  total  de  l'in- 
tégrale. Pour  le  calculer,  il  faudra  tenir  compte,  d'une  part, 
du  changement  de  l'induction  magnétique,  et,  d'autre  part,  du 
déplacement  de  la  surface  a. 

§  60.  De  la  formule  (42)  aux  équations  définitives  du 
mouvement  il  n'y  a  qu'un  pas.  On  peut  d'abord  admettre  qu'à 
l'instant  t  la  surface  cr  coïncide  avec  un  rectangle  infiniment 
petit  dont  les  côtés  sont  parallèles  à  deux  axes  des  coordon- 
nées et  qui  n'est  pas  coupé  par  une  surface  de  discontinuité.  En 
regardant  toutes  les  quantités  variables  comme  des  fonctions 
de  t  et  des  coordonnées  x,  y,  z  d'un  point  immobile,  on  trouve 
ainsi  (voir  §  61) 


LA   THÉORIE   ÉLRCTKOMA(iNÉTIQUE  DE   MAXWELL  55 

■^  ^  Va;  "^  3^  "^  dz)  ' 
ZZ      ZX      dh       d  ,^,  ,        D  ,  ^,, 


+  .U-„  +  .T.  +  |), 


06 
DX       or      Oc        0  ,^         ^   ,       0  ,^-  , 

ô^-o-r=oi^-o-^<^''-^«)-ô^(^^-^'')  + 


.(43) 


■^  ^  \Ô^  "*■  Dy  "^  Ô^y  ' 


En  second  lieu,  on  peut  donner  à  la  surface  es  la  forme 
d'une  bande  étroite  comprise  entre  deux  lignes  qui  se  trouvent 
de  part  et  d'autre  d'une  surface  de  discontinuité.  Si  ces  lignes 
s'approchent  de  plus  en  plus  d'une  même  ligne  située  dans  la 
surface,  l'intégrale 


/ 


^nd(5 


tend  vers  la  limité  0  et  on  est  conduit  à  la  condition 

{Ra),=(Ra)2, 
R    étant   la  „force  électrique"    (X,   Y^  Z)  Ç^i  h  indiquant  une 
direction  quelconque  dans  la  surface  de  discontinuité. 

Les  équations  (43)  expriment  la  même  chose  que  les  formules 
(Itf)  du  second  mémoire  de  M.  Hertz.  Elles  n'en  diffèrent  que 
par  la  notation,  le  choix  des  unités  et  la  position  relative 
des  axes  des  coordonnées. 

Du  reste,  comme  nous  n'avons  nulle  part  supposé  l'exis- 
tence de  ^magnétisme  libre",  nous  pourrions  encore  simplifier 
les  formules  en  y  substituant. 

D  a      0  6       Oc       ^, 
0  X       0  y       d  z 

§  61.  Il  suffira  d'indiquer  rapidement  comment  on  arrive  à 
la  première  des  équations  (43). 

Figurons-nous  qu'à  l'instant  t  la  surface  a  se  confond  avec 


5()  H.    A.    LORKNTZ. 

un  élément  rectangulaire  dydz,  perpendiculaire  à  Paxe  des  x 
et  situé  au  point  [x, y, z) ;  alors,  à  Tinstant  t  +  dt,  la  surface 
passera  par  le  point  {x-^^dt,  y  +  ydt,  z  +  C  d  0»  'a  normale 
fera  avec  Taxe  des  x  un  angle  infiniment  petit  et  avec  les 
axes  des  y  et  des  z  des  angles 

}  TT  +  y  d  <   et    J  TT  H-  ^  d  «, 
'  dy  d  z 

et  Taire  de  la  surface  sera  devenue 

Désignons    par    a  la  valeur  de  la  première  composante  de 
rinduction  magnétique  au  point  (a?,  y,  z)  et  à  Tinstant  t,  et  par 

\dt  0  X  0  y         czj 

la  valeur  de  cette  même  composante  au  point  (x -h  |  d  f, 
y  -^  ydtj  2  -h  f  d  <)  et  au  moment  t  -\-  dL 

Alors  la  valeur  de  Tintégrale  j  Bnda,  qui  est  d'abord 

ady  dz, 
devient  au  bout  de  Tintervalle  dt: 


Valeur  de  la  force  électrique. 

X§  62.  Tant  qu'il  s'agit  de  corps  conducteurs,  dans  lesquels 
la  ^résistance"  seule  s'oppose  au  mouvement  de  l'électricité, 
on  n'a  rien  à  changer  à  ce  qui  a  été  dit  dans  le  chapitre 
précédent.  Les  diélectriques,  au  contraire,  demandent  de  nou- 
velles considérations. 

Conformément  à  l'idée  énoncée  au  paragraphe  53,  il  est 
naturel  d'admettre  que  le  dérangement  électrique  de  l'état 
naturel  d'un  isolateur  est  déterminé  dès  qu'on  connaît,  pour 
chaque  élément  de  surface  fixement  lié  à  la  matière,  la  quan- 


LA    THEORIE   ÉLECTROMAGNÉTIQUE   DE   MAXWELL.  57 

tité  totale    d'électricité   par  laquelle  il  a  été  traversé  à  partir 

d'un  moment  où  le  corps  se  trouva  encore  à  Tétat  naturel. 

Je  désignerai  par 

fdydz 

la    valeur   de  cette  quantité  pour  un  élément  de  surface  qui 
coïncide  à  l'instant  t  avec  un  rectangle  dont  les  côtés  dj/  et 
d  z   sont  respectivement  parallèles  aux  axes  0  Y  et  0  Z.  lS,n 
définissant   les    quantités  g  et  h  d'une  manière  analogue,  on 
peut    dire  que  le  diélectrique  aurait  été  amené  à  l'état  où  il 
se  trouve  actuellement  si,  après  avoir  donné  à  la  matière  la 
position  qu'elle  occupe  à  l'instant  <,  on  eût  fait  naître  un  dé- 
placement diélectrique  D,  aux  composantes  /,  jr,  h.  L'énergie 
potentielle    par    unité    de  volume  sera  donc  toujours  donnée 
par   l'expression   (21)   et  le  travail  des  forces  pourra  être  re- 
présenté comme  il  a  été  fait  au  paragraphe  59,  si  on  prend 
pour  X,   Y  et  Z  les  valeurs  (25).  En  effet,  la  matière  elle-même     / 
ne  prend  point  part  au  déplacement  virtuel  que  nous  avons    \ 
imposé  au  système;  les  quantités/,  g  et  h,  telles  que  je  viens     ; 
de  les  définir,  recevront  par  conséquent  dans  ce  déplacement     \ 
les  accroissements  ea:,ey,eg.  V 


Relations  entre  les  œmposantes  du  courant  et  celles 
du  déplacement  diélectrique. 

§  63.  Les  formules  (24)  ne  sont  plus  applicables  aux  dié- 
lectriques en  mouvement.  Il  leur  faut  substituer  des  équations 
moins  simples  auxquelles  on  arrive  par  le  raisonnement  sui- 
vant. La  définition  que  j'ai  donnée  dans  le  dernier  paragraphe 
conduit  à  représenter  par 


/ 


Dnda 


la   quantité  d'électricité  qui,  à  partir  de  l'état  naturel,  a  tra- 

» 

versé  une  surface  limitée  quelconque,  liée  à  la  matière. 


58  H.    A.    LORENTZ. 

La  dérivée 

d 


dtl^'"^"' 


prise  clans  le  même  sens  que  la  dérivée 

qu'on  trouve  dans  la  formule  (42),  sera  donc  la  quantité 
d'électricité  qui  traverse  la  surface  par  unité  de  temps,  cette 
surface  se  déplaçant  toujours  avec  la  matière. 

Pour  calculer  les  valeurs  de  udy  dz,  vdzdx,  wdxdy,  il 
suflBra  donc  de  rechercher  ce  que  devient  cette  dérivée,  si  à 
l'instant  t  la  surface  d  a  coïncide  avec  un  rectangle  infiniment 
petit  dont  les  côtés  sont  parallèles  à  deux  axes  des  coordon- 
nées. En  suivant  la  marche  qui  a  été  indiquée  au  paragraphe 
61,  on  trouvera:  ^ 

Si  l'on  introduit  ces  valeurs  dans  les  équations  (10)  celles-ci 
deviennent  identiques  aux  formules  (1^)  établies  par  M.  Hertz 
dans  son  second  mémoire. 
>  Après  avoir  ainsi  reproduit  les  formules  fondamentales  de 
M.  HertZj  il  est  juste  de  mentionner  que  ce  n'est  qu'après 
avoir  lu  son  mémoire  que  j'ai  entrepris  cette  étude  des  corps  en 
mouvement.  J'avais  ainsi  l'avantage  de  connaître  d'avance 
les  résultats  qu'il  faudrait  chercher  à  obtenir. 


dg        d 
v  =  —  -I 

dt      dz 


LA   THEORIE   ÉLECTROMAGNETiqUE   DE   MAXWELL.  59 


CHAPITRE  III. 

Examen  d'une  hypothèse  qui  a  été  faite 
aux  chapitres  précédents. 

§  64.  H  n'est  pas  inutile  de  considérer  de  plus  près  la  sup- 
position dont  Maxwell  s'est  servi  dans  sa  théorie  des  circuits 
linéaires  et  que  j'ai  reproduite,  sous  des  formes  plus  générales, 
aux  paragraphes  18  et  57. 

Même  dans  le  cas  que  j'ai  traité  au  premier  chapitre,  cette 
hypothèse  n'est  pas  aussi  plausible  qu'on  pourrait  le  croire 
au  premier  abord.  En  effet,  il  y  a  dans  la  mécanique  ordi- 
naire des  cas  bien  simples  où  une  supposition  analogue  con- 
duirait à  des  résultats  erronés. 

Considérons,  par  exemple,  le  mouvement  d'un  fluide  incom- 
pressible dont  la  densité  est  q.  Désignons  par  uda  dt,  v  da  dty 
w  dadt  les  quantités  du  fluide^  exprimées  par  le  volume  qu'elles 
occupent,  qui,  pendant  le  temps  d  i,  traversent  des  éléments  de 
surface,  respectivement  perpendiculaires  à  0  Z,  0  F  et  0  Z 
et  eux-mêmes  immobiles  ;  u,  v  etw  seront  alors  les  composantes 
du  courant.  Représentons  par  Xdr,  Fdr,  Zdr  les  compo- 
santes de  la  force  extérieure  qui  agit  sur  un  élément  de 
volume,  et  cherchons  à  établir  les  équations  du  mouvement 
en  partant  de  la  formule  générale  (3).  Les  variables  u,  v,  Wy 
X^  Y  et  Z  seront  regardées  comme  des  fonctions  de  t  et  des 
coordonnées  x,  y,  z  d'un  point  immobile. 

Un  déplacement  virtuel  peut  être  défini  au  moyen  des 
quantités  infiniment  petites  du  fluide  qui  traversent  des  élé-^ 
ments  de  surface  perpendiculaires  aux  axes  des  coordonnées; 
rapportées  à  l'unité  de  surface  et  exprimées  par  le  volume 
du  liquide,  elles  seront  indiquées  par  e;r,  ©y,  ©;?.  Elles  doivent 
satisfaire  à  la  même  condition  que  les  quantités  analogues  du 
premier  chapitre  et  il  est  évidemment  permis  de  les  regarder 
comme  indépendantes  du  temps.  On  aura  alors: 


60  H.    A.    LORKNTZ. 


§  65.  Si,  après  des  mouvements  quelconques  pendant  lesquels 
chaque  élément  de  surface  immobile  a  été  en  somme  traversé 
dans  des  directions  opposées  par  des  quantités  égales  du  fluide, 
chaque  particule  se  retrouvait  dans  sa  position  primitive,  ou 
pourrait  démontrer  que  iîTzrO,  comme  dans  le  premier  cha- 
pitre. Cependant  cette  hypothèse  ne  se  vérifie  pas  et  5  T  prend 
une  valeur  que  nous  allons  calculer. 

Donnons    à     W^,   W^^    1^,',    W^'  la  signification  que  nous 
connaissons  déjà  et  nommons  x^  y  Qi  z  les  coordonnées  d'une 
particule  du  fluide  dans  la  position  W^.  Alors  les  coordonnées 
de  ce  point  seront: 
dans  la  position   W^  : 

X  -^  udi,     y  -{-  V  dtj     z  -h  wdty 

dans  la  position   W/: 

et  dans  la  position   W^': 

j  ^  f^^x  0  ©or  <^  6;r      \  7  ^ 

x-^udi^^x-^[':r^u-^~v  ^  -^  w\di, 

\ox  dy  0  z     / 

^  ^  \dx  dy  d  z       / 

,,  /?er  0©;?  ^©^     \j. 

Z-\'Wdt-^ez'i-{-:r—  U-h    -:r-  V  -^   ':r-  W  ]  d  t. 

\ox  dy  dz     J 

Il  a  fallu  ajouter  les  termes: 


(  -TT—  u  4-  -:r—  v-i-  -:r-  w  ]  dty  etc. 

\dx  dy  d  z         / 


parce  qu41  s'agissait  des  valeurs  de  e^:,  e^,  e^  au  point  où  la 
particule  considérée  se  trouve  dans  la  position   W.^. 

Les  expressions  précédentes  donnent  pour  les  vitesses  de  la 
particule  dans  le  mouvement  varié: 


LA   THEORIK   ELECTRONf AGNETIQUE   DE   MAXWELL.  61 


dx  cy  d  z 

dx  dy  Dz     '    ' 

dx  dy  d  z 


Or,  si  en  un  même  point  de  l'espace  les  vitesses  étaient 
les  mêmes  dans  le  mouvement  varié  et  dans  le  mouvement 
réel,  on  aurait  dû  trouver  au  lieu  de  ces  expressions: 

du  du  du 

tt  H-  r—  e^r  -h  r—  ey  -h  -^~-  er,  etc. 

d  X  d  y    ^  d  z 

§  6fi.  Après  avoir,  obtenu  les  valeurs  (44)  on  peut  procéder 
comme  il  suit.  On  a  d'abord 

^  J  I  \        dx     .        dy  dz  J 

\        dx  dy  d  z  J 

V         d  x         .    d  y  dz  /  ) 

Ici,  on  peut  intégrer  par  parties.  En  supposant  qu'aux  limites 
du  fluide  e^-  =  ey  =  e^  =  0  et  se  rappelant  que  : 

du       dv       d  w       ^ 

;r-  4-  r-   -h  -T-  =  0, 
d  X         dy  dz 

on  trouve  : 

J  I  \      d  X  dy  dz  J 

rd  V  d  V  d  V\ 


/      d  V  d  V  d  V\ 

\      dx  dy  dz  J 

(d  W  dw  d W\    i    , 

n  T \'V  -.     -H  ^  r—  1  la  T. 
dx  dy  d  z  J  1 


62  H.   A.   LORENTZ. 

En  fin  de  compte,  Téquation  (3)  devient: 

/\  /d  U  du  du  d  U\ 


-h 


/d  V  d  V  d  V  d  V\ 

\d  t  dx  dy  d  Z  J    ^ 


(dw  d  W  d  W  d  W\       ]    , 

d  t  d  X  d  y  d  Z  /       ) 

Il  est  facile  d'en  déduire  les  équations  du  mouvement  sous 
leur  forme  ordinaire.  On  s'apercevra  que  Vhypothèse  en  ques- 
tion,   loin    d'être    vraie,    conduirait    à    l'omission   des  termes 

d  u  du  du     , 

U h  V  r h  ^  r— ,  etc. 

d  X  dy  dz 

§  67.  Si  cette  hypothèse  ne  peut  pas  être  admise  dans  le 
cas  d'un  fluide  ordinaire,  elle  ne  pourra  non  plus  être  appliquée 
au  fluide  électrique.  Cependant,  cela  n'empêche  pas  que  nos 
équations  du  mouvement  ne  puissent  être  exactes.  En  effet, 
la  masse  de  ce  dernier  fluide  a  été  supposée  négligeable,  et  dans 
le  calcul  de  la  variation  3  T  il  ne  s'agissait  que  de  l'énergie 
cinétique  qui  est  propre  aux  mouvements  électromagnétiques  ; 
il  suffira  donc  que  les  points  matériels  qui  sont  chargés  de 
ces  mouvements,  et  qu'il  ne  faut  pas  confondre  avec  l'élec- 
tricité elle-même,  jouissent  de  la  propriété  de  revenir  aux 
mêmes  positions  si  pour  chaque  élément  de  surface  la  somme 
algébrique  des  quantités  d'électricité  par  lesquelles  il  a  été 
traversé,  est  0. 

Or,  on  est  entièrement  libre  d'essayer  sur  le  mécanisme  qui 
produit  les  phénomènes  électromagnétiques  telle  supposition 
qu'on  voudra,  et  tout  en  reconnaissant  la  difficulté  d'imaginer 
un  mécanisme  qui  possède  la  propriété  désirée,  il  me  semble 
qu'on  n'a  pas  le  droit  d'en  nier  la  possibilité. 

§  68.  Cependant,  cette  hypothèse  que  nous  discutons,  est- 
elle  vraiment  inévitable  si  l'on  veut  voir  s'annuler  le  terme 
8  Ty    ce    qui    semble    nécessaire    pour    obtenir    des  équations 


LA   THÉORIE   ELECTKOM  AGNETIQUE    DE   MAXWELL.  63 

qui  s'accordent  avec  les  expériences?  Je  vais  démontrer,  en 
me  bornant  pour  le  moment  aux  corps  immobiles,  qu'on  peut 
au  besoin  recourir  à  une  autre  suppositon. 

Revenons  pour  cela  aux  formules  (16).  Les  coefficients 
AyByCyA^..,.  qu'elles  contiennent  changeront  avec  la  con- 
figuration du  système  et  on  peut  indiquer  par  S  A,  SB,  d  C, 
d  A\  . . . ,  les  changements  qui  surviennent  pendant  le  dépla- 
cement W,  — ►  W^\  et  par  d  A,  d  B,  d  C,  d  A\  . . .  ceux  qui 
ont  lieu  pendant  le  mouvement  réel   TF,  — >  W^. 

Cela  établi,  on  peut  écrire  pour  la  première  coordonnée  d'une 
particule  déterminée: 
dans  la  position   W^i  x; 

dans  la  position   W^'  x-{-2:{Au-{'Bv-\'Cw)dt; 
dans  la  position   ïT,':  x  -\- 1:  {A  ea:  -{-  B  e^  -{-  Ce^),  et  enfin 
dans  la  position   W^: 

x-hi;(Au-^Bv-^  Cw)dt^ 

-h  2:  (il  e;r  H-  £  Cy  H-  Cez)  -^  2:  {d  A,ex  +  d  B,  e^  4  d  C.  e/). 

n    en    résulte    que  le  déplacement  de  la  particule  dans  la 
direction  des  x  est,  pendant  le  mouvement  varié: 
2:{Au  ^  B  V  -h  Cw)dt'^  2:{dA.^,x  -^  dB,ey-^d  C.  ez) .  (45) 

D'un  autre  côté,  on  peut  indiquer  facilement  quel  serait  ce 
déplacement  si,  à  partir  de  la  position  TT,',  il  existait  dans  le 
système,  pendant  l'intervalle  dt,  un  système  de  courants 
(tt,  V,  w)  identique  à  celui  qu'on  trouve  dans  le  mouvement 
réel.  A  la  position   W ^'  correspondent  les  valeurs: 

^  -h  5  .4,  B  -h  «  B, 

et  le  déplacement  qu'il  s'agit  d'indiquer  serait  donc: 
2:  {Au  -^  B'v  -{-  Cw)dt  -^  i:  {8  A.u  -^  à  B.v  -^  S  C.w)dt  (46). 
§  69.  Si  les  expressions  (45)  et  (46)  sont  identiques,  et  s'il 
en  est  de  même  des  expressions  analogues  par  lesquelles  on 
peut  représenter  des  déplacements  parallèles  à  0  F  et  OZ^  le 
mouvement  varié  sera  celui  auquel  se  rapporte  l'expression 
(46)  et  on  aura  5  7=0,  parce  que  l'énergie  cinétique  est  dé- 
terminée   par   les    composantes    du   courant.  L'hypothèse  du 


Sx 


64  H.    A.    LORENTZ. 

paragraphe    18    conduit   à    cette    simplification  parce  qu'elle 
donne  lieu  à  Tégalité: 

2:  {dA.ea^-h  dB.ey-i-  d  C. ez)  =  2; {Ô  A.u -^  Ô B.v  -h  S  C.w)dL 
Pourtant,    il    n'est   pas    nécessaire  que  cette  égalité  existe. 
Les    vitesses    de  la  particule  considérée,  dans  le  mouvement 
réel,  sont 

x  =  i:{Au    H-   Bv  4-     Cw), 

y  =  2;{A'u    -hB'v   -h  Cwl 

z  =  2:{A''u  +  B''v  -h  C"  w\ 

et    si    les    vitesses    dans    le    mouvement    varié  sont  x  -i-  ix, 

•  •    •  • 

y  +  !fy,  24-  S  z,  1  expression  (45)  donne 

^/dA  dB         dC    \ 

Les  variations  dy  et  dz  peuvent  être  mises  sous  une  forme 
analogue,  et  on  peut  calculer  la  valeur  de 

dT=2;m(xÔX'^ydy  -^zdz)  .  .  .  .  .  .  (48). 

Voici  maintenant  un  système  d'hypothèses  qui  donnent  pour 
cette  variation  la  valeur  0: 
\       a.  II    y    a    deux   systèmes  de  particules  qui  prennent  part 
aux  mouvements  électromagnétiques,  systèmes  qui  seront  in- 
diqués par  les  lettres  N  et  N'. 

b.  A  chaque  moment,  une  particule  quelconque  appartenant 
à  Tun  de  ces  systèmes  se  trouve  dans  le  voisinage  immédiat 
d'une  particule  de  masse  égale  qui  fait  partie  de  l'autre. 

c.  Les  deux  systèmes  ont  toujours  des  mouvements  égaux 
en  sens  inverse,  ou,  pour  nous  exprimer  plus  exactement: 

Si  deux  mouvements  de  même  durée  commencent  avec  les 
mêmes  positions  initiales  et  ne  se  distinguent  que  par  le 
signe  des  composantes  du  courant  électrique,  et  si  P  et  P' 
sont  des  points  appartenant  aux  systèmes  N  et  N'  et  coïncidant 
dans  la  configuration  initiale,  le  point  P'  atteindra,  dans  le 
second  mouvement,  la  même  position  finale  que  le  point  P 
dans  le  premier  mouvement. 


LA  THEORIE  ELECTROMAGNETIQUE   DE   MAXWELL.  65 

Cela  implique  évidemment  qu'au  moment  de  la  coïncidence 
les  points  P  et  P'  ont  des  vitesses  égales  et  opposées.  En 
effet,  en  changeant  les  signes  de  u,  v,  w,  on  renverse  la  vitesse 
du  point  P"(§  13);  mais,  selon  la  dernière  hypothèse,  cette 
vitesse  doit  alors  devenir  égale  à  celle  qu'avait  d'abord  le 
point  P'. 

Remarquons  encore  que,  dans  le  cours  d'un  certain  mou- 
vement, ce  sera  chaque  fois  une  nouvelle  particule  P'  qui 
coïncide  avec  une  particule  déterminée  P.  Deux  roues  juxta- 
posées, qui  ont  des  rotations  égales  et  opposées  autour  du 
même  axe,  peuvent  servir  d'exemple. 

§  70.   Pour  démontrer  que  [ces  hypothèses  conduisent  à 

aT=o, 

nous  allons  comparer  deux  mouvements  différents  du  système. 
Les  lettres  TF,,  TFj»  ^i  »  ^^2  seront  appliquées  au  premier 
cas  et  les  signes  (TT,),  (WJ,  {W  x)  ^^  (^2)  indiqueront  les 
mêmes  choses  pour  le  second  cas. 

Supposons  que  les  positions  W^  et  (TT,)  soient  identiques 
et  que,  dans  les  deux  mouvements,  chacune  des  quantités 
u,  V,  w,  e^,  Oy,  %z  ait  les  mêmes  valeurs,  mais  des  signes 
opposés. 

Alors  les  mouvements  TT,  — ►  TT/  et  {W^)-^  [W^')  se  dis- 
tingueront l'un  de  l'autre  de  la  manière  qui  a  été  indiquée 
dans  la  troisième  hypothèse  du  paragraphe  précédent;  il  en 
sera  de  même  des  mouvements  qui  consistent,  l'un  dans  la 
succession  des  déplacements  TT,  — ►  TT,  et  TF,  — ►  W^\  l'autre 
dans  la  succession  de  [W^)-->{W^)  et  {W^)-^{W^y  II  en 
résulte  que,  si  deux  particules  P  et  P'  coïncident  dans  la  po- 
sition Wj  ou  (W,),  l'une  de  ces  particules  se  déplacera  dans 
le  mouvement  varié  W,'— ►  W^'  de  la  même  manière  que 
l'autre  dans  le  mouvement  varié  (  W,')  — ►  (  Wj');  comme,  de 
plus,  les  masses  de  P  et  de  P'  sont  égales,  le  mouvement 
varié   aura,    dans   les   deux  cas,  la  même  énergie  cinétique. 

On  trouve  donc  : , 

8T={8T), (49) 

5 


66  H.   A.   LORENTZ. 

OÙ   les  deux  membres  se  rapportent  aux  deux  cas  que  nous 
voulions  comparer  Tun  à  l'autre. 

D'un  autre  côté,  on  peut  appliquer  les  formules  (47)  et  (48). 
On  se  rappellera  que,  pour  une  particule  déterminée  qui  prend 
part  aux  mouvements  électromagnétiques,  les  coefficients  A^ 
B,  Cj  etc.  sont  des  fonctions  des  coordonnées. 

Les   dérivées  -r^,  -tt>  tt»    etc.    qu'on    trouve   dans   les 

dt     ai      dt  ^ 

équations    (47)  et  dans  les  expressions  analogues  pour  5  y,  5  z 

seront,    par   conséquent,  des  fonctions  homogènes  et  linéaires 

•  •  • 
de  u,  v,  w,  et  comme  il  en  est  de  même  de  x,  y,  2,  la  formule 

(48)  conduit  à 

5T=  — (5T), 

ce  qui,  avec  l'équation  (49),  donne 

5  5r=0. 

§  71.  Les  hypothèses  dont  je  viens  de  me  servir  introduisent 
dans  la  théorie  un  certain  dualisme,  auquel  on  est  amené  si 
souvent  par  l'étude  des  phénomènes  électriques.  En  effet, 
elles  ressemblent  un  peu  à  l'ancienne  idée  de  deux  fluides 
électriques  qui  se  déplacent  avec  des  vitesses  égales  et  oppo- 
sées. Seulement,  il  ne  s'agit  pas  maintenant  de  fluides  élec- 
triques, mais  des  mouvements  électromagnétiques.  Si,  comme 
il  est  fort  probable,  ces  mouvements  sont  des  rotations  autour 
des  lignes  de  force  magnétiques,  les  hypothèses  reviennent  à 
ce  que,  dans  un  espace  quelconque,  il  y  a  toujours  des  rota- 
tions de  directions  opposées  et  qu'il  ne  peut  exister  aucun 
effet  qui  serait  causé  par  des  rotations  dans  une  seule  direction. 

§  72.  Dans  les  cas  où  la  „  matière"  elle-même  (Chap.  II)s6 
déplace,  l'hypothèse  du  paragraphe  57  donne  lieu  à  quelques 
remarques  nouvelles. 

Soit  B  un  circuit  linéaire  et  fermé,  dont  le  mouvement  est 
tellement  restreint  que  la  position  peut  être  déterminée  à 
l'aide  d'un  seul  paramètre  p  ;  soient,  de  plus,  i  la  quantité  d'é- 
lectricité   qui,    à  partir  d'un  certain  moment  fixe,  a  traversé 


LA  THÉORIE   ÉLECTROMAGNÉTIQUE   DE   MAXWELL.  67 

une  section  passant  toujours  par  le  même  point  du  conduc- 
teur, et  X  la  première  coordonnée  d'un  des  points  matériels  P 
du  milieu.  L'hypothèse  exige  que  Ton  ait: 

Cela  posé,  je  donne  au  système,  Tun  après  Tautre,  les  dé- 
placements suivants  : 

a.  Tandis  que  le  conducteur  se  trouve  dans  le  voisinage  du 
point  P  (position  I),  une  quantité  d'électricité  t  est  amenée  à 
travers  chaque  section. 

6.  Le  conducteur  est  éloigné  à  une  très  grande  distance  du 
point  P. 

c.  Pendant  que  le  conducteur  est  retenu  dans  la  nouvelle 
position  (position  II),  on  fait  passer  à  travers  chaque  section 
une  quantité  d'électricité  —  t, 

d.  Le  circuit  est  ramené  dans  la  position  I. 

Si  les  déplacements  6  et  d  n'ont  été  accompagnés  d'aucun 
courant  électrique,  la  coordonnée  x  aura  repris  la  valeur  ini- 
tiale. Donc,  si  AaX,  Abx,  etc.  sont  les  variations  successives 
de  cette  coordonnée: 

Aa  X  -^^  Ab  X  -^  Ac  X  -h  Ad  X  •=  0, 

Or,  comme  la  distance  du  circuit  au  conducteur  est  beaucoup 
plus  grande  dans  la  position  II  que  dans  la  position  I,  la 
variation  Ac  x  sera  beaucoup  plus  petite  en  valeur  absolue  que 
la  variation  Aax;  les  déplacements  Abx  et  Adx  ne  sauraient 
donc  être  0. 

C'est  là,  du  reste,  une  chose  très  naturelle  dans  une  théorie 
qui  suppose  que  le  conducteur  ne  peut  se  mouvoir  sans  pousser 
devant  lui  l'éther  ambiant.  Ce  qu'il  y  a  de  remarquable  dans 
le  résultat  obtenu,  c'est  que  le  déplacement  du  milieu  qui  est 
causé  par  un  mouvement  du  conducteur  doit  être  tel  qu'il 
peut  compenser  le  déplacement  dû  à  un  courant  électrique. 

§  73.  Si  toutes  les  coordonnées  des  points  mobiles  du  milieu 
sont  des  fonctions  de  p  et  de  e,  on  trouve  pour  les  trois  par- 
ties dans  lesquelles  l'énergie  cinétique  peut  être  décomposée: 

5* 


68  *  H.   A.    LORKNTZ. 

.,=,^..»[(|-;)V(||)V(ii)'], 

n=o..»[G-:)'-.(if)'-.Cr:y], 

•OÙ  ou  ït  mis  i  au  lieu  de  A 

De  ces  trois  expressions,  la  deuxième  doit  être  0.  Voici  deux 
hypothèses  par  chacune  desquelles  on  peut  satisfaire  à  cette 
condition. 

a.  Chaque  point  mobile  du  milieu  se  trouve  toujours  jux- 
taposé à  un  autre  d'une  masse  égale.  Les  liaisons  dans  le 
système  sont  telles  que  ces  deux  points  sont  déplacés  égale- 
ment et  en  directions  opposées  par  un  mouvement  électrique, 
mais  qu'ils  se  meuvent  de  la  même  manière  si  ce  n'est  que 
le  circuit  qui  se  déplace. 

En  distinguant  par  les  indices  1  et  2  ce  qui  se  rapporte  à 
l'un  ou  à  l'autre  de  deux  points  coïncidents,  on  a  : 

Da;,     d  X2      Oy,     0  2/2      ^2;,     dz^ 

dp  dp*        dp  dp'        dp  Dp' 

dx^  dx^         dy^  dy^         dz^  0  252 

de  de  de  de  de  de 

ce  qui  fait  :  T^  =0. 

b.  Dans  les   cas  qu'on  peut  réaliser,  les  produits^ —>  ^:r-^, 

p  —  sont  si  petits  par  rapport  aux  quantités  : 

.d  X  .dy  ,d  Z 

*-^'      ^^»      ^■^-, 
de  de  de' 

qu'ils  peuvent  être  négligés. 

Alors,  bien  que  T^  ne  s'annule  pas  rigoureusement,  il  sera 
permis  de  négliger  cette  partie  de  l'énergie  cinétique  vis-à- 
vis  de  la  dernière  partie  T^. 

A  plus  forte  raison,  on  pourra  négliger  T,.  C'est  un  avantage 
de  cette  seconde  hypothèse,  que  la  première  ne  présente  pas. 


LA  THEORIE  ELECTROMAGNETIQUE   DE    MAXWELL.  69 

Il  est  facile  de  s'assurer  que  p  —  peut  être  beaucoup  moin- 

D  X 
dre  que  i  — .  Prenons  par  exemple 

a;  =r  qp  1/;, 

où  (p  est  une  fonction  de  j:;  et  i//  une  fonction  de  i.  Alors  on  aura  : 

0  q> 


•  0  X 

dp 

^3p 

—  P 

(P 

.0  X 

D  iff 

'de 

dtp 

de 

de 
xp 

Or,  la  fonction 


1/, 
peut    être    rendue  aussi  considérable  qu'on  le  désire;  on  n'a 
qu'à  admettre  que  la  fonction  \p  change  très  rapidement  par 
un  accroissement  de  e. 

Du  reste,  on  pourrait  essayer  de  remplacer  l'hypothèse  du 
paragraphe  57,  par  des  suppositions  analogues  à  celles  que  j'ai 
indiquées  au  paragraphe  69. 


70  n.   A.    LORENTZ. 

CHAPITRE  IV. 

Théorie  d'un  système  de  particules  chargées 

qui  se  déplacent  à  travers  Téther  sans 

entraîner  ce  milieu. 

Considérations  préliminaires. 

§  74.  Il  m'a  semblé  utile  de  développer  une  théorie  des 
phénomènes  électromagnétiques  basée  sur  l'idée  d'une  matière 
pondérable  parfaitement  perméable  à  l'éther  et  pouvant  se  dé- 
placer sans  communiquer  à  ce  dernier  le  moindre  mouvement. 
Certains  faits  de  l'optique  peuvent  être  invoqués  à  l'appui  de 
cette  hypothèse  et,  bien  que  le  doute  soit  encore  permis,  il  im- 
porte certainement  d'examiner  toutes  les  conséquences  de  cette 
manière  de  voir.  Malheureusement  une  difficulté  bien  sérieuse 
se  présente  dès  le  début.  Comment,  en  effet,  se  faire  une  idée 
précise  d'un  corps  qui,  se  déplaçant  au  sein  de  l'éther  et 
traversé  par  conséquent  par  ce  milieu,  est  en  même  temps 
le  siège  d'un  courant  électrique  ou  d'un  phénomène  diélec- 
trique? Pour  surmonter  la  difficulté,  autant  qu'il  m'était  pos- 
sible, j'ai  cherché  à  ramener  tous  les  phénomènes  à  un  seul, 
le  plus  simple  de  tous,  et  qui  n'est  autre  chose  que  le 
mouvement  d'un  corps  électrisé.  On  verra  que,  sans  appro- 
fondir la  relation  entre  la  matière  pondérable  et  l'éther,  on 
peut  établir  un  système  d'équations  propres  à  décrire  ce  qui 
se  passe  dans  un  système  de  tels  corps.  Ces  équations  se 
prêtent  à  des  applications  très  variées  qui  feront  l'objet  des 
chapitres  suivants  ;  elles  nous  fourniront  une  déduction  théorique 
du  ^coefficient  d'entraînement"  que  Fresnel  introduisit  dans 
la  théorie  de  l'aberration.  Il  suffira,  dans  ces  applications, 
d'admettre  que  tous  les  corps  pondérables  contiennent  une 
multitude  de  petites  particules  à  charges  positives  ou  négatives 
et  que  les  phénomènes  électriques  sont  produits  par  le  dépla- 
cement  de   ces   particules.  Selon  cette  manière  de  voir,  une 


L4   THEORIE  ELECTROMAGNETIQUE   DE   MAXWELL.  71 

charge  électrique  est  constituée  par  un  excès  de  particules 
dont  les  charges  ont  un  signe  déterminé,  un  courant  électrique 
est  un  véritable  courant  de  ces  corpuscules  et  dans  les  isola- 
teurs pondérables  il  y  aura  „  déplacement  diélectrique"  dès 
que  les  particules  électrisées  qu'il  contient  sont  éloignées  de 
leurs  positions  d'équilibre. 

Ces  hypothèses  n'ont  rien  de  nouveau  en  ce  qui  concerne 
les  électrolytes  et  elles  offrent  même  une  certaine  analogie 
avec  les  idées  sur  les  conducteurs  métalliques  qui  avaient 
cours  dans  l'ancienne  théorie  de  l'électricité.  Des  atomes  des 
fluides  électriques  aux  corpuscules  chargés  la  distance  n'est 
pas  grande. 

On  voit  donc  que,  dans  la  nouvelle  forme  que  je  vais  lui 
donner,  la  théorie  de  Maxwell  se  rapproche  des  anciennes  idées. 
On  peut  même,  après  avoir  établi  les  formules  assez  simples 
qui  régissent  les  mouvements  des  particules  chargées,  faire 
abstraction  du  raisonnement  qui  y  a  conduit  et  regarder  ces 
formules  comme  exprimant  une  loi  fondamentale  comparable 
à  celles  de  Weber  et  de  Clausius.  Cependant,  ces  équations 
conservent  toujours  l'empreinte  des  principes  de  Maxwell, 
Weber  et  Clausius  regardaient  les  forces  qui  s'exercent  entre 
deux  atomes  d'électricité  comme  déterminées  par  la  position 
relative,  les  vitesses  et  les  accélérations  que  présentent  ces 
atomes  au  moment  pour  lequel  on  veut  considérer  leur  action. 
Les  formules,  au  contraire,  auxquelles  nous  parviendrons  ex- 
priment d'une  part  quels  changements  d'état  sont  provoqués 
dans  l'éther  par  la  présence  et  le  mouvement  de  corpuscules 
électrisés;  d'autre  part,  elles  font  connaître  la  force  avec  la- 
quelle l'éther  agit  sur  l'une  quelconque  de  ces  particules.  Si 
cette  force  dépend  du  mouvement  des  autres  particules,  c'est 
que  ce  mouvement  a  modifié  l'état  de  l'éther;  aussi  la  valeur 
de  la  force,  à  un  certain  moment,  n'est-elle  pas  déterminée  par 
les  vitesses  et  les  accélérations  que  les  petits  corps  possèdent 
à  ce  même  instant;  elle  dérive  plutôt  des  mouvements  qui 
ont  déjà  eu  lieu.  En  termes  généraux,  on  peut  dire  que  les 


72  H.   A.   LORBNTZ. 

phénomènes  excités  dans  Téther  par  le  mouvement  d'une 
particule  électrisée  se  propagent  avec  une  vitesse  égale  à  celle 
de  la  lumière.  On  revient  donc  à  une  idée  que  Oatbss  énonça 
déjà  en  1845  et  suivant  laquelle  les  actions  électrodynamiques 
demanderaient  un  certain  temps  pour  se  propager  de  la  particule 
agissante  à  la  particule  qui  en  subit  les  effets. 


Hypothèses  fondamentales. 

§  75.  a.  Les  particules  chargées  seront  regardées  comme 
(tétant  de  la  , matière  pondérable"  à  laquelle  des  forces  peuvent 
être  appliquées  ;  cependant,  je  supposerai  que  dans  tout  l'espace 
occupé  par  une  particule  se  trouve  aussi  Téther,  et  même  qu'un 
déplacement  diélectrique  et  une  force  magnétique,  produits  par 
une  cause  extérieure,  peuvent  exister  dans  cet  espace  comme 
si  la  ^matière  pondérable"  n'y  existait  pas.  Cette  dernière  est 
donc  considérée  comme  parfaitement  perméable  à  ces  actions. 

6.  Je  désignerai  par  f,  g  et  h  les  composantes  du  déplace- 
ment diélectrique  dans  Téther,  et  je  prendrai  (§  49)  pour  l'é- 
nergie potentielle  du  système  la  valeur 


2nV^j(P+g^+h^)dr, 


V  étant  la  vitesse  de  la  lumière  dans  l'éther.  Dans  tous  les 
points  extérieurs  aux  particules  on  aura 

^f       ^9      ^h      ^          • 
r^-hr^H-^=0, (50) 

mais   je    suppose   (§  43)  qu'à  l'intérieur  d'une  particule  cette 
équation  doit  être  remplacée  par 

^/      ^9       ^^ 

où    Q  désigne  quelque  quantité  propre  au  point  considéré  de 

-^   la  particule  et  à  laquelle  il  nous  est  impossible  de  rien  changer. 

Cette  quantité  q  sera  appelée  la  densité  de  la  charge  électrique. 


LA   THEORIE   ÉLECTROMAGNÉTIQUE   DE   MAXWELL.  73 

Pour  simplifieï»  les  calculs,  cette  densité  sera  regardée  comme 
une  fonction  continue  des  coordonnées;  on  supposera  donc 
que  la  valeur  de  ç,  0  à  l'extérieur  d'une  particule  et  positive 
ou  négative  à  l'intérieur,  ne  présente  pas  une  transition  brusque  j^ 
à  la  surface.  Cette  dernière  hypothèse  nous  donne  le  droit  de 
regarder  comme  continues  toutes  les  variables  qui  dépendent 
des  coordonnées. 

Du  reste,  x,  y  et  z  désigneront  les  coordonnées  d'un  point 
immobile  dans  l'espace.  En  général,  toutes  les  quantités  vari- 
ables seront  des  fonctions  de  x,  y,  z  et  du  temps  t, 

c.  Les  particules  se  comporteront  comme  des  corps  rigides  ;  v 
elles  ne  pourront  donc  avoir  d'autre  mouvement  qu'une 
translation  et  une  rotation.  Dans  ce  mouvement,  chaque  point 
d'une  particule  conservera  la  même  valeur  de  q.  Les  valeurs 
d®  Si  9  ^^  ^  dans  l'éther,  lui-même  immobile,  doivent  changer 
de  telle  façon  que  ce  soit  chaque  fois  dans  un  nouveau  point 
de  l'espace  qu'il  est  satisfait  à  l'équation  (51). 

d.  Je  désignerai  par  |,  17  et  C  les  composantes  de  la  vitesse 
d'un  point  d'une  particule  chargée,  et  je  supposerai  que  le 
^courant  électrique"  —  c'est-à-dire  le  vecteur  qui  donne  lieu 
à  une  énergie  cinétique  de  la  grandeur  à  indiquer  tantôt  — 
a  pour  composantes: 

«  =  ç|+g^,       V  =  çrl  +  f^,      «,  =  çÇ  +  _..(52), 

A  l'appui  de  cette  hypothèse,  que  j'ai  empruntée  à  M  Hertz^  v 
on  peut  rappeler  l'expérience  bien  connue  de  M.  Rowland,  dans 
laquelle  la  rotation  rapide  d'un  disque  chargé  a  produit  les 
mêmes  effets  électromagnétiques  qu'un  système  de  courants 
circulaires.  Elle  a  démontré  que  le  déplacement  d'un  corps 
chargé  constitue  un  vrai  courant  électrique,  ce  qui  d'ailleurs 
est  conforme  à  la  théorie  généralement  acceptée  de  l'élec- 
trolyse. 

Or,  on  mesure  toujours  les  composantes  d'un  courant  par 
les  quantités  d'électricité,  rapportées  à  l'unité  de  surface  et 
à  l'unité  de  temps,  qui  traversent  des  éléments  de  surface  per- 


74  H.   A.    LORENTZ. 

pendiculaires  aux  axes  des  coordonnées.  Si  donc  l'unité  de 
volume  d'un  corps  chargé,  animé  de  la  vitesse  (|,  17,  C),  con- 
tient la  quantité  d'électricité  ç,  les  composantes  du  courant 
seront  ç  J,  qij,  ç  C 

D'un  autre  côté,  on  admet  dans  la  théorie  de  Maxwell  que 
les  variations  du  déplacement  diélectrique  constituent  un  cou- 
rant aux  composantes  —,  -~t  — -  .  Les  équations  (52)  expri- 
ment donc  que  le  vecteur  dont  dépend  l'énergie  cinétique 
est  composé  des   deux  courants  dont  nous  venons  de  parler. 

Ce  «courant  total"  a  la  propriété  importante  que  la  distri- 
bution en  est  solénoïdale. 

En  efifet,  dans  le  mouvement  d'un  corps  rigide  on  a: 

'^  +  ^'  +  ^?  =  0, (53) 


dx         dy         dz       dt\dx      dy      ZzJ 


Oa;       D  2/       Zz 
et  par  conséquent: 

Z  n  0  t;  Z  w 
0  a;  Oy  Zz 
ou  bien,  en  vertu  de  la  formule  (51), 

ZU         Zv         dW  dç  dg  dç  dç 

d  X         dy  dz  dt  d  X         '  d  y  dz 

Ici  le  second  membre  représente  la  variation  par  unité  de 
temps  de  la  densité  électrique  dans  un  point  qui  se  déplace 
avec  la  particule;  l'expression  s'annule  donc  en  vertu  de 
r hypothèse  c. 

e.  Grâce  à  la  propriété  que  je  viens  de  démontrer,  on  peut 
admettre  que  la  relation  entre  le  courant  électrique  (n,  v,  w) 
et  l'énergie  cinétique  est  toujours  celle  que  nous  avons  appris 
à  connaître  dans  le  premier  chapitre.  Comme  il  s'agit  des 
phénomènes  dans  l'éther  il  n'y  a  pas  lieu  de  distinguer  la  force 
et  l'induction  magnétiques;  je  déterminerai  donc  la  force 
magnétique  (a,  |9,  y)  par  les  équations: 


*^ 


LA  THÉORIE  ELECTROMAGNETIQUE   DE   MAXWELL.  75 

dx       d  y  \  fjt  /  I 

r-4-T-^-i-:r^  =  0 (55) 

0  X        d  y        d  z 

et  j'attribuerai  à  Ténergie  cinétique  la  valeur: 

On  obtient  ces  formules  en  posant  az=z  a^  6=1^,  «  =  / 
dans  celles  des  paragraphes  9  et  10  ;  on  fera  les  mêmes  substi- 
tutions dans  les  équations  (14)  qui  servent  à  définir  les  fonctions 
auxiliaires  F,  G  et  H. 

f.  Enfin,  je  supposerai  que  la  position  de  chaque  point  qui  \' 
prend  part  aux  mouvements  électromagnétiques  est  déterminée 
dès  qu'on  connaît  la  position  de  toutes  les  particules  chargées 
du  système  et  les  valeurs  de  f,  g  Qt  h  dans  tous  les  points 
de  l'espace.  C'est  une  hypothèse  analogue  à  celle  que  j'ai 
discutée  au  chapitre  précédent  et  présentant  les  mêmes  dif- 
ficultés. 


Valeur  de  la  variation  ô'  T, 

§  76.  Cette  fois  encore,  j'aurai  recours  à  la  formule  générale 
(3)  pour  trouver  les  équations  du  mouvement.  Je  commence 
par  la  variation  5'  T. 

Désignons  par  x',  y',  z'  les  coordonnées  d'un  point  quelconque 
qui  prend  part  aux  mouvements  électromagnétiques,  et  par 
X,  y,  z    celles  d'un  point  quelconque  d'une  particule  chargée. 

Un  déplacement  virtuel  du  système  peut  évidemment  être 
défini  au  moyen  des  variations  5  x,  ô  y,  5  z  d'une  part  et  des 
variations  5/,  5  jr,  8  h  de  l'autre,  et  les  quantités  5  x',  5  y',  h  z' 
seront  des  fonctioU)S  linéaires  et  homogènes  de  toutes  les  va- 


^ 


76  H.    A.   LORENTZ. 

riations  5x,  5  y,  fîz,  5/,  Sjr,  5  ft,.  Les  coefficients  de  ces  der- 
nières quantités  seront  des  constantes  tant  qu'il  s'agit  d'une 
position  initiale  déterminée. 

En    remplaçant,    dans    les   fonctions    dont   il    vient   d'être 
question,    3x ,   5  y,   5  z,   5/,   h  g,   dh   par  x,  y,  J    (ou  |,  ly,  C), 

/,  g,  h,  on  aura  les  valeurs  de  x',  y',  z'   et,  en  y  remplaçant 

de  nouveau  J,  ly,  Ç,  /,  g,  h  par  5|,  3  ly,  5C,  5/,  S^r,  5  A,  on 
trouvera  les  variations  correspondantes  des  vitesses  x',  y',  z', 
la  configuration  étant  toujours  regardée  comme  constante.  Il 
en    résulte    que    si,  sans  rien  changer  à  la  configuration,  on 

donne  à  5,  17,  Ç,  /,  g,  h  les  accroissements  5  x,  5  y,  5  z,  5/, 
5  ^r,  5  /i;  les  vitesses  de  tous  les  points  du  système  subiront 
précisément  les  variations  dont  il  était  question  dans  la  dé- 
finition de  d'  T. 

•    •  •    •     • 

Or,  ces  variations  de  5,  v^  Ci  />  fft  ^   donnent  lieu  aux  va- 
riations suivantes  des  composantes  (52): 

Q  d\  -h  Sfy     Q  à  y  -i-  dg,      q  d  z  -\-  8  h^ 

et  on  aura  par  conséquent  (§  12): 

3'  T=j\  F{q  5x  -h  5/)  -h  g  {q  dy  -h  Sg)  -h  H(q8z  -h  dh)  jdr.(56) 


Equations  qui  déterminent  Vétat  de  Véther. 

§  77.  Considérons  d'abord  un  déplacement  virtuel  auquel 
les  particules  chargées  ne  participent  pas;  l'équation  (51)  im- 
pose alors  aux  variations  5  f ,  ô  g,  d  h  la  condition 

dôf      ddg      dôh      ^ 
d  X  d  y  0  z 

En  les  supposant  indépendantes  du  temps,  ce  qui  est  évi- 
demment permis,  on  aura: 

-dr=l\Jt^f'^-rt^^^ôj^V^'' 


LA  THÉORIR  ÉLECTROMAGNÉTIQUE   DE   MAXWELL.  77 

Par  un  raisonnement  tel  qu'il  a  été  employé  aux  paragra- 
phes 19  et  58,  on  démontre 

dT=0. 

Enfin,    le  travail  S  Ay  ou  la  diminution  de  l'énergie  poten- 
tielle, est  donné  par  la  formule 

dA=z  —  An  V^jifSf+gdg-hhdh)  dr. 

Il  faut  donc  que,  pour  toutes  les  valeurs  admissibles  de  8  /, 
8  g^  d  hy  on  ait  : 

—  An  V^fifSf'hgdg'j'hdh)dTZ=z 

Il   en  résulte  (§25)  que,  pour  toute  ligne  fermée  immobile 
dans  l'espace,  dont  un  élément  d  s  a  les  cosinus  directeurs  p,  g,  r, 

—  AnV^f  {pf'^qg'hrh)d8z=:  j-  {{p  F-^q  G-^rH)d8, 

et    cette  formule,  appliquée   à  des  cas  particuliers,  donne  les 
équations  suivantes: 

\oz         oy  J       0  t  \d  y         0  z / 
ou  bien,  en  vertu  des  formules  (14); 

^'^  ^    \dz       OyJ-dt'j 

4.r^(|A_£/V|^, (57) 

\d  y       d  X  /       <^t 
Si    le    mouvement    des  particules  chargées  est  donné  et  si 
Ton    connaît  en  outre  les  valeurs  de  f,  g,  h,  «,  /5,  /  pour  le 
temps   <  =  0,  ces  formules,  jointes  aux  équations  (50),  (51), 
(54)  et  (55),  déterminent  complètement  l'état  de  l'éther. 


.' 


78  H.   A.   LORENTZ. 

Action  de  Véther  sur  une  particule  chargée. 

§  78.  Le  système  des  forces  avec  lesquelles  l'éther  agit  sur 
une  particule  chargée  M  se  réduit  à  une  force  résultante  et 
à  un  couple.  Pour  déterminer  les  composantes  X,  T  et  Z  de 
la  force,  je  ferai  d'abord  remarquer  que,  dans  un  état  de 
mouvement  donné,  ces  composantes  ne  sauraient  dépendre 
de  la  masse  de  la  matière  pondérable  qui  constitue  les  par- 
ticules chargées.  Si  cette  masse  était  tout  à  fait  insensible, 
( — X,  — T,  — Z)  représenterait  la  force  extérieure  qu'il  faut 
appliquer  à  la  particule  pour  produire  le  mouvement  actuel. 
On  déterminera  donc  —  X,  —  T,  —  Z  au  moyen  de  la  for- 
mule (3)  en  supposant  que  la  valeur  de  T,  donnée  au  para- 
graphe 75,  représente  l'énergie  cinétique  totale. 

Pour  trouver  — X,  il  faut  considérer  un  déplacement  virtuel 
dans  lequel  la  particule  M  seule  éprouve  une  translation  d  x 
dans  la  direction  de  OX,  les  autres  particules  chargées  ne 
changeant  pas  de  place. 

Pour  que  cette  translation  soit  compatible  avec  la  condition 
(51),  il  faut  qu'elle  soit  accompagnée  d'uîie  variation  de  /,  g 
et  h.  Cette  variation  peut  être  choisie  d'une  infinité  de  ma- 
nières différentes,  mais  il  est  clair  qu'après  avoir  obtenu  les 
équations  (57)  on  peut  se  borner  à  une  seule  entre  toutes 
les  suppositions  admissibles.  Je  m'arrêterai  à  celle  qui  me 
semble  la  plus  simple. 

Dans    tout    l'espace    extérieur  à  la  particule  -M  je  poserai  : 
A    d  f=zd  gz=d  h:=0,  mais  à  l'intérieur  je  prendrai  : 

5  /  =  — Q  5  X,  dg=:Oy  dhz=0. 

Si  on  admet  ces  valeurs,  les  deux  membres  de  l'équation 
(51)  subiront  dans  un  point  fixe  de  l'espace  les  mêmes  vari- 
ations et  la  condition  sera  encore  remplie  après  le  déplacement. 

En  effet,  comme  5  x  a  pour  tous  les  points  de  la  particule  la 
même  valeur,  on  trouve  pour  l'accroissement  du  premier  membre 

0  X 


LA   THÉORIE   BLKCTROMAGNBTIQUB   DE  MAXWELL.  79 

ce  qui  est  précisément  la  variation  de  la  densité  q  dans  un 
point  {x,  y,  z)  de  Tespace,  si  elle  y  prend  la  valeur  qui  existait 
d'abord  au  point  {x  —  5  x,  y,  z). 

§  79.  Le  premier  membre  de  l'équation  (3)  pr^nd  mainte- 
nant la  valeur 

5^  =  — X5x-h47r  V^dx.JQfdr, 

l'intégrale  étant  étendue  à  l'espace  occupé  par  la  particule  M. 
La  formule  (56)  donne: 

5'T  =  0, 

et  on  n'a  donc  plus  qu'à  calculer  la  variation  S  T. 

Dans  ce  calcul,  je  supposerai  que  S  x  est  indépendant  du 
temps. 

§  80.  Pour  que  le  système  exécute  le  mouvement  varié,  il 
suflBt,  d'après  l'hypothèse  /  du  paragraphe  75,  qu'à  partir  de 
la  configuration  W/  (§  19),  on  donne  aux  particules  chargées 
les  positions  et  aux  Composantes  /,  g,  et  h  les  valeurs  qu'elles 
ont  dans  la  configuration  W^y  tout  ceci  ayant  lieu  pendant 
un  intervalle  dt. 

Voici,  en  quoi  ce  mouvement  varié  se  distingue  du  mou- 
vement réel: 

a.  Le  mouvement  des  particules,  à  l'exception  de  la  seule 
M,  n'a  subi  aucuir  changement. 

b.  La  vitesse  d'un  point  quelconque  de  la  particule  M  n'a 
changé  ni  en  grandeur  ni  en  direction,  mais  la  ligne  décrite 
par  ce  point  dans  le  mouvement  varié  n'est  pas  la  même  que 
celle  qu'il  suivait  dans  le  mouvement  réel.  On  obtient  la  pre- 
mière ligne  en  donnant  à  la  seconde  une  translation  d  x. 

Les  premiers  termes  q  ^^  q  y  et  q  1^  dans  les  expressions  (52) 
n'ont  donc  plus  pour  un  même  point  de  l'espace  les  mêmes 
valeurs  dans  les  deux  mouvements.  Leurs  variations  sont  : 

_?ie|l3,,     -^pls.,    _ ^J?i^5 X .  .  .  .  (58). 

d  X  d  X  d  X 

c.  Comme  les  variations   W^  ~>  W/  et   W^  — *►  W/  n'affec- 


80  .        H.   A.   LORENTZ. 

tent  pas  les  valeurs  de  g  et  de  h,  les  dérivées  g  ei  h  seront 
dans  le  mouvement  varié  ce  qu  elles  étaient  dans  le  mouve- 
ment réel. 

d.  Le  cas  est  différent  pour  /.    Si,    en  un  point  déterminé 
de  Tespace,  la  première  composante  du  déplacement  diélectrique 

a   la   valeur  /  dans  la  position   W, ,  la  valeur  sera/ -hfdt 

dans  la  position   W^ ,  /  se  rapportant  au  mouvement  réel. 
La  valeur  dans  la  configuration   W/  sera  (§  78) 

I-qSx (59) 

et  on  obtiendra  la  valeur  variée,  pour  le  moment  <  H-  d  <,  en 

ajoutant  à  f  -\-  fdt  ce  que  devient  —  q  5\  à  ce  moment  dans 
le  point  de  l'espace  considéré.  Il  est  clair  que  q  y  est  devenu  : 

^         \     dx         'dy  dz  ) 

et  la  variation  5  x  ne  change  pas  avec  le  temps.  On  peut 
donc  écrire  pour  la  valeur  de  /  dans  la  configuration   Wj': 

En  divisant  par  d  t  la  différence  des  expressions  (59)  et  (60) 
on  trouve  la  valeur  de  /  dans  le  mouvement  varié.  La  vari- 
ation de  /  devient 

ce  qui,  joint  aux  expressions  (58),  donne: 

i  d  X  \      dx  dy  dz  /) 

— dx      ^^ 


d  X  d  X  j 


LA  THÉORIE   ELECTROMAGNETIQUE   DE   MAXWELL.  81 

H  est  clair  que  c'est  seulement  dans  l'espace  occupé  par 
la  particule  M  qu'il  y  aura  des  variations  de  w,  vet^;  l'in- 
tégrale doit  donc  être  étendue  à  cet  espace. 

L'équation  peut  être  transformée  au  moyen  d'une  intégration 
partielle.  En  ayant  égard  aux  formules  (14)  et  (53)  et  à  la 
circonstance  que 

à  la   surface   de   la   particule,  on  arrive  à  la  formule  assez 
simple  : 

3r=3xL(iy;.  — Ç|î)dr. 

On  n'a  plus  qu'à  substituer  cette  valeur  et  celles  de  d^ 
et  y  T  (§  79)  dans  l'équation  (3).  Voici  les  valeurs  définitives 
des  composantes  de  la  force  cherchée: 

Z=4  7r  F»  LAdr+  L(liî  — ^«)  dr. 


(61). 


Moment  du  œuple  qui  agit  mr  une  particule  chargée.  ') 

§  81.  Je  considérerai  les  particules  comme  de  petites  sphères 
dans  lesquelles  la  densité  électrique  q  est  une  fonction  de  la 
distance  r  au  centre  et  je  choisirai  ce  dernier  pour  le  point 
d'application  de  la  force  (X,  Y>  Z)«  Quelles  sont  alors  les  com- 
posantes Ly  Jf,  N  du  couple  qui  provient  des  actions  exercées 
par  l'éther?  Pour  les  calculer,  j'aurai  recours  à  un  artifice, 
analogue  à  celui  qui  nous  a  servi  au  paragraphe  78.  Dans  le 
*  cas  où  la  masse  de  la  particule  M  peut  être  négligée,  —  L, 
—  J/,  —  N  doivent  être  les  composantes  du  couple  qui  dérive 
des   forces    extérieures,   et  si   on  prend  pour  le  déplacement 

^)  On  peut  comprendre  toutes  les  applications  de  la  théorie  sans  avoir 
lu  les  paragraphes  81—89. 

6 


82  H.   A.    LORBNTZ. 

virtuel  une  rotation  infiniment  petite  œ  autour  d'un  axe  pas- 
sant par  le  centre  et  parallèle  à  OX,  le  travail  de  ces  forces 
sera 

—  L  (û. 
Comme   la   densité  q  dans  un  point  déterminé  de  Tespace 
n'est   pas   changée  par   la  rotation,  on  peut  supposer  que  le 
déplacement  virtuel  n'atteint  pas  les  valeurs  de  /,  g  et  A.  On 
aura  donc 

(î  ^  rr  —  Z/  o), 
et  en  considérant  œ  comme  indépendant  du  temps  on  s'assure 
facilement  que 

Reste  à  calculer  8'  T.  Si  x,  y  et  ?.  sont  les  coordonnées 
d'un  point  de  la  particule  M,  prises  par  rapport  au  centre,  on 
aura 

()  X  :=  0,     S  y  ^  —  (a  z,     8  z  r=  -|-  w  y, 

et,  par  la  formule  (56), 

d'  T=œJQ{Hy  —  G',)dT. 

On  finira  par  trouver  pour  les  composantes  du  couple  : 

L=^|ç(G^-fiy)dr,  ; 

Mz=-^fQ{H^-F7.)drJ (62) 

où  les  intégrales  doivent  de  nouveau  être  étendues  à  l'espace 
occupé  par  la  particule  considérée. 


Vitesse  de  rotation  d'une  particule, 

§  82.  Soient:  m  la  masse  d'une  particule,  l  son  rayon 
d'inertie  par  rapport  à  un  axe  passant  par  le  centre,  ^:r,  Oy,  ^« 
les  vitesses  de  rotation  autour  de  trois  axes  qui  sont  parallèles 


i 


>■■•. 


1 


LA   THEORIE   éLECTROMAGNéTIQUK   DE   MAXWELL.  8^ 

à  0  Xy  0  F  et  0  Z.    Supposons  que  les  forces  extérieures  ne 
donnent  pas  lieu  à  un  couple.  Alors  on  aura 

d'où  Ton  tire: 

ùx  =  ;^^  \  Q  {Gz  —  Hy)  d  T.  etc (63). 

Il  n'est  pas  nécessaire  d'ajouter  des  constantes,  si  on  admet, 
comme  cela  est  bien  naturel,  qu'antérieurement  aux  mouve- 
ments que  nous  étudions,  le  système  a  été  à  l'état  de  repos 
sans  qu'il  y  eût  des  courants  électriques.  Alors,  dans  cet  état 
initial,  les  quantités  F,  6?,  H,  0-^,  0-^,  lO-^.  ont  toutes  été  0. 

§  83.  Pour  transformer  les  intégrales,  je  désigne  par  r  la 
distance  du  centre  au  point  (x.  y,  z),  par  R  le  rayon  de  la  parti- 
cule, et  je  définis  une  fonction  auxiliaire  ^  au  moyen  de  la 
formule  : 

X  =  I    Qvdr, 

En  introduisant  cette  fonction,  qui  dépend  de  r  seulement, 
on  trouve: 


'>'  =  :i^h{0'-H,)dr  = 


ou  bien,  en  intégrant  par  parties  et  en  se  rappelant  que,  pour 

\     f     /dG        ^  H\'j  If^ 

mPj*'\dz  dy  J  mP  J  '' 

Si,  dans  toute  l'étendue  de  la  particule,  la  densité  ^  a  le 
même  signe,  il  en  sera  de  même  de  la  fonction  %  et  on  peut 
écrire,  en  représentant  par  «  une  certaine  valeur  moyenne, 

ou,  après  quelques  transformations, 

6* 


84  H.   A.   LOBEMTZ. 


4        «/•*., 


Si  Q  était  la  densité  de  la  matière  pondérable,  la  dernière 
intégrale  aurait  la  valeur 

OTT 

Maintenant  que  q  représente  la  densité  de  la  charge  élec- 
trique, on  aura  d'une  manière  analogue 

f^  3 

si  €  est  la  charge  totale  et  V  une  longueur  qui  est  déterminée 
par  la  distribution  de  la  charge,  tout  comme  l  est  déterminé 
par  celle  de  la  matière  pondérable.  On  arrive  ainsi  aux  for- 
mules 

Si  la  particule  ne  possédait  aucune  masse,  ces  équations 
exigeraient 

«  =  /f  =  F  =  0, 
c'est-à-dire   que    la   particule  tournerait  alors  si  vite  et  dans 
une   telle  direction  que  la  force  magnétique  moyenne  à  l'in- 
térieur  en    deviendrait    0. 

Cependant,  je  ne  négligerai  pas  la  masse;  je  lui  attribuerai 
même  une  telle  valeur  que  les  rotations  n'aient  pas  d'influence 
sensible. 


0-;,  =  — 


Injluence  des  rotations  sur  les  valeurs  des 
forces  I,  T  ^t  Z. 

§  84.  La  vitesse  (|,  17,  C)?  dont  les  composantes  entrent  dans 
les  derniers  termes  des  formules  (61)  peut  être  décomposée 
en  deux  parties,  la  première  étant  la  vitesse  (5o>  ^o>  ?o)  ^^ 
centre,  c'est-à-dire  la  vitesse  de  translation,  et  la  seconde,  que 


LA   THBORIE   ELECTROMAGNETIQUE    DE   MAXWELL.  85 


% 


je  représenterai  par  (J,,  17 ,,  C,)  étant  due  à  la  rotation.  Pa- 
reillement, on  peut  distinguer  dans  la  force  magnétique  totale 
H  ou  (a,  p,  y):  V,  la  force  magnétique  Hq  qui  existerait  si 
la  particule  considérée  était  en  repos,  2°.  celle  (H,)  qui  est 
due  à  la  translation  dont  elle  est  animée,  et  3°.  celle  (H  2) 
qui  est  causée  par  la  rotation. 

Ces  divisions  conduisent  à  regarder  X,  T  et  Z  comme  com- 
posés de  plusieurs  parties,  que  nous  allons  considérer  succes- 
sivement. 

§  85.  Si,  d'abord,  on  se  borne  à  la  force  magnétique  Ho,et 
si  Ton  suppose  qu'elle  a  la  même  valeur  et  la  même  direc- 
tion dans  tous  les  points  de  la  particule,  ce  qui  est  évidem- 
ment permis  quand  cette  dernière  est  suffisamment  petite,  on 
est  amené  à  des  intégrales  telles  que 

j  Qvro^^^=ro  j  q{vo  +  Vi)^T^>  ©te. 

Elles  peuvent  être  remplacées  par 

les  intégrales  j  qtj^  dr,  etc.  s'évanouissant,  parce  que  la  dis- 
tribution de  la  densité  q  est  symétrique  autour  du  centre. 

Tant  qu'il  s'agit  de  H©  seulement,  on  peut  donc  faire  ab- 
straction de  la  rotation;  et  si  ^  est  la  partie  de  la  force 
(ï,  T>  Z)  qui  correspond  à  Hq,  on  aura  évidemment  (§6,  ^): 

îÇ(=)H.ev, (65) 

V  étant  la  vitesse  de  translation. 

§  86.  A  cette  force  ^  il  faut  ajouter: 

1®  une  force  ^^  qu'on  obtient  en  combinant,  de  la  manière 
qui  est  indiquée  dans  les  formules  (61),  la  force  magnétique 
H,  et  la  vitesse  v  ou  (lo,  ly^^,  Çq); 

2®  une  force  ^"  qui  résulte  de  la  combinaison  de  H  j  avec 

(£11  Vi3  Cl); 


86  H.    A.    LORBNTZ. 

3^  la   force   |^<"   qui  dépend  en  même  temps  de  H ,  et  de 
4?  la   force  ^'^  qui  est  déterminée  par  H,  et  (|,,  ly,,  Ç,). 

Cependant,  nous  n'aurons  pas  à  nous  occuper  de  ^',  parce 
que  c'est  l'eflfet  d'une  rotation  que  nous  désirons  connaître. 

Pour  simplifier  encore  davantage,  je  n'essayerai  pas  de 
déterminer  rigoureusement  ^",  ^°',  ^^;  cela  exigerait  des 
calculs  bien  laborieux,  parce  que  H ,  et  H  ^  dépendent,  non 
seulement  du  mouvement  actuel  de  la  particule,  mais  aussi 
de  sa  translation  et  de  sa  rotation  antérieures.  Je  prendrai 
pour  H ,  et  H  2  les  valeurs  que  ces  forces  magnétiques  au- 
raient si  la  particule  était  animée  d'une  translation  ou  d'une 
rotation  constante;  il  semble  qu'on  peut  ainsi  obtenir  une 
idée  suffisante  de  l'ordre  de  grandeur  des  quantités  cherchées. 

Or,  après  avoir  introduit  cette  simplification,  on  peut  dé- 
montrer que,  pour  des  raisons  de  symétrie  qu'il  semble  super- 
flu de  spécifier,  ^^"^  ==  0.  Il  nous  reste  donc  à  évaluer  ^"  et  ^™. 

§  87.  Considérons  une  particule  qui  est  animée  d'une 
vitesse  de  translation  v,  le  centre  décrivant  une  ligne  droite, 
et  construisons,  à  l'intérieur,  un  cercle  de  rayon  r,  dont  l'axe 
coïncide  avec  cette  ligne.  Ce  cercle  indiquera  la  direction  de 
H ,  et  sera,  en  même  temps,  le  lieu  géométrique  des  points  où  ce 
vecteur  a  une  valeur  déterminée.  Or,  en  se  rappelant  la  pro- 
priété fondamentale  de  la  force  magnétique  (§  9,  2)  et  en 
ayant  égard  à  ce  que  le  courant  qui  détermine  H ,  est  du  même 

ordre   de    grandeur  que  o  v,  ou  que    j   —pï»  ^  étant  le  rayon 

de  la  p^rrticule,  on  trouve 


OU 


H.(=)-i^ 


LA   THEORIE   ÉLECTROMAGNÉTIQUE   DE   MAXWELL.  87 

Lorsque,  en  second  lieu,  la  particule  tourne  autour  d'un  dia- 
mètre avec  une  vitesse  angulaire  0*,  elle  peut  être  divisée  en 
un  système  d'anneaux  à  sections  infiniment  petites,  qui  ont 
tous  pour  axe  ce  diamètre.  Si  Tun  quelconque  de  ces  anneaux 
a  le  rayon  r  et  la  section  d<y,  il  y  existera  un  courant  dont 
rintensité  i,  prise  dans  le  sens  ordinaire  du  mot,  est  du  même 
ordre  de  grandeur  que  le  produit  q  &rda.  Un  tel  courant 
annulaire   produit,   comme    on    sait,    à  son  centre  une  force 

2  TT  i 

magnétique (=)  2  tt  ^  ^  d  (y.  La  force  magnétique  qu'il  fait 

T 

naître  au  centre  de  la  sphère  est  du  même  ordre  ;  on  trouve 
donc,  en  intégrant  sur  la  demi-surface  d'un  grand  cercle, 

3   ned' 


H,(=)2.r^|^d(T(=)| 


R 
ou  bien 

H.  (=)  ^, 

équation  qu'on  peut  aussi  appliquer  aux  autres  points  de  la 
particule,  précisément  parce  qu'il  ne  s'agit  que  de  l'ordre  de 
grandeur  de  H.^. 

§  88.  Si  on  porte  dans  les  formules  (61)  les  valeurs  de 
H,  et  Hj,  en  ayant  égard  à  ce  que  la  vitesse  (|,,  ly,,  C,) 
est  de  l'ordre  ^jR,  on  trouve: 

^  (=)  gf."  (=)  '-^, 

OÙ  l'on  peut  substituer  la  valeur  de  0^  qui  est  donnée  par  les 
équations  (64).  Or,  dans  ces  dernières,  V  et  l  sont  des  lon- 
gueurs du  même  ordre,  et  la  force  magnétique  («,  ^^  7)  sera 
plus  petite  que  la  force  magnétique  H  o ,  parce  que  la  rotation 
de  la  particule  tend  à  diminuer  la  force  magnétique  à  l'inté- 
rieur   (§    83).    On  exagérera  donc  les  forces  ^«  et  ^"'  si  on 

écrit 

'   m 
et 


88  H.    A.    LORBNTZ. 


3   V 


La  comparaison  de  ce  résultat  avec  la  valeur  (66)  donDe: 


^  (=)  V  (=) 


e 


2 


Il  en  résulte  qu'on  pourra  négliger  ^"  et  ^^i^  en  d'autres 
termes,  qu'on  pourra  faire  abstraction  de  la  rotation,  si 


<5» 


wi  R 


est  une  fraction  très  petite. 

§  89.  Soit  a  la  densité  de  la  matière  pondérable  qui  con- 
stitue une  particule;  alors  on  aura: 

e^    e^  m  . t^ 

Si  la  particule  chargée  était  un  atome  d'une  des  parties  compo- 
santes d'un  électrolyte,  —  ne  serait  autre  chose  que  l'équiva- 
lent électrochimique  de  cette  composante,  exprimé  en  unités 
électromagnétiques.  En  choisissant  comme  unités  fondamen- 
tales le  centimètre,  le  gramme  et  la  seconde,  on  a  pour 
l'hydrogène  : 

^=10-* 

e 

et  pour  tous  les  autres  corps  une  valeur  plus  grande. 

Supposons    que    a    ne    surpasse    pas    le    nombre    100  ; 

^2  ^2 

pour  que  — ^  ou    —^aB^  soit  une  petite  fraction,  il  suffira 

alors  que    jB  soit  beaucoup  plus  petit  que    — —  =  0,00001 

centimètre.  C'est  ce  que  tout  le  monde  admettra. 

Quant  aux  particules  chargées  qui  se  trouvent  dans  les 
métaux  et  dans  les  corps  non- conducteurs,  je  me  bornerai  à 


LA   THÉORIE   ÉLECTROMAGNÉTIQUE   DE  MAXWELL.  89 

remarquer   que,  pour  des  valeurs  déterminées  de  —  et  de  a, 
on  pourra  rendre  Texpression 

aussi  petite  que  l'on  voudra,  par  une  supposition  convenable 
sur   la   longueur   de   R. 


RécapUulation  des  formules  les  plus  importantes. 

§  90.  Je  suis  bien  éloigné  de  vouloir  attacher  trop  d'im- 
portance aux  considérations  précédentes.  Elles  n'avaient 
d'autre  but  que  de  rendre  plus  acceptable  l'hypothèse  que 
voici,  dont  je  me  servirai  dans  tout  ce  qui  suit  : 

Les  particules  chargées  dont  le  déplacement  donne  lieu  aux 
phénomènes  électriques  ne  peuvent  pas  tourner  autour  de 
leur  centre  et,  pour  en  déterminer  le  mouvement  de  trans- 
lation, il  suffit  d'employer  les  équations  (61),  qui  peuvent  être 
mises  sous  la  forme  suivante: 

J=:47rF^|ç(7dr+ç|^adr- j|^/dr,     ■    .   .  (I) 

Z  =  4  TT  F»  Jç /i  dr -h  J  J ^  jî  d  T  — 17  J  ç  a d  T. 

A  ces  formules  il  faut  joindre  les  équations  qui  déterminent 
l'état  de  Téther  et  qu'il  sera  utile  de  récapituler  ici: 

3/      ^g      ^h 

0«      Djî      D^^       (IH) 

d  X        dy        d  Z  ^       ' 


90  H.    A.   LORENTZ. 


dy 

d  a       d  y 

d  Z  d  X 

d  X 


=  4^(e^  +  ;^^),  j (IV) 

\dz      dy)     dt  '   I 

\dy  d  xj        dt 

§  91.  Dans  le  chemin  qui  nous  a  conduit  à  ces  équations 
nous  avons  rencontré  plus  d'une  difficulté  sérieuse,  et  on  sera 
probablement  peu  satisfait  d'une  théorie  qui,  loin  de  dévoiler 
le  mécanisme  des  phénomènes,  nous  laisse  tout  au  plus 
l'espoir  de  le  découvrir  un  jour.  Les  physiciens  qui  éprou- 
vent ce  sentiment  peuvent  toutefois  admettre  l'idée  fonda- 
mentale qui  a  été  la  base  des  recherches  de  Faraday 
et  de  Maxwell,  et  ils  peuvent  considérer  les  formules 
(I)  —  (V)  comme  des  équations  hypothétiques  assez  simples 
qui  pourraient  servir  à  la  description  des  phénomènes.  J'ose 
même  dire  que  si  l'on  n'avait  en  vue  autre  chose  que 
cette  description,  sans  vouloir  tenter  une  explication  mécanique, 
il  se  pourrait  que  le  choix  tombât  précisément  sur  ces  équa- 
tions que  nous  avons  appris  à  connaître.  Dès  qu'on  a  renoncé 
à  l'idée  d'une  action  des  corps  où  le  milieu  interposé  n'inter- 
vient pas,  il  faudra  décrire  ce  qui  se  passe  dans  un  système 
de  particules  chargées  à  l'aide  de  deux  systèmes  d'équations, 
relatives,  les  unes  à  l'état  de  l'éther  et  les  autres  à  la  réaction 
de  ce  milieu  sur  les  particules. 

Tant  que,  dans  le  champ  que  l'on  considère,  il  ne  se  trouve 
aucun  corps  chargé,  les  formules  données  par  M.  Hertz  dans 
son  premier  mémoire  sont  bien  les  plus  simples  qu'on  puisse 


LA  THÉORIE   ELECTROMAGNETIQUE   DE   MAXWELL.  91 

admettre  pour  exprimer  Tétat  de  Téther,  et  si  Ton  veut  éta- 
blir un  système  d'équations  pouvant  servir  à  Tétude  d'un 
système  de  particules  chargées,  il  est  naturel  de  se  borner  à 
des  modifications  dont  on  reconnaît  immédiatement  la  néces- 
sité. Or,  on  obtient  les  formules  (II)  —  (V)  en  remplaçant 
dans  celles  de  M.  Hertz  l'équation 

3/  ^9  ^f^  A 

d  X       cy       0  z 


par 


0/      dj     djk_ 

dx  '^  dy  '^  dz  ~^ 


et  en  substituant  (§  75,  d)  dans  les  équations: 

~ —  —  X—  =r  4  TT  ifc,  etc. 
d  y       d  z 

Dans  le  chapitre  suivant  on  verra  que  les  équations  (I)  s'ob- 
tiennent également  par  des  considérations  bien  simples. 

Si,  du  reste,  ces  équations  sont  établies  à  titre  d'hypothèses, 
on  y  peut  ajouter  la  supposition  que  les  particules  chargées 
ne  sont  jamais  sujettes  à  un  mouvement  rotatoire. 

§  92.  Le  physicien  qui  voudrait  admettre  les  équations 
(I)  —  (V)  sans  les  déduire  des  principes  de  la  mécanique, 
serait  obligé  de  justifier  son  choix  en  démontrant  que  ces 
équations  sont  compatibles  avec  la  loi  de  la  conservation  de 
l'énergie.  Voici  comment  on  le  vérifie. 

Soient:  m  la  masse  d'une  particule  chargée,  X',  T',  Z'  les 
composantes  de  la  force  extérieure  à  laquelle  elle  est  soumise. 
Alors 

X'^X'  =  mi     Y  +  T=mi3,    Z-hZ'  =  ml  ..(66). 

Il  faut  que  le  travail  des  forces  extérieures  par  unité  de 
temps,  c'est  à  dire  l'expression 


+ 


92  H.    A.    LOKBNTZ. 

soit  égal  à  -jj,   U  étant  une  fonction  qui  est  déterminée  par 

rétat    du  système.  Or,  en  employant  les  formules  (I)  et  (66), 
on  trouve  d'abord 

^IggdT  -h  1^  iQhdr   j  = 

Dans  la  dernière  intégrale,  qui  doit  être  étendue  à  l'espace 
infini,  on  peut  substituer  les  valeurs  de  ^  J,  ^  17,  q^  qu'on  tire 
des  équations  (IV);  ensuite,  on  peut  intégrer  par  parties  et 
employer  les  équations  (V).  En  fin  de  compte: 

si  on  pose: 

C'est  la  valeur  de  Ténergie  du  système.  Le  premier  terme 
n'est  autre  chose  que  l'énergie  cinétique  que  les  particules 
possèdent  en  vertu  de  leurs  masses.  Les  deux  autres  termes 
ont  la  forme  que  nous  connaissons  déjà.  Seulement,  du  point 
de  vue  où  nous  nous  sommes  placés  maintenant,  il  n'est  pas 
nécessaire  de  regarder  comme  potentielle  l'énergie 

et  comme  cinétique  l'énergie 


LA   THÉORIE   éLECTROMAGNÉTIQUE   DE   MAXWELL.  93 

CHAPITRE  V. 
Applications  de  la  théorie  précédente. 

Electrostatique. 

§  93.  Supposons  que  toutes  les  particules  chargées  se  trou- 
vent en  repos  et  que  dans  Téther  il  n'y  ait  aucun  courant 
de  déplacement.  Alors  les  formules  (III)  et  (IV)  donnent 

et  les  formules  (V)  deviennent: 

dz  d  y  d  X  d  Z  dy  d  X 

H  faut  donc  que  f,  g  et  h  soient  les  dérivées  partielles  d'une 
même  fonction.  En  désignant  celle-ci  par 

n_ 

on  aura  en  vertu  de  la  relation  (II) 

Après  avoir  déterminé  £2  à  Taide  de  cette  formule,  on  trouve 

ï=-''/«'^*"  î=-''/'w''''  z=-''A^^'- 

Ce  sont  les  équations  dont  se  servirait  l'ancienne  électro- 
statique pour  calculer  la  force  qui  agit  sur  une  particule 
chargée;  seulement,  dans  cette  théorie,  les  formules  reposeraient 
sur  l'hypothèse  que  deux  quantités  dq  et  dq'  d'électricité, 
situées  à  ime  distance  r  l'une  de  l'autre,  se  repoussent  avec 

une  force: 

y^dq_d£ 


r^ 


Évidemment,  le  facteur  F  doit  être  le  rapport  entre  les 
unités  électromagnétique  et  électrostatique  de  l'électricité .  On 
sait,  en  effet,  que  ce  rapport  est  exprimé  par  le  même  nombre 
que  la  vitesse  de  la  lumière  dans  l'éther. 


94  H.    A.    LORBNTZ. 

§  94.  D'après  ce  qui  précède,  notre  théorie  exige  que  deux  par- 
ticules immobiles  aux  chargescete',  dont  les  dimensions  sont  beau- 
coup plus  petites  que  la  distance  r,  se  repoussent  avec  une  force 

«6' 


V^ 


r' 


un  signe  négatif  de  cette  expression  indiquant  une  attraction. 

Si  donc  on  admet  que  les  corps  pondérables  contiennent 
une  multitude  de  petites  particules  chargées,  que  dans  les 
conducteurs  ces  particules  peuvent  se  mouvoir  librement  et 
qu'une  charge  électrique  est  constituée  par  un  excès  de  par- 
ticules positives  ou  négatives,  on  peut  donner  à  la  théorie 
de  l'équilibre  électrique  une  telle  forme  qu'elle  ne  se  dis- 
tingue guère  de  la  théorie  ancienne.  Seulement,  on  ne  par- 
lera pas  de  particules  d'électricité,  mais  de  particules  chargées, 
et  on  se  souviendra  toujours  que  les  forces  mutuelles  sont 
causées  par  une  modification  dans  l'état  de  l'éther. 

Dans  cette  électrostatique  ramenée  à  la  forme  ancienne,  on 
définira  le  potentiel  par  la  formule: 

r 

et  on  aura  pour  les  composantes  de  la  force  qui  agit  sur  une 
des  particules: 

_Fe^,     -Fe^,     -Ve^^. 

Remarquons  que  ce  potentiel  est  intimement  lié  à  la  fonction  £î 
que  j'ai  introduite  dans  le  paragraphe  précédent.  Cette  fonction 
peut  évidemment  être  décomposée  en  un  grand  nombre  de 
parties  dont  chacune  est  due  à  une  seule  des  particules  char- 
gées. Si,  dans  le  calcul  de  i2,  on  exclut  la  partie  qui  dépend 
de  la  particule  pour  laquelle  on  veut  calculer  la  force,  la 
fonction  devient  identique  à  (jp. 


LA  THÉORIE  ÉLECTROMAGNÉTIQUE   DE   MAXWELL.  95 


Force  électrodynamique  agissant  sur  un  élément 

(Pun  circuit  linéaire, 

§  95.  Dans  l'étude  des  courants  électriques  qu'on  peut  ob- 
server par  les  moyens  ordinaires,  il  ne  faut  pas  perdre  de 
vue  que  la  plus  petite  partie  d'un  conducteur  sur  laquelle  on 
puisse  opérer  contient  toujours  une  multitude  énorme  de 
particules  chargées;  on  peut  même  concevoir  une  partie  de 
l'espace  qui  satisfait  à  cette  dernière  condition  et  qui  peut 
néanmoins  être  regardée  comme  infiniment  petite  dans  une 
théorie  ayant  pour  objet,  non  pas  le  mouvement  des  parti- 
cules individuelles,  mais  les  effets  d'ensemble  qui  sont  acces- 
sibles à  nos  sens.  Un  tel  élément  de  volume  sera  représenté 
par  Dr,  pour  le  distinguer  d'un  élément  dr  qui  est  infini- 
ment petit  dans  le  sens  mathématique  et  peut  par  conséquent 
trouver  place  même  à  l'intérieur  d'une  seule  particule. 

Or,  il  est  clair  qu'en  suivant  une  ligne  droite  de  petite 
longueur,  tirée  dans  un  conducteur,  on  rencontrera  en  succes- 
sion rapide  des  valeurs  très  différentes  des  fonctions  /,  g,  h, 
Uy  v,  w,  a,  I?,  /,  la  droite  se  trouvant  tantôt  dans  le  voisinage 
immédiat  ou  rdême  à  l'intérieur  d'une  particule  chargée  et 
tantôt  à  une  distance  plus  grande.  Cependant,  ces  variations  ra- 
pides n'ont  aucune  influence  sur  les  phénomènes  considérés  ; 
ce  qu'on  peut  observer  dépend  uniquement  des  valeurs  moy- 
ennes, qu'on  peut  définir  de  la  manière  suivante  : 

Si  l'on  conçoit  un  élément  sphérique  D  r  ayant  pour  centre 
un  point   quelconque  P,  et  qu'on  prenne  la  valeur  moyenne 

xp  qu'une  fonction  ip  présente  à  l'intérieur  de  D  v,  cette  valeur 
yi  sera  nommée  la  valeur  moyenne  au  point  P. 
Evidemment,  on  aura 


tp=-p^|vidr, 


l'intégration  s'étendant  à  la  sphère  Dr.  Le  résultat  sera  une 


96  H.   A.   LORBNTZ. 

fonction   de   t  et  des  coordonnées  x,  y^  z  du  point  P,  et  on 
démontre  facilement  les  relations  suivantes: 


d  Xff        Dl//       d  Ip d  \ff        d  \p  ^^d  %p        d  %p d  tp 

'Ô7~'ÔT'    d~x~d^'     dy       d~y'     dz        ÔT 
n  en  résulte  que  les  équations 

d  X         d  y         d  z 
dy        d  Z  '    dz         dx  ' 

d  S       D  «         . 

r-^  — T—  =  47riy 

Oa?       cy 

auront  toujours  lieu,  si  Ton  entend  par  a,  |î,  /,  tt,  v  et  to  les 
valeurs  moyennes. 

Il  est  clair  du  reste  que 

si  la  fonction  '^  ne  présente  pas  de  variations  rapides  à  l'in- 
térieur de  l'élément  Dr. 

§  96.  La  valeur  moyenne  de  u  (§  75,  d)  est: 

Si  le  mouvement  des  particules  chargées  est  stationnaire, 
j/dr  ne  change  pas  avec  le  temps  et  le  dernier  terme  s'an- 
nule. D'un  autre  côté,  l'intégrale 

Q^dr 

peut  être  remplacée  par 

-2:61, 

€  étant  la  charge  d'une  particule,  et  la  somme  étant  étendue 
à  toutes  les  particules  de  l'élément  Dr. 
On  trouve  donc: 


u 


I 


-       -Sel         -      -Tciy       -       -SeC  .^o. 


>  _  >  > 


LA    THEORIE    ELECTROMAGNETIQUE    DE    MAXWELL.  97 

Ces  expressions  peuvent  être  interprétées  de  différentes  ma- 
nières. D'abord,  on  peut  écrire:  2;6|  =  ^,  |,  -h  J£^,  J2»  ®tc., 
en  représentant  par  E,  la  somme  de  toutes  les  charges  posi- 
tives, par  E,^  celle  des  charges  négatives  et  par  |,  et  I2  ^^s 
vitesses  moyennes  des  particules  positives  et  négatives.  En 
second  lieu,  on  peut  considérer  un  élément  de  surface  per- 
pendiculaire   à    0  X,  et  comparable  quant  aux  dimensions  à 

Dt,  La  composante  u  sera  égale  à  la  somme  des  charges 
que  possèdent  les  particules  qui  traversent  cet  élément,  cette 
somme  étant  rapportée  à  Tunité  de  surface  et  à  l'unité  de  temps. 

En  prenant  pour  w,  v,  w  les  valeurs  (68)  on  déterminera 
par  les  formules  (67)  la  force  magnétique  produite  par  un 
courant  stationnaire. 

§  97.  Concevons  un  champ  magnétique  quelconque  et  dans 
ce  champ  un  circuit  linéaire  fermé  s.  Tant  que  les  particules 
chargées  contenues  dans  ce  conducteur  se  trouvent  en  repos, 
les  composantes  a,  /î,  /  auront  partout  les  valeurs  qui  corres- 
pondent au  champ  magnétique  donné  ;  d'ailleurs,  si  ces  valeurs 
sont  constantes,  on  peut  supposer /  =  grz=:  A  =  0. 

Si  maintenant  on  établit  dans  le  circuit  un  courant  élec- 
trique î,  rétat  de  Téther  et  les  valeurs  de  a,  |5,  /  en  seront 
changés,  mais  on  peut  faire  abstraction  de  ce  changement 
dans  le  calcul  suivant,  qui  doit  faire  connaître  la  force  agis- 
sant sur  un  élément  de  la  longueur  D  s  '  )>  ^^  *^^*  qu'elle  dépend 
de  l'état  de  l'éther  qui  existait  déjà. 

Remarquons  que  la  force  électrodynamique  cherchée  E  est  la 
résultante  des  forces  que  toutes  les  particules  chargées  de 
rélément  éprouvent  de  la  part  de  Téther.  Le  champ  magné- 
tique pouvant  être  considéré  comme  homogène  dans  l'étendue 
de  1)9,  les  équations  (I)  (§  90)  donnent: 

Zyzna  ZX,e  —  y  ^le, 
E;?  =  /î  2"  I  ^  —  «  2  7/  e. 

*)  La  lettre  D  indique  ici   la  même  chose  que  lorsqu'il  s'agissait  d'un 
élément  de  volume  Dr. 


98  H.   A.    LORENTZ. 

Les    sommes    doivent   être  étendues  à  toutes  les  particules 
qui    se  trouvent  à  Tintérieur  de  l'élément.  Je  représente  par 

CD  la  section  du  conducteur,    par  C  =r  ~  le  courant,  par  l,  m 

et  n  les  cosinus  directeurs  de  D  s. 
Alors,  des  équations  (68)  on  déduit: 

i:e^z=zu(oDs'=:lO(oD8'=liD8^ 

2!  et]  z=mi  D  Sy       2:el^=zniDs; 

donc  : 

Ea-  =  i  (m  /  —  n  p)  D  sA 

Ey  =  i{na—  l  r)DsA (69) 

Ez  =i{lfi  —  ma)  D  s.] 

Ce    sont    des   formules  bien  connues,  qui  s'accordent  avec 
les  expériences. 


Remarques  sur  les  formules  (I). 

§  98.  Si,  au  point  de  vue  où  nous  nous  sommes  placés  au 
paragraphe  91,  on  veut  faire  une  hypothèse  convenable  sur  la 
force  qu'une  particule  chargée  e  éprouve  de  la  part,  de  l'éther, 
il  est  tout  d'abord  probable  que  cette  force  se  composera  de 
deux  parties,  dont  l'une  sera  en  jeu  dans  les  cas  de  l'élec- 
trostatique, tandis  que  l'autre  provient  du  mouvement  de  la 
particule.  Les  deux  parties  doivent  dépendre  de  l'état  de  l'éther 
au  point  où  se  trouve  la  particule;  la  première  partie  sera 
donc  déterminée  par  le  déplacement  diélectrique.  Or,  lors- 
que toutes  les  particules  chargées  se  trouvent  en  repos,  les 
composantes  de  ce  déplacement,  en  tant  qu'il  est  produit 
par  toutes  les  pai-ticules,  à  l'exception  de  e,  sont  (§  §  93  et  94) 

._  1      ^<P    n  —  ^-— ^    h  — ^ ^ 

et  l'expérience  démontre  que  la  force  a  pour  composantes: 


> > . > 


LA   THEORIE  ELECTROMAGNETIQUE   DE   MAXWELL.  99 

_Fc-^,     -Veir^,     -Ve^,^, 

ce  qu'on  peut  mettre  sous  la  forme 

4  7rF^e/,     AnV^eg,    Ait  VU  h. 

Il  est  donc  naturel  d'admettre  que  dans  tous  les  cas  la 
première  partie  de  la  force  peut  être  représentée  par 

47r  V^  jçfdT,      47r  V^  (ggâr,     47r  F'  L^dr. 

Quant  aux  composantes  de  la  seconde  partie,  elles  doivent 
donner  lieu  à  la  force  déterminée  par  les  formules  (69);  la 
plus  simple  supposition  qu'on  puisse  faire  à  leur  égard  est 
exprimée  dans  les  derniers  termes  des  équations  (I). 

Les  deux  parties  de  la  force  pourraient  être  distinguées  par 
les  noms  de  force  électrostatique  et  de  force  électrodynamique. 
Il  importe  cependant  de  faire  ressortir  que  la  première  partie 
dépend,  elle  aussi,  du  mouvement  des  particules  dont  on 
considère  l'action. 


Induction  dans  un  circuit  fermé. 

§  99.  Nous  allons  appliquer  les  formules  fondamentales  à 
Pinduction  qui  est  produite  dans  un  circuit,  soit  par  un  mou- 
vement dont  il  est  animé  lui-même,  soit  par  un  changement 
du  champ  magnétique  où  il  se  trouve.  L'état  de  l'éther, 
variable  dfiCns  ce  dernier  cas,  sera  regardé  comme  donné, 
et  nous  ne  nous  occuperons  pas  de  la  modification  qu'y  ap- 
porte le  courant  induit. 

Calculons  la  force  p  e  qui  agit,  dans  la  direction  du  circuit 
8,  sur  une  particule  e.  En  nommanti,,  ^,,C|  les  composantes 
de  la  vitesse  du  point  du  circuit  où  se  trouve  la  particule, 
V  la  vitesse  relative  de  cette  dernière  par  rapport  au  conduc- 
teur, Z,  m,  n  les  cosinus  directeurs  de  ds,  on  aura: 

1  =  1,  +vZ,     iy  =  î7,-hvm,     C  =  C,   -Hvn 

7* 


100  tt.   A.    LORRNTZ. 

et,  d'après  les  formules  (I): 
pez=lLl-hYm-hZnz=4:n  V'^  e  (f  l  -{-  g  m  -{-  hn)  -^ 

l,    m,  n 

«,  ?y   y 

En  divisant  par  c,  on  obtient  la  force  /)  rapportée  à  Tiinité 
de  charge  ;  ce  qu'on  appelle  la  force  électromotrice  induite 
dans  le  circuit  est  ensuite  donné  par 

§  100.  Soit  (T  une  surface  fixe  sur  laquelle  le  circuit  est 
situé  dans  les  positions  qu'il  occupe  aux  moments  ^  et  <  -f-  d  <, 
et  considérons  l'intégrale 

étendue  à  la  partie  de  cette  surface  qu'il  embrasse.  Pendant 
le  temps  di^  cette  intégrale  subit  un  accroissement  à\  H» dry, 
qui  peut  être  décomposé  en  deux  parties.  La  première  par- 
tie, d,  iHwdcT,  n'est  autre  chose  queidHndrr;  c'est  l'accrois- 
sement que  l'intégrale  éprouverait  si  le  circuit  ne  se  déplaçait 
pas.  La  seconde  partie,  d^  iHMdiT,  provient  du  changement  de 

l'étendue  de  la  surface.  En  désignant  par  d  <t'  les  éléments 
nouveaux  qui  sont  admis  à  l'intérieur  du  circuit  et  par  dir" 
les  éléments  qui  en  sont  exclus,  on  aura: 

I  Hw  d  <T  =  -2"  H«  d  (t'  —  Z  }\nà  rr". 
Ceci  posé,  on  peut  déduire  des  équations  (V): 

d,  I  H»  d<T 

4  TT  F^  /"(Z  i  -h  jr  m  4-  /in)  d  s  = ^—j-, 

D'un  autre  côté,  la  valeur  absolue  du  produit 


dj 


LA   THÉORIK    ÉLKCTROMAGNÉTIQUK    DE    MAXWELL  101 

\  Ij    m,    n    \ 

S^^nC,     dsdt 

«'  ?,  y 

représente  le  volume  du  parallélépipède  ayant  pour  base  Té- 
lément  d  cr'  ou  d  cr"  qui  est  décrit  par  d  s  et  pour  arête  le 
vecteur  H  ;  elle  sera  donc  égale  à  la  valeur  absolue  de  H»  d  cr' 
ou  H»  d  (t".  En  ayant  égard  aux  signes  algébriques,  on  trouvera  : 

équation  bien  connue  de  la  théorie  de  Tinduction. 


Pouvoir  inducteur  spécifique, 

§  101.  L'influence  des  diélectriques  pondérables  dans  les 
phénomènes  de  Télectrostatique  s'explique  par  la  supposition 
que  les  molécules  de  ces  corps  contiennent  des  particules 
chargées  qui  peuvent  être  déplacées  par  des  forces  extérieures. 
Pour  simplifier,  j'admettrai  les  hypothèses  suivantes,  qu'on 
pourrait  cependant  remplacer  par  d'autres  plus  générales: 

a  Si  toutes  les  particules  chargées  d'une  molécule  se  trouvent 
dans  leurs  positions  naturelles,  elle  n'exerce  aucune  influence  sur 
d'autres  molécules,  même  sur  celles  qui  sont  les  plus  voisines. 

6.  Il  n'y  a  dans  chaque  molécule  qu'une  seule  particule 
chargée  qui  puisse  être  déplacée  de  sa  position  d'équilibre  P. 
Si  cette  particule  a  la  charge  6,  il  faut,  d'après  l'hypothèse  a, 
que  l'ensemble  des  autres  particules  exerce  la  même  action 
électrostatique  qu'une  charge  —  e  au  point  P.  Si  donc  la  parti- 
cule mobile  a  pris  la  position  P',  la  molécule  entière  équivaut 
à  un  système  formé  de  deux  particules  aux  charges  h-  6  et 
—  e,  l'une  se  trouvant  au  point  P'  et  l'autre  au  point  P.  Un 
tel  système  sera  nommé  un  couple  électrique;  le  produit 

m  =  6  X  PP' 


102  H.    A.    LORBNTZ. 

est  ce  qu'on  nomme  le  moment  de  ce  couple.  Cette  quantité 
est  regardée  comme  un  vecteur  dont  la  direction  est  celle  de 
la  ligne  P  P\ 

Les  composantes  du  moment  sont 

X,  y,  z  étant  les  projections  du  déplacement  P  P\ 

c.  Ces  dernières  lignes  seront  considérées  comme  très  petites, 
même  par  rapport  à  la  distance  des  molécules  les  plus  voisines. 

d.  Dès  que  le  corpuscule  mobile  a  été  déplacé,  les  autres 
parties  de  la  molécule  exercent  une  force  qui  tend  à  le  ra- 
mener vers  la  position  d'équilibre.  Je  prendrai  pour  les  com- 
posantes de  cette  force: 

—  f  X,     —  f  y,     —  f  z, 

f  étant  une  constante  qui  dépend  de  la  structure  de  la  mo- 
lécule. Du  reste,  ce  coefficient  et  la  charge  e  seront  regardés 
comme  ayant  les  mêmes  valeurs  dans  toutes  les  molécules 
d'un  même  isolateur  homogène. 

Si  (3£,  ^,  3)  ®st  la  force  que  toutes  les  particules  chargées 
qui  se  trouvent  au  dehors  de  la  molécule  considérée  exercent 
sur  une  particule  â  unité  de  charge  placée  au  point  P,  la 
particule  mobile  sera  en  équilibre  si 


edl 

y- 

z  : 

~  f  ' 

et 

on 

aura 

fXlx 

^2 

=  1  3S,    iHy 

= 

-}% 

m;r 

-  f  ^ 

(70) 

§  102.  Voici  le  problème  qu'il  faut  résoudre  pour  se  rendre 
compte  de  l'influence  d'un  diélectrique  homogène  et  isotrope 
dans  les  phénomènes  électrostatiques. 

Un  système  de  conducteurs  est  placé  dans  un  diélectrique 
qui  s'étend  à  l'infini,  et  chaque  conducteur  est  maintenu  à 
un  potentiel  donné.  Déterminer  les  charges. 

Remarquons  d'abord  que  le  potentiel  cp  en  un  point  quel- 
conque d'un  conducteur,  c'est-à-dire  la  somme 


LA   THÉORIE   ÉLECTUOMAONÉTIQUE   DE    MAXWELL,  103 

r 

peut  être  décomposé  en  deux  parties  (jp,  et  (f^,  Tune  étant 
produite  par  les  particules  chargées  qui  se  trouvent  sur  les 
conducteurs  eux-mêmes,  et  l'autre  par  la  „ polarisation"  des 
molécules  du  diélectrique.  Je  commencerai  par  calculer  la 
valeur  de  cp^  dans  un  point  Q  extérieur  au  diélectrique,  et, 
pour  m'exprimer  avec  plus  de  clarté,  je  désignerai  par  Z),s, 
D  ($,  D  T  des  éléments  dont  les  dimensions  sont  très  grandes 
par  rapport  aux  distances  moléculaires 

S'jient  Xy  y,  z  les  coordonnées  d'un  point  dans  le  diélec- 
trique, x',  y\  z'  les  coordonnées  du  point  Q,  r  la  distance  de 
ces    deux    points,     N   le    nombre    des    molécules   par   unité 

de   volume,    m^r,  m^,  m^    les  valeurs  moyennes  (§  95)  de  m^, 

nfiy,  mz  au  point  [x,  y,  z),   N  m.r  =  M;r,  N  m,/  =  M^,  Nmz  =  tliz- 

Le  vecteur  M  est  alors  ce  qu'on  peut  appeler  le  moment 
électrique  rapporté  à  l'unité  de  volume. 

Un  calcul  très  simple  donne  pour  la  partie  de  cjp.^  qui  est 
due  à  une  seule  molécule 

V]mxi^(—]'hïny^r-(  -  )-+-m,  s— (  —  )(» 

/       dx  \T  J        ^yx'i'/  d  z  \  r  y) 

et  pour  celle  qui  provient  d'un  élément  D  r 

f        dx\  r  /  '^yV^V  ^z  \  r  /y 

La  valeur  cherchée  sera  donc 

et,  en  intégrant  par  parties,  on  arrive  à  l'expression  suivante  : 

J    r  j  r\d  X         d  y  d  z  J 

Dans  ce  calcul,  on  s'est  borné  au  cas  où  la  plus  petite 
valeur  de  r  est  encore  très  grande  par  rapport  aux  distances 


104  H.    A.    LORENTZ. 

moléculaires.  Cela  n^empêche  pas  que  cette  valeur  ne  puisse 
être  tiès  petite  par  rapport  aux  dimensions  des  conducteurs; 
la  formule  peut  donc  être  appliquée  à  des  points  Q  qui  se 
trouvent  dans  le  voisinage  immédiat  de  la  surface. 

La  première  intégrale  doit  être  étendue  aux  surfaces  qui 
limitent  le  diélectrique,  la  normale  n  étant  dirigée  vers  Tinté- 
rieur  de  ce  corps. 

Du  reste,  la  formule  peut  être  interprétée  ainsi: 
En  ce  qui  regarde  les  actions  exercées  sur  des  points  exté- 
rieurs, le  diélectrique  peut  être  remplacé  par  un  système  or- 
dinaire de  particules  chargées,  distribuées  d'une  part  sur 
Tespace  r  occupé  par  l'isolateur,  d'autre  part  sur  les  surfaces  a 
qui  le  limitent,  les  densités  de  ces  distributions  étant: 

__/3M.  _^  OM,  _^OMA  ^^  _^^ 

\  d  X  d  y  d,Z  /  ^ 

§  103.  Soit  q>  le  potentiel  total  qui  serait  produit  en  un 
point  quelconque  par  la  distribution  dont  il  vient  d'être 
question  et  par  les  particules  chargées  qui  se  trouvent  sur  les 
conducteurs.  Cette  fonction  coïncidera  avec  le  potentiel  réel 
des  conducteurs,  et  on  verra  bientôt  qu'elle  peut  être  em- 
ployée dans  la  discussion  de  ce  qui  se  passe  à  l'intérieur 
du  diélectrique. 

Si  les  distributions  de  particules  chargées  déterminées  par 
les  expressions  (71)  existaient  réellement,  une  particule  à 
Tunité  de  charge  éprouverait  une  force  aux  composantes: 

_F^*      -F^.     -F^. 
d  X  0  y  0  z 

Pour  qu'il  y  ait  équilibre,  il  faut  qu'à  l'intérieur  d'un  con — 
ducteur 

qp  =  const., 

d'où    on   déduit  que  les  particules  électrisées  qui  constituen" 
la  charge  d'un  conducteur   formeront  une  couche  très  minc^ 
à  la  surface.  Je  désignerai  par 

SDa 


LA   THÉORIF:    ELKCTROMAGNÉTIQUE   de    MAXWELL.  105 

la  charge  totale  de  la  partie  de  cette  couche  qui  correspond 
à  rélément  D  cr.  Comme,  dans  le  calcul  du  potentiel  cf;,  il  y  a 
à  considérer  deux  couches  très-minces  juxtaposées,  qui  par 
unité  de  surface  présentent  les  charges  S  et  —  M»,  il  résulte 
d'un  théorème  bien  connu  que,  en  un  point  qui  est  séparé 
du  conducteur  par  la  seconde  couche  mais  en  est  néanmoins 
très  voisin, 

^  =  -47rF(S-M„) (72) 

A  cette  condition  on  peut  ajouter  Téquation: 

qui  doit  avoir  lieu  dans  tout  Tespace  occupé  par  le  diélec- 
trique. Enfin,  la  fonction  qp  ne  présentera  aucune  discontinuité. 
On  arrivera  (§§  107  et  108)  à  la  solution  du  problème  pro- 
posé  (§  102)  si  on  combine  ces  formules  avec  celles  qui  ex- 

piiment  M^r,  My,  M;?  en  fonction  dor— ,  r— »  —^  et  que  nous 
^  '      -"  0  X    d  y    d  z         ^ 

allons  déduire  (§§  104—106)  des  équations  (70). 

§  104.    Pour  calculer  les  forces  36,  3),  3  9^^  entrent  dans 

ces  dernières  formules,  je  décris  dans  le  diélectrique  une  sphère 

B   qui    a    son  centre  dans  la  molécule  considérée  et  dont  le 

rayon  est  très  grand  par  rapport  aux  distances  moléculaires, 

tout  en  étant  si  petit  que  les  fonctions  M.r,  M^,,  M;?, 

~z h  -T— ^  H-  -.; —  peuvent  être  considérées  comme  constan- 

d  X  dy  d  Z      ^ 

tes  à  l'intérieur  de  la  surface.  En  appliquant  à  la  partie  du 
diélectrique  qui  est  extérieure  à  la  sphère  le  théorème  du  pa- 
ragraphe 102,  on  voit  que  la  force  (36,  3),  3)  ^^  compose  de 
plusieurs  parties,  qui  sont  produites  respectivement  par: 

a.  les  charges  des  conducteurs; 

b.  les  charges  superficielles  aux  densités  —  fHfi  dans  le  voi- 
sinage immédiat  des  conducteurs; 

c.  la  distribution  à  densité 


106  H.    A.   LOR8NTZ. 

_(i!!f  +  ?i  +  ?*) (74) 

supposée  exister  dans  le  diéleciriqae  extérieur  à  B\ 

d.  une  charge  superficielle  sur  la  sphère  elle-même,  possé- 
dant la  densité 

e.  les  molécules  qui  se  trouvent  à  l'intérieur  de  la  sphère. 
Si  la  troisième  distribution  existait  aussi  à  l'intérieur  de  B, 

cela  né  changerait  rien  à  la  force  cherchée,  car  l'expression 
(74)  est  regardée  comme  constante  dans  l'étendue  de  la  sphère. 
11  s'ensuit  que  les  trois  premières  parties  de  la  force,  prises 
ensemble,  ont  les  composantes: 

_V^.     -Vp^,     -Vp!. 

ex  d  y  d  z 

Un  calcul  bien  simple  donne  pour  les  composantes  de  la 
quatrième  partie: 

4  4  4 

on  aura  donc,  en  désignant  par  (3E',  ^',  3)  ^^  dernière  par- 
tie de  la  force,  et  en  substituant  dans  les  formules  (70): 

.    m,  =  ^(-F3^  +  |:rPiyi,+g)').,  ...  .(75) 

§  105.  Reste  à  considérer  la  force  (36/  3)/  3')'  J®  représenterai 
par  Xj  y  et  z  les  coordonnées  du  centre  de  la  sphère,  où  se 
trouve  la  molécule  considérée  M;  par  x\  y',  z  les  coordonnées 
(hi  point  qui,  dans  une  autre  molécule  M'  située  à  l'intérieur 
de  la  sphère,  est  analogue  au  point  P  (§  101,  6);  par  r  la 
distance  des  deux  points,  par  m  et  m' les  moments  électriques 
des  doux  molécules.  Alors: 


LA   THÉORIB   ÉLECTROMAGNÉTIQUE   DE   MAXWELL.  107 

X'=  P  2:^^^  \  [3  {x'  -  x)^  -  r']  m/  +  3  {x'^x)(y'  —  y)m,'  H- 

+  S{x''^x){z'  —  z)mz\  ,  .  .   (76), 

la  somme  étant  étendue  à  toutes  les  molécules  M'  que  con- 
tient la  sphère. 

Il  y  a  un  cas  où  cette  somme  s'annule.  C'est  celui  d'un 
système  de  molécules  à  arrangement  cubique,  comme  le  pré- 
sentent les  cristaux  du  système  régulier.  En  effet,  les  moments 
m/,  ndy',  m/  peuvent  alors  être  considérés  comme  égaux  aux 
moments  m^-,  niy,  m»  de  la  molécule  M  elle-même  ;  de  plus,  on 
aura,  en  supposant  les  axes  des  coordonnées  parallèles  aux 
axes  cristallographiques  : 

j, (y-_-iO^=X)  =  ^ (^'  - ^) .(-'  -  -)  =  0  .  .  (77) 

•Hx'  —  xy-r^  _  ..  3  {y'-_y)\—  r'  _ 


A*0  A.O 


=^.3iL=ii_-=r!  .  .  ,78) 

Les  trois  dernières  expressions  seront  par  conséquent  égales 
à  la  troisième  partie  de  leur  somme  qui  est  0. 

Dans  les  diélectriques  amorphes,  les  molécules  sont  dissémi- 
nées d'ime  manière  moins  régulière.  Cependant,  en  se  bornant 
aux  corps  isotropes,  on  arriverait  encore  à  la  conclusion: 

3Ê'  =  3)'  =  3'  =  0   . (79) 

s'il  était  permis  de  remplacer  dans  la  somme  (76)  toutes  les 
valeurs  de  nts,  ndy',  m/  par  de  certaines  valeurs  moyennes  et 
d'admettre  encore  les  égalités  (77)  et  (78),  qui  expriment  que 
la  distribution  des  molécules  est  symétrique  par  rapport  aux 
trois  axes. 

Même  si  on  voulait  mettre  en  doute  la  conclusion  (79)  on 
pourrait  remarquer  que  l'influence  exercée  par  le  diélectrique 
dépend,  non  pas  de  l'état  des  molécules  individuelles,  mais 
des    valeurs    moyennes    m;r,  ïiiy,  m«.   Or,    après   avoir  calculé 


108  H.    A.    LORRNTZ. 

36',  3)',  3'  P^^**  ^^^^  molécule  M,  on  peut  faire  la  même  chose 
pour  une  autre  molécule,  en  décrivant,  bien  entendu,  autour  de 
cette  dernière  une  sphère  B  égale  à  celle  au  centre  de  laquelle  se 
trouve  M,  A  chaque  molécule  appartiendront  donc  des  valeurs 
spéciales  de  36',  2)',  3'  ^*  ^^  P®^*  considérer  les  valeurs  moy- 
ennes 3Ê',  ^5'  3'  ^^  ^^®  fonctions  dans  un  élément  de  volume 
D  r.    Il    est    clair    qu'on  obtiendra  m^r,  nfly  et  niz  si,  dans  les 

formules  (75),  on  remplace  3Ê',  2)',  3'  P^^  3£',  ^',  3'»  ®*  P^^^ 
arriver  aux  simplifications  qui  découlent  des  équations  (79) 
il  suflBt  que 

X'  =  f  =  ,3'  =  0. 

Ceci  pourrait  être  vrai  même  dans  le  cas  où  la  position 
accidentelle  des  molécules  M'  les  plus  voisines  du  centre  de 
la  sphère  donne  lieu  à  des  valeurs  positives  ou  négatives  de 
36',  3)',  3  •  ^^  effet,  la  ligne  qui  joint  une  molécule  à  celle 
qui  en  est  le  plus  rapprochée  aura  toutes  les  directions  pos- 
sibles ;  il  se  pourrait  donc  que  la  distribution  irrégulière  et  le 
défaut  d'isotropie  qui  existent  dans  une  seule  des  sphères  B 

ne  se  fissent  plus  sentir  dans  les  valeurs  moyennes  36',  2)',  3' 
§  106.  On  connaît  les  erreurs  auxquelles  on  s'expose  dans 
les  théories  moléculaires  en  se  servant  des  „ valeurs  moyennes" 
et  de  raisonnements  aussi  superficiels  que  les  précédents.  Aussi 
me  semble-t-il  préférable  de  ne  pas  supposer  nulles  les  valeurs 

de  36',  3)',  3  .  ^^^  considérations  suivantes  peuvent  cependant 
nous  fournir  quelques  renseignements  sur  ces  valeurs. 

a.  Chaque  molécule  M  se  trouve  en  général  soumise  à  deux 
forces  électriques,  l'une  (36,  2),  3)  étant  due  à  tout  ce  qui 
se  trouve  au  dehors  de  la  sphère  B,  l'autre  (36',  2)',  3  )  ^^^ 
njolécules  situées  à  l'intérieur  de  cette  surface.  Supposons  que 
?)  ^^  3  ^^  0  ^^  ^^^  ^^  force  36  ait  la  même  valeur  quelle 
que  soit  la  molécule  M  pour  laquelle  elle  est  calculée.  Alors  le 
moment  électrique  prendra  dans  chaque  molécule  une  grandeur 
et  une  direction  déterminées,  qu'on  pourrait  trouver  si  on  con* 


LA   THEORIE   ELECTROMAGNETIQUE   DE   MAXWELL.  109 

naissait  parfaitement  la  distribution  des  molécules.  Comme, 
dans  les  corps  amorphes,  cette  distribution  est  fort  irrégulière, 
les  moments  électriques  présenteront  des  changements  brus- 
ques si  on  passe  d'une  molécule  à  une  autre,  et  ils  n'auront 
pas  en  général  la  direction  de  la  force  36. 

Cependant,  tout  s'arrangera  d'une  telle  façon  que 

m^  =  y  (3£  H- ae').    m^  =  y3)',    m.  =  y  3'.  .  .  (80) 

b.  Les  forces  36',  3)',  3  ^^^*  ^^^  fonctions  linéaires  des 
moments  m/,  m/,  ntz  excités  dans  les  molécules  voisines  de 
M,  Il  en  résulte  que,  si  on  change  la  grandeur  de  la  force  36, 
tous  les  moments  changeront  dans  la  même  proportion,  en 
conservant  les  directions  qu'ils  avaient. 

c.  Il  existe  entre  les  valeurs  moyennes  la  relation  suivante  : 

m;r  =  -F-  (36  -h  36  ),    m,/  =  -y  ^î)',    mz  =  -r-  3  • 

Mais  il  est  clair  que  dans  un  corps  isotrope 

ndy  =  m?  =  0 

et  par  conséquent: 

f  =  3'  =  0. 

Quant  à  m^:,  ce  moment  moyen  doit  être  proportionnel  à 
la  force  36,  parce  que  cette  proportionnalité  existe  pour  les 
moments  de  toutes  les  molécules  individuelles.  Il  y  a  donc 
également  proportionnalité  entre  36'  et  m.r  ou  fHa-y  ce  que  j'ex- 
primerai par 

3é'  =  sPM^, 

le  coefficient  8  étant  constant  pour  un  diélectrique  donné, 
mais  variable  avec  la  densité. 

d.  Si  2)  et  3  ïi®  sont  pas  0,  mais  que  la  force  (3S,  5),  3)î 
constante  dans  toute  l'étendue  du  diélectrique,  ait  une  direction 
quelconque,  on  aura  de  la  même  manière 

dc'  =  sV^^U,,    sï)'=sPMy,     3'  =  sPM.;.  .  .  (81) 


110  Ô.   A.   LOREKt^. 

on  s'en  assure  en  introduisant  pour  un  moment  des  axes  des 
coordonnées  dont  Tun  ait  la  direction  de  la  force  (36,  ^,  3)- 

6.  Les  relations  (81)  subsisteront  encore  si  la  force  (36,  ^,  3) 
varie  d'une  molécule  à  l'autre,  pourvu  que  cette  variation  soit 
si  lente  qu'il  faille  passer  sur  un  grand  nombre  de  molécules 
avant  qu'elle  devienne  sensible- 

/.  Voici  encore  une  remarque  qui  nous  sera  utile  dans  la 
suite,  et  qui  est  vraie  dans  tous  les  cas  où  36',  ^',  3'  ^® 
s'annulent   pas. 

Supposons  que,  sans  modifier  la  distribution  des  molécules, 
on  en  puisse  changer  la  nature  et  donner  ainsi  à  la  constante 
f  une  valeur  nouvelle.  Alors,  même  si  on  augmente  ou  diminue 
convenablement  la  force  36  qu'on  trouve  dans  les  formules  (80), 
il  est  impossible  que  les  moments  électriques  des  molécules 
conservent  tous  les  mêmes  valeurs.  Il  est  également  impossible 
qu'après  le  changement  de  f  les  composantes  de  tous  les 
moments  soient  proportionnelles  à  leurs  valeurs  primitives.il 
en  résulte  que  le  coefficient  s  ne  reste  pas  le  même  si  f  vient 
à  changer. 

§  107.  En  vertu  des  formules  (75)  et  (81)  on  trouve: 

M.  =  ^-^Ç-V^^  +  i^  ^  72  M.  +  s  V^  fn\  etc  , 
ou  bien,  si  on  pose: 


M    _       ^^^      M    _        ^^^      M    _       „il 

Ensuite,  les  équations  (72)  et  (73)  deviennent 

(1  4.4^çy)||  =  _47rys (82) 

et  A(f)  =  0 (88) 

§  108.  Cette  dernière  formule,  jointe  aux  valeurs  de  q>  pour 
les  différents  conducteurs  que  je  regarderai  comme  données 
et  à  la  continuité  de  qp,  suffit,  comme  on  sait,  à  la  détermi- 


LA   THéoRIR   ELECTROMAGNETIQUE    DE   MAXWELL.  lll 

nation  du  potentiel  dans  tous  les  points  de  Pespace.  Ensuite, 
l'équation  (82)  fait  connaître  la  densité,  et  la  charge  de  chaque 
conducteur  est  donnée  par  Tintégrale 


/ 


SD(ï. 


Si  l'espace  extérieur  aux  conducteurs  était  occupé  non  pas 
par  le  diélectrique  considéré,  mais  par  Téther,  le  facteur 
1  -h  4  TT  g  y  dans  Téquation  (82)  devrait  être  remplacé  par 
l'unité,  la  formule  (83)  restant  encore  applicable.  On  voit 
donc  que,  dans  un  système  de  conducteurs  maintenus  à  des 
potentiels  donnés,  la  substitution  du  diélectrique  pondérable 
à  l'éther  augmentera  les  charges  dans  le  rapport  de  1  à 
1  -h  4  TT  g  V,  et  que  ce  qu'on  appelle  le  pouvoir  inducteur 
spécifique  K  d'un  isolateur  n'est  autre  chose  que  cette  ex- 
pression 1  H-  4  TT  g  F. 

Il  s'ensuit  que 

En  supposant 

8   =    0 

et  en  admettant  que,  dans  un  changement  de  densité  du  dié- 
lectrique ou  du  nombre  iV,  les  propriétés  de  chaque  molécule 
et   le    coefficient   f   qui  en  dépend  ne  sont  pas  modifiés,  on 

trouve  que  l'expression 

K—1 
K  4-2 

doit  être  proportionnelle  à  N,  c'est-à-dire  à  la  densité. 


112  H.   A.    LORENTZ. 


CHAPITRE  VI. 

Propagation   do   la   lumière  dans  un  diélectrique 
pondérable  qui  se  trouve  en  repos. 

Nature  du  problème, 

§  109.  Il  s'agira  dans  ce  chapitre  des  mouvements  oscilla- 
toires que  les  particules  chargées  peuvent  exécuter  dans  les 
molécules  d'un  diélectrique.  Accompagnées  de  changements 
périodiques  dans  l'état  de  l'éther,  ces  vibrations  constitueront 
un  faisceau  lumineux,  dont  je  me  propose  d'étudier  la  pro- 
pagation. 

Pour  simplifier,  je  supposerai  de  nouveau  (§  101,  b)  que 
chaque  molécule  ne  contienne  qu'une  seule  particule  chargée 
mobile.  Pour  en  étudier  le  mouvement,  il  faudra  tenir  compte 
des  forces  exercées  par  l'éther  et  données  par  les  formules  (I) 
(§  90);  d'autre  part,  les  équations  (II)-^(V)  serviront  à  déterminer 
l'état  de  l'éther  qui  est  compatible  avec  le  mouvement  «les 
particules.  Dans  tous  les  points  qui  sont  extérieurs  aux  par- 
ticules ces  équations  se  réduisent  à  la  forme  plus  simple: 

df        d  a       d  h       ^ 

d  X         oy        d  z 

^_«  +^1+^7  =  0 

d  X  d  y  d  z  ' 

^y     ^^  —A    ^f    ^«     ^y  —A  .^9 


0  y  d  z  et         0  z  d  X  d  t 


'  =47r 


.(86) 


\d  Z         dyj         d  t  \dX         d  Z/         d  t 


\dy       dxj      dt' 


§  110.  Supposons,  pour  un  moment,  qu'il  n*y  ait  qu'une  seule 
particule  chargée,  qu'elle  soit  animée  d'un  mouvement  donné 


LA  THÉORIB   ÉLBCTROMÀGNÊTIQUE    DE   NTAXWELL.  113 

et  qu'on  soit  parvenu  à  un  système  de  valeurs/,,  ^,,  A,, 
«n  1^1»  yi^  qui  satisfait,  à  Tintérieur,  aux  équations  (H) — (V) 
et,  à  l'extérieur,  aux  équations  (85). 

Supposons,  de  plus,  qu'on  ait  trouvé  un  système  analogue 
/î»  5^2'  ^i'>  ^2»  i^îj  y 2  pour  le  cas  où  une  autre  particule  se 
déplace  il  travers  Téther,  cette  autre  particule  étant  à  son  tour 
rejs^ardée  comme  la  seule  qui  existe. 

Alors,  il  est  clair  que  les  valeurs  : 

/==/,   -^  fi^9  —9x   +  9i^   h— h,   H-  A,, 

satisferont  à  toutes  les  conditions  du  problème,  si  les  deux 
particules  existent  simultanément. 

Ce  théorème  peut  être  étendu  à  un  nombre  quelconque  de 
particules  chargées.  On  cherchera,  pour  chaque  particule,  un 
système  de  valeurs  de  /,  g,  A,  a,  /î,  /,  qui  soit  compatible  avec 
son  mouvement  —  en  raisonnant  comme  si  les  autres  par- 
ticules n'existaient  pas  —  et  on  combinera  toutes  ces  solu- 
tions par  simple  addition. 

Du  reste,  il  ne  faut  pas  croire  qu'on  trouverait  ainsi  l'état 
réel  de  l'éther.  En  effet,  aux  valeurs  de  /,  g,  h,  a,  /î,  /,  on 
peut  toujours  ajouter  des  valeurs  quelconques  qui  satisfont 
aux  équations  (85). 

§  111.  On  peut  trouver  deux  états  différents  de  l'éther  qui 
sont  compatibles  avec  les  vibrations  d'une  particule  chargée. 
Dans  le  premier,  la  particule  est  le  centre  d'un  ébranlement 
qui  se  propage  en  dehors;  dans  le  second,  des  vibrations 
<ie  Téther  se  dirigeront  de  tous  côtés  vers  la  particule  dont 
^lles  chercheront  à  maintenir  les  oscillations.  Nous  nous  occu- 
perons seulement  des  solutions  de  la  première  espèce,  qui  se 
présentent  immédiatement  à  l'esprit.  En  effet,  supposons  qu'une 
source  lumineuse  commence  à  un  certain  moment  à  émettre 
des  vibrations.  Ce  mouvement  se  propagera  dans  l'éther  et  at- 
teindra à  un  instant  déterminé  la  première  particule  chargée  du 
diélectrique.  Aussitôt,  les  forces  déterminées  par  les  formules  (I) 
(§90)  entreront  enjeu  ;  elles  déplaceront  la  particule  et,  conjoin- 

8 


114  H.    A.   LORBNTZ. 

tement  avec  les  autres  forces  auxquelles  elle  est  soumise,  en  dé* 
termineront  le  mouvement.  Mais,  en  vertu  de  son  agitation,  la 
particule  devient  elle-même  le  centre  d'un  ébranlement  qui 
se  propage  dans  toutes  les  directions  et  se  superpose  à  l'état 
de  Téther  déjà  existant.  Au  moment  où  elle  est  atteinte  par 
les  vibrations  électriques  de  l'éther,  chaque  molécule  suivra 
l'exemple  de  la  première,  et  en  définitive  des  vibrations  éma- 
neront de  toutes  les  particules  chargées. 

Il  importe  cependant  de  remarquer  qu'on  peut  opérer  avec 
une  solution  particulière  quelconque  qui  s'accorde  avec  le 
mouvement  des  particules,  pourvu  seulement  qu'on  rétablisse 
la  généralité  nécessaire  en  ajoutant  à  cette  solution  une  autre, 
qui  satisfait  partout  aux  équations  (85). 

Si,  dans  les  pages  suivantes,  il  est  question  du  mouvement 
que  ^produit"  une  particule  vibrante,  cela  servira  simplement 
à  indiquer  une  solution  particulière  qui  est  compatible  avec 
les  oscillations. 


Vibrations  dam  VHlier  produites  par  une  seule  molécule. 

§  112.  Des  équations  (II) — (V)  (§  90)  on  peut  éliminer  cinq 
quelconques  des  variables 

/,  9y    K    «,   ?y   /• 

On  trouve  ainsi: 

^■*/-ô-y='"o-:+°-^'* « 

En  appliquant  ces  formules  à  une  molécule  qui  contient 
une  particule  mobile  P,  je  me  bornerai  à  un  cas  bien  simple  ; 
c'est  celui  où  les  écarts  de  la  position  naturelle  sont  infini- 
ment petits  par  rapport  aux  dimensions  de  la  particule  elle- 
même.  Hâtons-nous  d'ajouter  que  les  résultats  resteront  vrais 


LA   THÉORIE   BriECTROMAGNÉTIQUR   DE  MAXWELL.  115 

si  l'amplitude  des  vibrations  est  beaucoup  plus  grande,  pourvu 
seulement  qu'elle  soit  très  petite  en  comparaison  des  dis- 
tances moléculaires.  Cette  extension  de  la  théorie  ne  se 
trouvera  pas  dans  le  chapitre  présent;  elle  sera  reléguée  à  la 
,Note  additionnelle"  qui  terminera  ce  mémoire  »).  J'ai  pris 
ce  parti  dans  l'espoir  de  faciliter  ainsi  la  lecture  et  de  faire 
mieux  ressortir  les  traits  essentiels  de  la  théorie  que  je  désire 
proposer, 

§  113.  Soient:  x,  y,  z  les  projections  du  déplacement  de  la 
particule  mobile  et  ^^  la  densité  électrique  au  point  (x,  y^z), 
dans  le  cas  où  elle  a  sa  position  naturelle.  Alors,  on  aura 
dans  les  formules  (86)  et  (87) 

,  =  ,^_,?^9_y?^o_,3£p, (88) 

^®  d  X  d  y  d  z  ^      ' 

et,  comme  ces  dernières  quantités  sont,  par  supposition,  infini- 
ment petites,  ainsi  que  x,  y,  z, 


H- 


^       ^P~        \dx  dx''        ^  dxdy         dxdzj 

+  Qo  -Jî^  ,  etc (90) 

Lorsqu'on  a  en  vue  les  valeurs  de  /,  g,  A,  a,  /5,  /  qui 
dépendent  de  la  particule  mobile  seule,  il  faut  admettre  qu'en 
ïlehors  de  l'espace  qu'elle  occupe, 

P  A/-  1^  =  0,  etc.,   1/2  A  «  -  y^  =  0,  etc., 

ou  bien,  si  on  veut  appliquer  les  formules  (90)  et  (91)  à 
l'espace  tout  entier,  il  faut  poser  ^j,  =  0  dans  tous  les  points 
extérieurs. 

*)  Dans  cette  Note  il  sera  toujours  question  d'un  diélectrique  qui  se 
<léplace,  mais  on  peut,  dans  toutes  les  formules,  supposer  nulle  la  vitesse 
de  ce  déplacement. 

8* 


116  H.    A.   LOBKNTZ. 

§  114.  Les   équations  (90)  et  (91)  peuvent  être  mises  sous 
la  forme  •): 

F»  A/_^=  F»  ?^  _  F' j '-^  +  ?;^> -h 

-^         ^  V  dx  ^       d  X^  dX   dy 

+  ?l(i^)  j  +  i!i£^) ,  etc.  .  (92) 
et 

On   y  satisfera  en  introduisant  quatre  fonctions  auxiliaires 
»>  Xn  X2>  Xs»  *^  moyen  des  conditions: 

F»A«-|i^=:ç„ (94) 

F»Az,-Ç^  =  9o«.  .  (95) 
et  en  posant 

/=F»^^-r^P^  +  |^  +  ,^|  +  ^.etc.(96) 
•^  Da?  (Oa?'        dxdydxdz)dt^  ^     ' 


i  ^'Xi         ^'Xs  j     etc  f97^ 


a  =  4  TT  F2 

-y 

La  densité  ^^  est  indépendante  du  temps;  il  en  sera  donc 
de  même  de  la  fonction  w,  et  elle  sera  déterminée  par  la 
relation  : 

Aa,=  ^^ç, («8) 

On  s'assure  facilement  que  les  valeurs  (96)  et  (97)  satisfont 
aux  équations  primitives  (II) — (V).  On  trouve,  par  exemple, 

dxdydz  dx  ^  ^*  D<M 


0    (  X..  .  0*  Y.  i         d    i  ,,.  0^ 


^iPAv    —  1-J^^__^  yî  Av    — 


Xs   (  


^^  d  X  oy  dz 

1)  En  effet,  Vo  ^^^  indépendant  du  temps,  etx,  y  et  z  sont  indépendants 
de  0?,  y,  z. 


LA   THEORIE   ÉLECTROMAGNÉTIQUE   DE   MAXWELL.  117 

§  115.  D'après  les  formules  (96),  les  fonctions  /,  g  et  h  con- 
tiennent les  termes 

P^,  y,3«  y,3« 

qui  sont  indépendants  du  mouvement  de  la  particule.  Or, 
tant  que  cette  dernière  est  maintenue  dans  sa  position  d'équi- 
libre, la  molécule  entière  dont  elle  fait  partie  n'exerce  aucune 
action  sensible  en  des  points  qui  sont  situés  à  quelque  dis- 
tance, par  exemple,  dans  une  molécule  voisine.  Il  s'ensuit 
qu'en  de  tels  points  les  parties  immobiles  de  la  molécule 
produisent  un  déplacement  diélectrique  égal  et  opposé  à  celui 
qui  a  pour  composantes  les  expressions  (99).  Si  donc  on  con- 
vient d'entendre  par  /,  gr,  h,  <x,  |î,  /  les  valeurs  qui  sont  dues 
à  la  molécule  entière,  on  aura  à  quelque  distance, 

^  =  _p  |?lli  +  iil^  +  i^  j  +  ^.etc.  (100) 
•^  i  d  x^        oxoy       oxcz)        0  t^  ^       ' 

a  =  4nV^\  ^^-^  —  ^^,  I ,  etc.   .  .  .  (101) 

^  d  z  dt        dy  dty  ^       ^ 

Quant  aux  fonctions  jf,  elles  peuvent  être  déterminées  à 
l'aide  des  théorèmes  qu'on  trouvera  dans  les  deux  paragraphes 
suivants. 


Théorèmes  mathématiqueB. 

§  116.  Soient:  x  un  espace  limité  par  une  surface  quelconque 
<y  ;  dx  MU  élément  de  volume  situé  au  point  variable  (x, y\  z) ; 
(^9  y*  ^)  ^^  point  qui  est  situé  dans  l'espace  x'  et  qui  est 
regardé  comme  fixe  si  on  veut  effectuer  les  intégrations  dont 
il  s'agira  tout  à  l'heure  ;  U  {x\  y\  z^  x,  y,  z)  une  fonction  qui 
est  finie  et  continue  pour  toutes  les  valeurs  des  coordonnées, 
excepté  pour 

X  =x,  y'  =  y,  z'  =  z. 

Considérons  l'intégrale: 


118  H.   ▲.  LORBNTZ. 


l=:f^V{x\y',:^,x,y,z)dT', 


OÙ  rindice  r  indique  qu'il  faut  exclure  du  champ  de  Tintégra- 
tion  une  sphère  b,  à  rayon  r,  ayant  pour  centre  le  point  (a?,  y,  2), 
le  rayon  étant  toujours  le  même  quelle  que  sôit  la  position 
de  ce  dernier  point. 

L'intégrale  sera  une  fonction  de  Xy  y  et  z,  et  on  a  le  théorème 
que  voici: 


d  X 


--lj{x'-x)Udb+j^^dT' (102) 


où  la  première  intégrale  est  étendue  à  la  surface  de  la  sphère. 
DémonsPratian.  Soient: 
A  le  point  (a?,  j/,  2), 

B  le  point  (x  -f-  9,  y,  2),  5  étant  une  longueur  infiniment  petite, 
Ia  et  1b  les  valeurs  de  l'intégrale  relatives  à  ces  deux  points, 
n  s'agit  de  calculer: 

d  I  _  Ib-1a 

d   x  Ô         ' 

Supposons  qu'en  déplaçant  le  point  {x,  y,  z)  de  A  vers  B 
on  donne,  en  même  temps,  une  translation  égale  à  tous  les 
éléments  d  r'.  L'ensemble  des  éléments  déplacés,  que  je  nom- 
merai {d  r'),  constitue  un  espace  qui  est  limité  à  l'intérieur 
par  la  sphère  6  décrite  autour  du  point  B,  c'est-à-dire  parla 
sphère  jusqu'à  laquelle  il  faut  étendre  l'intégrale  Ib,  et  à  l'ex- 
térieur par  une  surface  {a}  qui  n'est  autre  chose  que  la  sur- 
face a  déplacée  sur  une  distance  d. 

Il  en  résulte  que,  pour  changer  Ij  en  Ib,  il  faut  d'abord 
remplacer,  dans  la  fonction  C7,  x  et  x  par  x  -h  S  et  a;  -+-  d  ; 
de  la  valeur  ainsi  obtenue  il  faut  retrancher  l'intégrale 


j  U{x\y\z\x,y,z)dr 


étendue  à  la  zone  qui  se  trouve  à  Tintérieur  de  (cr)  et  à  l'ex- 
térieur de  (T,  et  il  y  faut  ajouter  une  intégrale  analogue  relative 


LA   THEORIE   ELECTROMAGNETIQUE   DE   MAXWELL.  119 


à  la  zone  qui  est  à  la  fois  extérieure  à  (of)  et  intérieure  à  a. 
Tout  ceci  se  traduit  par  la  formule 

dans  laquelle  n  désigne  la  normale  à  la  sùrfiace,   menée  vers 
l'extérieur. 
La  première  intégration  peut  être  effectuée.  On  trouve: 

/    X— 7  d  r'  =  I  f/  cos  {n,x)da !(«' — x)  Ud  6, 

d'où  il  suit: 

^  =  —   -L'— a;)  [/dô+f   ^dr'.      C.Q.F.D. 

d  X  r  JV  JT  d  X 

Remarquons  que  cette  relation  doit  avoir  lieu  quelque  petite 
que    soit   la    valeur   de  r.  En  désignant  par   /  la  limite  vers 

laquelle  tend  i  ,  quand  on  diminue  de  plus  en  plus  le  rayon, 
on  aura:; 

^  jUdT=—Um  rij{x—x)  Udbl^jy^dv'  ...(104) 


0  X 

Du  reste,  cette  formule  est  encore  applicable  si  Tespace  r 
s'étend  à  l'infini,  ou  si,  cet  espace  étant  limité,  le  point  (rr,  t/,  î;) 
se  trouve  à  l'extérieur.  Le  dernier  de  ces  deux  cas  rentre 
dans  le  premier  lorsqu'on  suppose  que  l'espace  r'  est  infini 
mais  que  la  fonction  U  s'annule  dans  une  certaine  région. 
Si  le  point  (a,  y,  z)  appartient  à  cette  région,  on  aura: 

d  Xj  J  0  X 

§  117.  Théorème,  Employons  de  nouveau  les  notations  du 
paragraphe  précédent,  et  représentons  par  r  la  distance  des 
points  {x^  y,  z)  et  {x\  y\  z),  par  F  une  fonction  finie  et  con- 
tinue. Je  dis  que  la  fonction 


120  H.   A.   LORENTZ. 

satisfait  à  Téquation  : 

Démonstration.  Le  théorème  précédent  donne: 

Pour  déterminer  la  limite,  on  peut,  dans  le  premier  terme, 
remplacer 


F  i^—yy  ^\ y\ ^'  )  par i^'C*, X,  y, z). 
On  voit  alors  que  ce  terme  s'évanouit  et  que 

T^  =  — r-^f-^—  i  — ^(<~^,  x',y\z')\dx\ 
d'où  il  suit,  par  une  nouvelle  application  de  la  formule  (104), 

-  T^y-^lsii  \~Fit-^,s',yU)\dr'  ....  (105) 

Soit  -F'  {t,  Xy  y  y  z)  la  dérivée  de  F{t,  a:,  y,  z)  par  rapport  à 
t.  Alors; 

-  ^  F  ('  -  y.  ^'.  y'.  ^  )-j^  F'  {t  -  f ,  ^',  y',  ^)  > 

ce  que,    dans  le  premier  terme  du  second  membre  de  (105), 
on  peut  remplacer  par: 


X    "^  X         ri    * .  V  X  ~~"  X 


r 
En  définitive: 


—  F  {t,  X,  y^  z) pj-^  F',  {t,  X,  y,  z). 


^'o-V'=T^(''^'^'^^-è/y^lT^('-f'^''^>'>  I  ^- 


LA   THEORIE    ELECTROMAGNETIQUE   DE   MAXAVELL.  121 

Il  y  a  des  formules  analogues  pour 

F^  ^  et  F>  ^  , 


et  comme: 


on  trouve: 


4:n 

Or,  un  calcul  direct  nous  apprend  que 


donc  : 

V'Ax-Ç^^  =  Fit,x,y,z).        C.Q.F.D. 

§  118.  La  proposition  que  je  viens  de  démontrer  peut  être 
regardée  comme  une  extension  du  théorème  de  Poisson^  qui  joue 
un  rôle  si  important  dans  la  théorie  du  potentiel  et  auquel  on 
revient  en  supposant  que  la  fonction  F  ne  renferme  pas  le 
temps  L  De  même,  la  formule  (106),  que,  sans  en  diminuer  la 
généralité,  on  peut  remplacer  par 

est    analogue    à   Féquation   de    Laphce  .  pour   la    fonction  - . 

•  ■  m 

Cîette  formule  (107)  est  connue  depuis  longtemps;  après  Ta  voir 
trouvée,  il  est  tout  naturel  de  rechercher  ce  que  devient 

AJl:F{x\y\z')dT' 

si  on  y  remplace 

•       ^F{x',y',z') 


122  H.    A.    LORENTZ. 


par 


LF(t-^.x',y\z'y 


Détermination  de  Xi»  tti  tz  ^'  de  /,  gr,  fe,  a,  /î,  y, 

§  119.  Le  théorème  du  paragraphe  117  conduit  immédia- 
tement à  une  solution  des  équations  (95).  Soient:  A  le  point 
(x,  y  y  z)  situé  à  l'extérieur  de  la  molécule  et  pour  lequel  on  veut 
calculer  les  valeurs  des  fonctions  relatives  au  temps  <,  B  un 
point  de  Tespace  occupé  par  la  particule  mobile,  dr' un  élément 
de  volume  au  point  JB,  q^  la  densité  électrique  en  B  lorsque  la 
particule    a   sa   position  naturelle,  r  la  distance  A  B,  (x,  y,  z) 

le  déplacement  à  Tinstant  t  —  -^  .    On  aura  : 


^3  =  -4in^/V^^>' •(!<>») 


où  les  intégrales  doivent  être  étendues  à  toute  la  particule 
vibrante. 

A  la  rigueur,  ni  r,  ni,  par  conséquent,  x,  y,  z  n'auront  les 
mêmes  valeurs  pour  les  différents  éléments  d  t\  Vu,  cependant, 
Textrême  petitesse,  par  rapport  à  la  distance  A  B,  que  nous 
attribuons  à  la  particule,  on  pourra  remplacer  tous  les  r  par  la 
distance  de  A  au  point  où  se  trouve  le  centre  de  la  particule 
dans  sa  position  naturelle.  C'est  cette  distance  qui  sera  dé- 
signée par  r  dans  les  formules  qui  vont  suivre. 

En    représentant    par   (m'^r,   m'y.  mV)  le  moment  électrique 

r 
(§  101)  à  l'instant  t  —  -j^ ,  on  trouve  : 

I  - —  dx  =—  \  Qodr  =  —  = ,  etc. 

J    r  r  J  r  r 

et  finalement,  au  lieu  des  expressions  (100)  et  (101), 


LA   THÉORIE  éLECTROMAGNÉTIQUE   DE   MAXWELL.  123 


0» 


4  7r  F2  3<ï 


(5^) ,  etc.  .  (109) 

„=  J^^^CLA-^/ëV),  etc.  .  .  .  aïo) 

Ces  expressions  peuvent  encore  être  appliquées  lorsque, 
contrairement  à  la  supposition  du  paragraphe  112,  Tampli- 
tude  des  vibrations  est  plus  grande  que  le  diamètre  de  la 
particule,  tout  en  restant  beaucoup  plus  petite  que  la  distance 
r.  C'est  ce  qu'on  verra  démontré  dans  la  Note  additionnelle. 


Intensité  de  la  force  qu^une  particule  vibrante  éprouve  en 
vertu  de  Vétat  de  la  molécule  dont  elle  fait  partie. 

§  120.  Les  valeurs  (109)  et  (110),  portées  dans  les  formules 
(I)  (§  90),  peuvent  servir  à  déterminer  Ja  force  que  Tune  des 
molécules  exerce  sur  la  particule  mobile  qui  appartient  à  une 
autre;  nous  en  déduirons  bientôt  (§  125)  Taction  qu'une  par- 
ticule déterminée  P  subit  de  la  part  de  toutes  les  molécules 
environnantes.  Cependant,  avant  d'aborder  ce  calcul,  nous 
allons  considérer  la  force  à  laquelle  elle  est  soumise  en  vertu 
de  l'état  de  l'éther  qu'elle  excite  elle-même. 

A  cet  effet,  il  est  nécessaire  d'étudier  les  valeurs  que  les 
fonctions  /,  g,  h,  a,  jî,  y,  déterminées  par  les  équations  (92) 
et  (93),  présentent  à  l'intérieur  de  la  particule. 

On  peut  toujours  employer  les  formules  (96).  (97)  et  (108); 
seulement,  ces  dernières  se  simplifient,  parce  que,  dans  le  pro- 
blème actuel,  r  est  tout  au  plus  égal  au  diamètre  de  la  par- 
ticule, et,  par  conséquent,  extrêmement  petit  par  rapport  à  la 

r 
longueur  d''onde.  La  quantité  ^  n'est  donc  qu'une  fraction  in- 
signifiante   du    temps    d'oscillation   et  il  est  permis,  dans  les 
formules  (108),  de  remplacer  x,  y,  z  par  : 


124  H.   A.    LORENTZ. 

T  T  T 

si  Ton  convient  d'entendre  par  x,  y,  z,  x,  y,  z    les  valeurs  rela- 
tives au  temps  L 

Comme,  d'après  la  formule  (98), 


(O 


^       [  Qo  j   f 


on  trouve: 


Substituons  dans  les  formules  (I),  en  ayant  égard  à  la  rela- 
tion (88)  et  à  ce  que  x,  y,  z  sont  regardés  comme  infiniment 
petits.  Il  vient  pour  la  première  composante  de  la  force 
cherchée,   si  on  remplace  x  par  J, 

-f  4  TT  P  I  I  Çq  a>  d  r  H y-  j  Çodr. 

Ici,  la  première  intégrale  est  0,  parce  que  la  distribution 
des  fonctions  Qq  et  œ  est  symétrique  autour  du  centre;  il  en 
est  de  même  des  trois  intégrales  suivantes,  puisque  ç^  s'annule 
à  la  surface  de  la  particule.  On  trouve,  par  conséquent,  pour 
les  composantes  de  la  force  cherchée: 


n  P  kf- 


co  rf  r  H ^-,  etc (111) 


Si  le  mouvement  de  la  particule  est  une  vibration  simple, 

les  signes  des  dérivées  |,  iy,  Ç  sont  opposés  à  ceux  des  vitesses 

5,  fj,  Ç.  La  force  aux  composantes 

••  ••  •• 

Je^        fj€^        l^e^ 

s'oppose  donc  au  mouvement.   Il  est  naturel  qu'il  y  ait  une 


LA  THÉORIE  ÊLECTROMAGNéTIQUE   DE    MAXWELL.  125 

telle  ^résistance";  sans  cela,  en  effet,  la  particule  ne  pourrait 
céder  de  Ténergie  à  l'éther. 

Aussi  bien  que  les  formules  (109)  et  (110),  les  expressions 
(111)  restent  applicables  lorsque  les  excursions  delà  particule 
sont  plus  grandes  que  le  diamètre.  (Voir  la  Note). 

§  121.  Quant  à  la  force  avec  laquelle  les  parties  immobiles 
de  la  molécule  agissent  sur  la  particule  qui  est  déplacée  de  sa 
position  d'équilibre,  je  m'en  tiendrai  à  l'hypothèse  du  para- 
graphe 101.  Les  composantes  en  seront  représentées  de 
nouveau  par 

-fx,  -fy,  -fz (112) 


Détermination  de  la  force  totale  qui  agit  sur  une 

particule  vibrante, 

§  122.  Le  calcul  de  la  force  que  la  particule  mobile  contenue 
dans  une  des  molécules  éprouve  de  la  part  de  toutes  les  autres 
molécules  ressemble  beaucoup  à  celui  qui  nous  a  servi  à 
l'évaluation  du  pouvoir  inducteur  spécifique. 

Je  désignerai  de  nouveau  par 

les  valeurs  moyennes  de  xtix,  my,  m^  (§  102)  et  par 

les  composantes  du  moment  électrique  rapporté  à  l'unité  de 
volume.  Ces  composantes  seront  des  fonctions  du  temps  et 
des  coordonnées;  elles  ne  présenteront  plus  les  changements 
brusques  et  irréguliers  (§  106,  a)  qu'on  trouve  dans  les  mo- 
ments mxi  niy,  m^. 

H    importe   de   remarquer  que,  lorsqu'il  s'agit  de  fonctions 

"^      '^      "^ 

telles  que  Mar,  My,  M;r,  on  peut  attacher  aux  signes  r-  >  t-  ,  ~- 

cx    Oy    0  z 

une    signification   un    peu    différente    de   celle   qu'ils  avaient 

3  M 
iusqu'ici.    Pour  obtenir,  par  exemple,  ^r—^  ,  on  peut  considérer 

d  X 


126  H.  A.  lorbnt:;. 

une  ligne  P  QrzDx,  parallèle  à  Taxe  des  x,  et  qui,  loin  d'être 
infiniment  petite  dans  le  sens  rigoureux  du  mot,  est  beaucoup 
plus  grande  que  les  distances  moléculaires.  Il  suffira  que^  dans 
l'étendue  de  cette  ligne,  le  changement  de  M^r  soit  très  petit 
par  rapport  à  ce  moment  lui-même;  alors,  on  pourra  prendre 

D  M 
pour    ^r— ^  le   quotient  qu'on   obtient  en  divisant  par  Dx  la 

dififérence  des  valeurs  de  M^r  aux  points  P  et  Ç.  Evidemment, 
dans  les  problèmes  qui  nous  occupent,  la  condition  à  remplir 
revient  à  ce  que  Dx  doit  être  une  très  petite  fraction  de  la 
longueur  d'onde. 

Un   signe   spécial   pour  indiquer   les   différentiations  prises 
dans   ce  sens  nouveau  me  semble  superflu  ;  dans  chaque  cas 
particulier   on    comprendra   facilement  ce  qu'il  faut  entendre 
D  0         D 

§  123.  Je  considère  un  diélectrique  pondérable,  homogène 
et  isotrope,  qui  est  limité  par  une  surface  or,  et  je  me  propose 
d'établir  les  équations  différentielles  auxquelles  doivent  satis- 
faire Ma-,  My,  M;r  à  l'intérieur  de  ce  corps.  Des  mouvements 
électriques  peuvent  également  avoir  lieu  à  l'extérieur  de  la 
surlace,  mais  il  n'est  pas  nécessaire  de  supposer  quelque  chose 
à  leur  égard. 

Soit  M  une  molécule  située  au  point  (a:,  y,  z).  La  particule 
mobile  qu'elle  contient  est  d'abord  soumise  aux  forces  (111) 
et  (112)  et,  en  second  lieu,  à  une  force  qu'on  calcule  en 
prenant,  dans  les  formules  (I)  (§  90),  pour  /,  gr,  A,  «,  /?,  y  les 
valeurs  qui  existent  indépendamment  de  la  molécule  M  elle- 
même.  Toutes  ces  valeurs  peuvent  être  regardées  comme 
constantes  dans  l'étendue  de  la  particule  et  les  formules  (I) 
prennent,  par  conséquent,  la  forme 

X  =  47rV^6/-h6(iy/  — Cl?),  etc (118) 

Je  construis  de  nouveau  la  sphère  B  dont  il  a  été  question 
dans  la  théorie  du  pouvoir  inducteur  spécifique  (§  104),  et  je 


j 


LA   THÉORIE   ELECTROMAGNETIQUE   DE   MAXWELL.  127 

décompose  les   valeurs   de  /,  g,  A,  «,  /5,  /,  X,  T,  Z  dans  les 
parties  suivantes: 

a.  celles  qui  sont  produites  par  les  molécules  du  diélectrique, 
extérieures  à  la  sphère  B; 

b.  celles  qui  sont  dues  aux  molécules  à  l'intérieur  de  la 
sphère  —  la  molécule  M  elle-même  étant  toutefois  exceptée; 

c.  celles  qui  sont  indépendantes  de  toutes  les  molécules 
nommées. 

Je  supposerai  que  dans  retendue  entière  de  la  sphère  les 
moments  fHx,  My,  Mr  ont  sensiblement  des  valeurs  constantes. 
Cela  exige  que  le  rayon  R  soit  très  petit  par  rapport  à  la 
longueur  d'onde. 

Si,  après  avoir  calculé  les  valeurs  de  /,  gr,  A,  a,  |î,  /,  etc. 
pour  une  molécule  3f ,  on  veut  passer  à  une  autre  molécule, 
on  construira  autour  de  celle-ci  comme  centre  une  nouvelle 
sphère  B,  égale  à  la  première. 

§  124.  Soient  :  D  r  un  élément  de  l'espace  r  compris  entre 
les  deux  surfaces  B  et  (x, 

x'y  y\  z  les  coordonnées  du  centre  de  cet  élément, 

Wxy  M  Vf  M'^  1^^  valeurs  des  moments  électriques  dans  ce  point, 

r  la  distance  du  point  {x\  y\  z')  au  point  (a?,  i/,  z). 

En  vertu  de  l'équation  (109),  la  première  composante  du 
déplacement  diélectrique  produit  par  toutes  les  molécules  de 
l'espace  r'  a,  dans  la  molécule  Jtf,  la  valeur: 

An  J  \_()x^\  r  /      i)  X  d  y\  r  /      d  x  d  z\  r  / 


1     3 


2 


(*-')]-■• 


où    il    faut   entendre  par  M'a:,  MV)  f^'s  les  valeurs  qui  corres- 

T 

pondent  au  temps  t  —  ^^  • 

Mais,  en  appliquant  le  théorème  du  paragraphe  116,  on  trouve: 


3 

d  X 


/t^'--^/<*-'>"''"*  +  /o4(t)^''' 


128  H.   A.    LORBNTZ. 

OU  bien 


éry^'^lMT)"- ("*) 


parce  que,  en  intégrant  sur  la  surface  sphérique,  on  peut  rem- 
placer llll':r  par  la  valeur  M;r  qui  existe  au  centre  au  moment  t. 
Une  nouvelle  application  du  même  théorème  donne  : 

d 


-/5^(^')^'=-4-'"-fô(T'>'-("') 

On  a,  au  contraire, 

d  X  Zy]    r  J  d  X  d  y\  r  J       ' 

ti  X  d  z  J    r  Jdxdz\rJ        ' 

Posons  : 
alors: 

On  trouve  de  la  même  manière  : 

u  =  ^2^-^l^ * (117) 

d  y  dt         d  z    d  t 

§  125.  Lorsqu'on  veut  calculer  les  forces  (113),  il  faut  mul- 
tiplier par  4:7T  V^  e  l'expression  (116)  et  par  et]  ou  e  C  la  va- 
leur de  a.  Or,  les  fonctions  9)l:r,  9Jly,  Wlz  seront  en  général 
du  même  ordre  de  grandeur.  En  outre,  lorsqu'il  s'agit  d'un 
faisceau   lumineux,   elles  seront  périodiques  par  rapport  au 


LA   THÉORIE   ELECTROMAGNETIQUE   DE    MAXWELL.  129 

temps,  la  période  étant  égale  à  la  durée  &  d*une  vibration,  et 
elles  présenteront  une  variation  considérable  et  même  un 
changement  de  signe  si  on  passe  d'un  point  à  un  autre  qui 
en  est  éloigné  de  la  demi-longueur  d'onde.  Si  la  longueur 
d'onde  est  représentée  par  i,  l'amplitude  par  d  et  une  quel- 
conque des  fonctions  SJl^-,   3Jly,   3K^  par  9)î,  on  aura 

Il  en  résulte  que  les  derniers  termes  des  expressions  (113) 
divisés  par  les  premiers  termes,  sont  de  l'ordre: 

X  • 

Comme  ô  est  beaucoup  plus  petit  que  la  longueur  d'onde 
on  peut  se  borner  aux  termes  4  tt  F^  e  /,  etc.  et  écrire 
pour  les  composantes  de  la  force  que  la  particule  mobile 
subit  de  la  part  de  toutes  les  molécules  qui  se  trouvent  dans 
l'espace  t: 

etc. 
§  126.  Soient 

fxif  9oi  ^o>  "o>  ?ùf  /o 
les    composantes   du  déplacement   diélectrique  et  de  la  force 
magnétique   qui    existent  indépendamment  des  molécules  in- 
cluses dans  la  surface   cr.  Les  équations  (85)  démontrent  que 
les  rapports 

^     ^  etc 

J  Q         JO 

sont  de  l'ordre  F,  ce  qui  doime  lieu  à  la  même  simplification 
que  j'ai  fait  connaître  au  paragraphe  précédent.  Je  prendrai 
donc  pour  les  composantes  de  la  force  qui  est  due  à  cet  état 
de  l'éther: 

47r  F^6/o,  47r  V^ego  ,  AitV^eho (119) 

9 


130  H.    A.   LOKENTZ. 

§  127.  Je  représente  par  m'^r,  m'y,  W^  les  valeurs,  au  mo- 
ment tj  des  moments  électriques  d'une  des  molécules  M'  qui 
se  trouvent  à  l'intérieur  de  la  sphère  B,  et  par  (m';r),  (m»,  (m'») 

ces    mêmes   moments,  ti  l'instant  t ^  ?  ^  étant  la  distance 

au  centre  (a;,  j/,  z)  de  la  sphère. 

Si,  dans  la  formule  (109),  on  remplace  m';r,  m'y,  m'^  par 
(m';r),  (m'y),  (m'r),  on  obtiendra  la  première  composante  du  dépla- 
cement diélectrique  que  cette  molécule  M'  produit  à  l'intérieur 
de  M. 

Mais  : 


(m';r;  =  ttï'u:  —  y  -"Ti — h  .  .  .  ,  etc. 


d'  où  l'on  tire  : 

en  omettant  des  termes  de  l'ordre 

1     d^  m'a; 
V^r    dp     • 
On  s'assure  facilement  que  ces  derniers  termes  donnent  lieu 
à  une  partie  de  la  force 

4:7tV^ef 

qui  peut  être  négligée  par  rapport  au  premier  terme  de  l'expres- 
sion (118)   et  qu'on  peut  également  laisser  de  côté  les  forces 

e(i]y-—t^)y  etc. 
produites  par  les  molécules  M\ 

Ces  molécules  intérieures  à  la  sphère  B  exercent  donc  une 
force  dont  la  première  composante  a  la  valeur: 

^^^^'  [  •"'.ôï  G)  +  ■";  oli^C;)  +  •";  ôÏdtO)]  •  <i20) 

Cette  somme  a  la  même  forme  que  l'expression 

que  nous  avons  rencontrée  dans  le  calcul  du  pouvoir  induc- 
teur spécifique.  Elle  sera  même  égale  à  «36',  si,  dans  les  deux 
cas,  M^,  My,  fHz   ont  les  mêmes  valeurs.  En  effet,  l'expression 


LA   THEORIE    ELECTROM^G^^ETIQUE    DR    MAXWELL.  131 

(120)  nous  fait  voir  que  des  molécules  très  rapprochées  les 
unes  des  autres  agissent  mutuellement,  comme  elles  le  feraient 
s'il  y  avait  équilibre  électrique.  Les  variations  irrégulières  de 
lîl^r,  my,  m^  sont   donc   les   mêmes   dans    les  deux  problêmes. 


Équations  du  mouvement  d^une  particule. 

§  128.  La  force  totale  qui  agit  sur  une  particule  mobile  se 
trouve  entièrement  déterminée  parles  expressions  (111),  (112), 
(118),  (119)  et  (120).  Elle  doit  être  égale  au  produit  de  l'accé- 
lération de  la  particule  par  sa  masse  m. 

La  première  équation  du  mouvement  est  donc: 

ml  =  —  U  4-47rF2||ç^û>dr-+-  -Ç-'l +  ^n  VeM.r-^ 

L   dx''        dxdy      dxdz       F^    0<2   J 

H-47rF2  6/,  +  e3£' (121) 

Pour  la  simplifier,  je  fais  remarquer  d'abord  que  les  termes 

j   et  -^  TT  F^  e  M^ 


F   *         3 
sont  du  même  ordre  de  grandeur  que  les  expressions 

1^  et  V^eNm. 
Le  rapport  de  ces  dernières  est 

ce  qui  représente  le  nombre  des  molécules  qui  se  trouvent  dans 
un  cube  ayant  pour  côté  la  longueur  d'onde.  Le  terme 


I 


peut  donc  être  négligé. 
Je  poseïai  encore: 


9' 


132  H.    A.    LORBNTZ. 

je  prendrai  les  valeurs  moyennes  (§  95)  de  tous  les  termes, 
je  diviserai  par  e  F  et  j'introduirai  la  valeur  de  36'  (§106)  et  la 
constante  q  (§  107).  Tout  ceci  nous  fournit  l'équation 

q^''  '^  Ne''  V    dp    ~      l  dx^     '^dxdy'^dxdz~' 

1  o^aR^r 


D«2 


-J  +  47r  K/o  .  .  .  (122) 


Propagation  de  la  lumière. 

§  129.    Voici,    comment    on  peut  déduire  de  cette  formule 
une  équation  différentielle  contenant  seulement  M;r,  My,  Mz. 
Appliquons  à  tous  les  termes  l'opération  indiquée  par  le  signe 

.         1      0^ 

Alors,    le    dernier   terme    disparaît    parce  que  /q  satisfait  ià. 
l'équation 

/  1     D^\ 

Pour  les  autres  termes  du  second  membre, 

/        1    z""  \  3*3»;r  /       1   0»  ^  ?»  2Ry 

on  peut  écrire: 

Mais,  d'après  la  formule  (115)  et  les  deux  autres  quilui  soi=» 
analogues , 

A  3»^=  —  4 TT  M;r  H-|a  (^)  Dr', 

Grâce    à    la    signification    de  M'a?  (§  124)  et  en  vertu  de  I 
formule  (107),  la  fonction 


LA.   THEORIE    ELECTROMAGNETIQUE    DE   MAXWELL.  133 

r 

jouit  de  la  propriété  exprimée  par 


Donc 


(123) 


et  iinaleiueul: 


0»  Mv       0'  M;t        1  0*  M. 


+  r-^r^  + 


y    ,    «^     ro« 


']  ■  ■  (124) 


Il  va  sans  dire  qu'il  y  a  deux  équations  de  même  forme 
pour  My  et  M^. 

Une  quatrième  relation  peut  être  ajoutée  à  ces  formules. 
En  effet,  si  on  prend  la  somme  de  Téquation  (122)  et  de 
celles  qui  lui  sont  analogues,  après  les  avoir  diflFérentiées 
respectivement  par  rapport  à  j?,  y  et  z,  on  trouve,  en  ayant 
égard  à  la  relation 

0  X         d  y  0  z 

et  aux  formules  il23): 

/l         .      „  .       X       02  N  /OM^r   .    OMy       DMA       ^ 
\q  N  e^V  d  t^  J  \d  X  cy  dz  / 

Si  Ton  veut  que  M:r,  My,  M;?  soient  des  fonctions  périodiques 
ayant  une  période  quelconque  %>,  cette  formule  donne 

d  X  d  y  d  z 

Cela  veut  dire  que  les  vibrations  doivent  être  transversales. 
§  130.    Supposons    que    les    vibrations   électriques  dans  les 


134  H.    A.    LORENTZ. 

molécules  aient  lieu  dans  la  direction  de  0  X  et  que  les 
moments  électriques  soient  indépendants  de  x  et  de  z.  Alors, 
Féquation  (124)  devient 

/i         X     d^\fy'  _  J_  i^^  M  —  i^^^^      (\9^\ 

Si  on  pose  : 

W  sera  la  vitesse  de  propagation  des  vibrations  transversales. 
En  substituant  dans  la  relation  (125),  on  trouve 


4   ^2 


TT*     X 


^ï  —   p 


^      Ne^Vù'-  '^ 


TT*     X 


et  si  on  désigne  par 


l'indice  de  réfraction, 


™4  7r2x 


§  131.  Ce   résultat   donne    lieu    aux  conclusions  suivantes: 
a.  Si    la  masse  m   des  particules  vibrantes,  ou  la  quantité 

—  4  TT  y^  I  Ço  0)  dr  '),  est  si  grande,  que  le  terme 

4  TT^   X 


1)  Il    résulte   de  la   valeur  de  w  (§  120)  que  —  4  n    V^  i  ^^  o)  d  i  est 


c» 


positif  et  du  même  ordre  de  grandeur  que  -- ,    où    R  <»st  le  layon  d'ime 
particule.   Ce    terme  4  n    l*    i  4>o  o»  (/  r  peut   donc    Mre  négligé    vis- 

à-vis    de    /w,  lors(iue  la  condition  qui  a  été  énoncée  au  paragraphe  88  se 
trouve  remplie. 


LA    THI^iORIK    ÉLKCTROMAGNKTIQUK    DK    MAXWELL.  135 

tout  en  restant  inférieur  à  l'unité,  ait  une  valeur  sensible,  Tin- 
dice  de  réfraction  sera  d^auiant  plus  élevé  que  la  durée  des 
vibrations  est  plus  petite.  On  sait  que,  dans  la  théorie  moderne 
de  la  dispersion  de  la  lumière,  la  masse  des  particules  pondéra- 
bles qui  sont  supposées  prendre  part  aux  vibrations  lumineu- 
ses joue  un  rôle  important.  J'ai  fait  remarquer  *),  il  y  a  déjà 
bien  des  années,  que  la  théorie  électromagnétique  permet 
une  semblable  explication. 

6.    Si   la    durée    d'une  oscillation  est  suffisamment  longue, 
on  aura  à  peu  près: 

i;î  =1  -f.  4  7r  Fgr. 

Or,    le    second    membre    n'est    autre  chose  que  le  pouvoir 

inducteur  spécifique  K  (§  108)  et  on  revient  à  la  relation,  établie 

par  Maxwell, 

v^  —K. 

c.   En  supposant  que  le  facteur  s  qui  entre  dans  q  (§  107) 

peut  être  négligé,  on  trouve  que,  quelles  que  soient  les  valeurs 

de  ^  et  de  x,  l'expression 

y^— 1 

doit  être  proportionnelle  à  la  densité  du  diélectrique.  C'est  la 
loi  que  j'ai  fait  connaître  dans  le  mémoire  cité  et  qui  a  été 
établie  aussi  par  M.  Lorenz  ^)  de  Copenhague.  Elle  ne  s'ac- 
corde pas  parfaitement  avec  les  expériences,  mais  il  n'y  a  en 
cela  rien  qui  doive  nous  étonner.  Non  seulement  la  quantité 
s  peut  être  différente  de  0,  mais  il  est  très  probable  que  les 
propriétés  des  molécules  elles-mêmes  sont  modifiées  par  une 
dilatation  ou  une  compression.  Ce  sont  précisément  ces  chan- 
gements sur  lesquels  on  pourra  apprendre  quelque  chose  en 
étudiant  les  variations  de  l'expression 

v[  —  l 

^i  +  2* 


^)  H.  A.  Lorentz,  Verhandelingen  dcr  Akad.v.  Wct.Amd,,  T.  48,  1878, 
et  Wied.  Ami.,  T. 9,  p.  641,  1880. 

*)  L.  Lorenz,  Wicd.  Ann,  T.  11,  p.  70,  1880.  Le  mémoire  original  de 
M.  Lorenz  parut  en  danois  en  1869. 


136  H.    A.    LORKNTZ. 

CHAPITRE  VIL 

Propagation  de  la  lumière   dans  un  diélectrique 
pondérable  qui  se  trouve  en  mouvement. 

Equations  fondamentales. 

§  132.  Je  supposerai  dans  ce  chapitre  que  toutes  les  mo- 
lécules du  diélectrique  sont  animées  d'une  même  vitesse  de 
translation  parallèle  à  Vaxe  des  x  et  indépendante  du  temps. 
Je  désignerai  par  p  cette  vitesse  et  tout  en  conservant  pour 
le  moment  les  axes  immobiles  0  X,  0  F  et  OZ,j introduirai 
des  axes  nouveaux  qui  sont  fixement  liés  à  la  matière  pon- 
dérable. 

Le  premier  de  ces  axes  coïncidera  avec  OX;  les  deux 
autres  seront  parallèles  à  0  Y  et  à  0  2  et  coïncideront  avec  ces 
axes  au  moment  ^  :=  0.  Par  conséquent,  les  nouvelles  coordon- 
nées seront 

(x)=:x—pt,  (y)  =  y,  (z)  =  z. 

Toute  fonction  qp  qui  dépend  de  r,  y,  z  et  <  peut  également 
être  exprimée  en  (x),  (y),  (z)  et  t.  J'employerai  les  signes  : 

si  je  veux  me  placer  au  premier  point  de  vue  et  les  signes: 

^      J.      J.     J.  (127^ 

d{x)'    3(y)'    D(z)'    D(<) ^'^'> 

dans  le  second  cas. 

On  voit  facilement  que 


mais 


0  _     D          3    _    3 

dx~d{x)'    dy  ~0(y)' 

0            D 
dz  ~d(e)' 

0            D 

D 

dt      d{t)     ^  d(x)  ' 

§  133.  Dans  les  équations  (II) — (V)  on  peut  introduire  les 
dérivées  (127)  au  lieu  des  dérivées  (126).  Après  avoir  eflfectué 
cette  transformation  je  supprimerai  les  axes  fixes,  je  désignerai 


LA   THÉORIE    ELECTROMAGNKTIQUK    DE    MAXWELL.  137 

par  X,  y,  z  les  coordonnées  prises  par  rapport  aux  axes  mobiles 

et  j'écrirai   -—  ,    -r—  ,    ~-  ,    -tti    pour  ce  qui  a  été  repré- 

dx         v  y        0 z         d  t 

sente  provisoirement  par  les  signes  (127).  Enfin,  j'entendrai 
par  (I,  17,  C)  non  pas  la  vitesse  absolue  d'une  particule  chargée, 
mais  sa  vitesse  relative  par  rapport  à  la  matière  pondérable, 
de  sorte  que  les  composantes  de  la  vitesse  absolue  deviennent 

f  H-  i?,  17  et  C. 

Cela   posé,  les   équations  fondamentales  prennent  la  forme 

suivante  : 

X  =  47rK^/   ^/rfr-h^y    f    n  y  dv  —  Ç   j  n  p  d  v, 

Y  =4n  V-^j  (jgdv-^^   fnadT  -  (|  +  p)|  ^,  ;,  d  r,       (1') 

Z  =  47rV2|ç/idrH-(5-|-p)|ç/5dr  —  i7|(>«dr, 

ôi  +  o-f  +  ô7  =  ^'' (") 

'"  +  il^pl  =  o, (iir) 


D  Z         dx 

0  p       d  ce 
0 


Q  V 


+(^-''À)''i'^-"^'> 


VDy       Da;/        V0«      ^  dx  /  ^ 

§    1 34.  Tant  que  les  particules  chargées  n'ont  d'autre  mou- 
vement que  la  vitesse  commune  de  la  matière  pondérable  on 


138  il.    A.    LOKKNTZ. 

aura  |  =  iy  =  Ç  nr  0  et  la  densité  dans  un  point  (.r,  y,  z)  sera 
indépendante  de  ^.11  n'en  sera  plus  ainsi  lorsque  les  molé- 
cules sont  le  siège  des  vibrations  électriques  dont  je  me  pro- 
pose d'examiner  la  propagation. 

Dans  cet  examen  je  suivrai  pas  à  pas  la  voie  qui  a  été  tra- 
cée dans  le  chapitre  précédent.  Seulement,  comme  la  méthode 
et  les  hypothèses  resteront  les  mêmes,  je  pourrai  m'exprimer 
plus  concisément. 

Remarquons  encore  que  si,  dans  cette  étude,  il  est  question 
d'un  point  ou  d'une  surface  immobile,  cela  signifiera:  „im- 
mobile  par  rapport  aux  axes",  ou,  ce  qui  revient  au  même, 
„par  rapport  à  la  matière  pondérable".  Pareillement,  on  en- 
tendra par  le  déplacement  (x,  y,  z)  d'une  particule  le  déplacement 
qu'elle  a  subi  relativement  à  cette  matière. 


Vibrations  produites  par  une  seule  molécule, 
§  135.  On  trouvera  d'abord,  au  lieu  des  équations  (86)  et  (87)  : 


o''='"F,+ 


(r,-^â)i'f!. 


A  T7'y    {         ^  Q  y*^   Q   ) 

0^_4.F.it^i-(|+,)5-|j,|...(,29) 

Dans  ces  formules,  ainsi  que  dans  plusieurs  autres  qu'on 
rencontrera  plus  loin,  le  signe  D  est  employé  pour  indiquer 
l'opération 


LA    THÉORIK    F^LKCTROMAGNÉTJQUH:    DK    MAXWELL.  139 

§  136.  Portons  dans  les  équations  (128)  et  (129)  les  valeurs 
(88)  et  (89),  et  supposons  que  x,  y,  z,  J,  ?;,  Ç  soient  infiniment 
petits.  Comme  x,  y,  z  sont  indépendants  de  x,  y,  z  tandis  que 
^^est  indépendant  de  tj  on  trouvera,  après  quelques  transfor- 
mations, 

uj  —  ^y       PI       j^       -t-     2p  /'^  2^3^   ^0<(' 

fOzJt  0  y  0  t  y 

nB  —  'invA  ^'  (g°')  _  ^'(gp'^)  _  „  ^  (g"  ~  '^)  ! 


{     0  ydt  d  xd  t 


0  (gp  -  g)) 


OÙ  l'on  a  posé,  pour  abréger, 


D  a;  d  y  d  z 

Introduisons   maintenant   quatre    fonctions    auxiliaires    qui 
satisfont  aux  conditions: 

U^-Qo> (130) 

□  Zi  =  Ço  X,  n  Zî  =  Ço  y,  n  Z3  =  ço  2'  •  •  •  (i3i) 

et  soit 

^  +^-^-  4-'^  =^^' (132) 

dX  d  y  d  z 

On  aura  alors: 


140  H.    A.   LORBNTZ. 

(133) 


?  2  0  <»         ^  D  a;  0  r 


\ 


^=:4nVfJj^-l'-^^X-piJ^^I     '  ..(134) 

Comme  la  densité  q^  est  indépendante  du  temps,  l'équation 
(130)  peut  être  remplacée  par 

Du  reste,  les  valeurs  (133)  et  (134)  satisfont  à  toutes  les 
équations  (H')— (V). 

§  137.  Je  supposerai  que,  tant  que  la  particule  mobile  P  se 
trouve  dans  sa  position  d'équilibre,  la  molécule  entière  dont 
elle  fait  partie,  ne  fait  naître,  en  des  points  éloignés,  ni  un 
déplacement  diélectrique,  ni  une  force  magnétique,  et  cela 
même  dans  le  cas,  où  cette  molécule  est  animée  de  la  vitesse  p. 
Alors,  pour  obtenir  les  valeurs  de  /,  jr,  A,  «,  (î,  y  dues  à  la 
molécule  entière  et  relatives  à  des  points  qui  se  trouvent  à 
quelque  distance,  il  suffit  de  supprimer,  dans  les  équations 
(13B)  et  (134),  les  termes  qui  dépendent  de  co.  C'est  ce  qu'on 
reconnaîtra  par  un  raisonnement  semblable  à  celui  qu'on 
trouve  au  paragraphe  115. 


LA    THÉORIE   ÉLECTROMAGNÉTIQUE   DE   MAXWELL.  141 

Théorèmes  mathématiques  qui  serviront  à  déterminer 

§  138.     Je    commencerai     par     chercher    une    sohition    de 
l'équation 

D  V'  =  0, (136) 

ou 

Oa;*  3  y*  d  z^  dxdt     Or 

A  cet  effet,  j'introduirai  d'abord  au  lieu  de  x  une  nouvelle 
variable 

_  __r__ 

et  je  poserai 

P 


l/F»-p»"~  ■ 
L'équation  devient  alors 

La  fonction  \p  qui  est  regardée  ici  comme  une  fonction  de 
ï,  y,  z  et  t  peut   aussi    être  considérée  comme  dépendant  de 

ï,y,2,  et  r  =  ^—  p^£. 
Si  on  se  place  à  ce  nouveau  point  de  vue,  il  faut  remplacer 


0» 


0            D 

^'  -2*- 

ar»         Va 

irO<'   '     F'  3<'»' 

et  enfin 


5T®*51>P*^  dt'  ®*  ôî'ï' 


a*  D' 


par 


3j3<   ^     DE3«'        FOi'»" 


142  H.    A.    LORRNTZ. 

On  obtient  ainsi 


ou  bien 


^  ^  H  0  £'         D  y*        3  zO 


Cette  équation  a  la  même  forme  que  la  formule  (107)  ;  elle 
admet  donc  la  solution 

dans  laquelle  F  est  une  fonction  quelconque  et 


Il  en  résulte  que 

est  une  solution  de  Téquation  (136). 

On  obtient  une  solution  plus  générale  si  on  remplace  a?,  v, 
z  par  X  —  x\  y  —  y\  z — z,  x\  y\  z'  étant  les  coordonnées 
d'un  point  fixe.  Cette  nouvelle  solution  peut  être  mise  sous 
la  forme: 

1   17/         X  +  i  {x  —  x')\ 

•^  =  r^0-T7f=p-'). (138) 

si  Von  attribue  à  r  la  signification  suivante: 

'^  =  V  p^  ("^ ~  "'')'  ^  ^y  -  y'^' + (^  -  ^)*  •  •  (i-*^») 

§  139.  La  fonction  (138),  analogue  il  la  fonction 

du  chapitre  précédent,  jouera  un  rôle  important  dans  la  thé- 
orie que  nous  allons  développer.  En  effet,  elle  est  propre  à 
représenter  la  propagation  dans  Uéther  d'un  ébranlement  qui 


LA   THEORIE   BLECTRO\f AGNETIQUK    DE   MAXWELL.  143 

part   d'un    centre    unique  {x\  y\  z).  Les  particularités  de  ce 

mouvement  se  réfléchiront  dans  la  forme  de  la  fonction  F  et 

le  lieu  géométrique  des  points  (a?,  y,  z)  où  cette  dernière  a  une 

valeur  déterminée  peut  recevoir  le  nom  de  ^surface  d^onde". 

Or,  l'équation 

t  4-  f  (  J?  —  x')-=:  const. 

représente   une   sphère  dont,  si  R  est  le  rayon,  le  centre  est 

situé  au  point    fa:'  — -  ^  fi,  y\  z  \ .   Un  ébranlement    émis    au 

moment  i^  par  un  point  P  de  la  matière  pondérable  et  se 
propageant  dans  Téther,  aura  atteint,  à  un  moment  postérieur 
quelconque  <,  la  surface  d'une  sphère,  ayant  pour  rayon  F  {t  —  t^ 
et  pour  centre  le  point  de  Véther  qui  coïncida  avec  le  point 
P  à  l'instant  t^.  C'est  un  résultat  auquel  on  aurait  pu  s'attendre. 

Dans  les  paragraphes  suivants  on  trouvera  des  formules 
plus  compliquées  et  applicables  aux  cas  où  la  source  des  vi- 
brations a  une  certaine  étendue. 

§  140.  Soient: 

T  un  certain  espace  qui  se  déplace  avec  la  matière  pondé- 
rable et  dont  par  conséquent  chaque  point  a  des  coordonnées 
x\  y  y  z'  constantes, 

d  T   un  élément  de  volume  situé  au  point  {x\  y\  2'), 

F{t,x\y\z')  une  fonction  finie  et  continue. 

D'après  ce  qui  précède,  la  fonction 

lu»/'.       X  -h  e(x  —  x')      ,     ,    A 

-Fit— ,x,y,z  ] 

X      \  V^V^—p^    y     y!f  y    J 

satisfera  à  l'équation  (136)  et,  si  le  point  (x^y^z)  est  situé  à 
l'extérieur  de  l'espace  t\  il  en  sera  de  même  de  l'intégrale 

Y=l-2^(  t -  ,x  ,y  ,z  ]  dv   . 

Mais,  lorsque  (.t,  y,  z)  est  un  point  intérieur,  on  n'aura  plus 

C'est  ce  que  nous  allons  démontrer,  en  entendant  toujours 
par  I  la  limite  de  l'intégrale  1    (voir  le  paragraphe  116). 


144  H.    A.   LORKNTZ. 

§  141.  En  appliquant  la  formule  générale  (104)  on  trouve 
d'abord  : 

i^=  _  Lia.  ri  f^V  f  * -l±4ifzil, ,.  y',  Ad  ftU 

rOii^/      X  +  f{x  —  x)  \  ï 

jdx(x    \        i^K2_pî    '   '^'    )\ 

Pour  calculer  la  limite  on  peut,  dans  le  premier  terme,  rem- 
placer F  par  F  (<,  j?,  y,  2?).  Ce  terme  devient  par  conséquent  : 

ce  qui  s'annule  à  la  limite.  Donc 

X-]zx(x        \  V-W=^  ^       )^  '  ^        ^ 

Appliquons   de   nouveau  la  formule  (104)  en  y  substituant 
cette  fois- ci 

dx  I  V      \        xyv^  —  p-^  J) 

Si,   pour   abréger,  la  fonction  qu'on  trouve  dans  les   deux 
dernières  formules  est  indiquée  par  F,  il  vient: 


0 


+ 


/o-ïï(f)'^^'  = 


z=  -  F(<,  X, y,  z)  Lim  [\j{x'  -  a;)^(i-)d6]  + 

-^/3^(t>^' (^'^) 

On  a  pareillement 

l--^,  =-Fit,  x,  y,  z)  Lim  [j/  (y'  _  ,)  ^^  (1)  d  è]  -^ 
et  une  équation  de  la  même  forme  pour  -r— f .  En  outre: 


LA  THÉORIE   ÉLECTROMAGNÉTIQUE   DE   MAXWELL  145 


o-|=/li(i)- 


et,  en  vertu  de  la  formule  (140)  ^ 

dxdt~Jdxdt  \vj 
Substituons  toutes  ces  valeurs  dans  l'expression 

D  Z  =  (F*      p»)  ^  +  F»  ^-4  +  r»  ^-^  + 
*  0  x^  0  y^  0  z^ 

"^^dxdt      D<*" 
Comme  on  a 

0(0=0, 

et,  à  la  surface  sphérique, 

on  obtient 

D  X  =  -  F»  i^(<,  a;,  y,  z).  Lim  [r/^]  = 

=:_4„Ï71/F>-/)»  Jî'(<,  X,  y,  z). 
11  en  résulte  que  la  fonction 

1                C^  ipl^      X  +  f{x  —  x')      ,     ,    A  ,  , 
Y  = =^==  /— FH ^  ,  x'y  ,z\dT 

a  la  propriété  exprimée  par 

Ut  =  F{t,x,y,z). 


,1 
1  » 


10 


146  H.    A.   LORENTZ. 

Détermination  de  x^,  x^y  Xz  ^^  de  f,  g,  A,  «,  /9,  /. 

§  142.  Employons  les  mêmes  notations  qu'au  commencement 
du  paragraphe  119,  avec  cette  diflFérence,  cependant,  que  nous 
entendons  maintenant  par  (x,  y,  z)  le  déplacement  de  la  par- 
ticule à  rinstant 

x\  y\  z'    étant   les  coordonnées  du  point  B  et  r  étant  défini 
par  la  formule  (139). 
Alors,  si  on  pose 

i  =  47r  V^  y^— p2  , (142) 

on  aura,  au  lieu  des  formules  (108), 

1   f  ^ox    ,   ,       _       1   r^oy  ,   , 


Xs 


=-i/¥'^^' <^'^> 


Lorsqu'il  s'agit  de  l'effet  qu'une  molécule  produit  à  quelque 
distance,  il  est  de  nouveau  permis  de  regarder  t,  x,  y  et  z 
comme  ayant  les  mêmes  valeurs  dans  tous  les  éléments.  Les 
intégrales  peuvent  par  conséquent  être  calculées  de  la  même 
manière  qu'au  paragraphe  119.  En  substituant  dans  les  équa- 
tions (133)  et  (134),  après  y  avoir  omis  les  termes  dépendant 
de  tt),  et  en  posant 

on  trouve,  au  lieu  des  équations  (109)  et  (110), 

yt—pipy     1  pt  /m'A     v\  0'    /m'A    3_S;'^    \ 


L   d  y 

r»  D_S^'  _  J_  ^   fa^\      p  2^_  /m'A 


\ 


LA   THÉORIR   ÉLECTROMAGNÉTIQUE   DE    MAXWELL.  147 

47r  VM     D^ 


a 


?  = 


L      (dydt 

4:nV*[  D»    fv^\       d^    /m'A         dS"i 


L      Idzdt 


/m'xX       a»    /m'A         DS"/  ,,.„, 


^~"      L      ^Da; 


dt\v  )     dydt  ytJ'^PdyS' 


\ 


Ici,  m'ar,  m'y  et  m'z  désignent  les  moments  électriques  de  la 
molécule  agissante,  à  l'instant 

^'f  y\  2   étant  les  coordonnées  du  point  où  elle  se  trouve  et 
r  étant  toujours  défini  par  la  formule  (139). 

Du  reste,  les  équations  obtenues  ont  encore  lieu  lorsque  Tam- 
plitude  des  vibrations  surpasse  le  diamètre  de  la  particule 
mobile  (voir  la  Note  additionnelle). 


Valm/r  de  la  force  qui  est  produite  par  la  molécule 
elle-même  dont  la  particule  considérée 

fait  partie, 

§  143.  Pour  trouver,  comme  au  paragraphe  120,  la  réaction 
de  l'éther  sur  la  particule  vibrante,  il  faut,  au  moyen  des 
équations  (133),  (134)  et  (143),  calculer  les  valeurs  de  /,  gr,  7i, 
a,  /î,  /  à  l'intérieur  de  la  particule  elle-même,  pour  les  porter 
ensuite  dans  les  équations  (F)  (§133).  Dans  les  formules  (143), 
X,  y  et  z  représentent  les  déplacements  au  moment 

^      X'^é(îi  —  x')_^ r p  (a;  —  x') 

ces  lettres  x,  y,  z  doivent  donc  être  remplacées  par 


V^172_p2  V^—p^ 


•      •      • 


si    l'on    veut   entendre  par  x,  y,  z,  x,  y,  z  les  valeurs  relatives 
au  temps  t. 

10* 


148  H.   A.   LORENTZ. 

On  trouve  ainsi: 


Ll^  y2  _  pt 


P:-  f?.^=A)dr^,    etc. 


Quant  à  la  fonction  œ,  qui  est  déterminée  parla  condition 
(135),  elle  peut  être  représentée  par 


(O 


=— Ut^'- 


§  144.  C'est  ici  le  lieu  d'introduire  une  simplification  qui 
nous  sera  très  utile  dans  tout  ce  qui  suit.  Elle  consiste  à 
regarder  la  vitesse  p  de  la  matière  pondérable  comme  si  petite, 
en   comparaison  de  la  vitesse  de  la  lumière,    que  le  carré  de 

^  peut  être  négligé.  Cela  nous  permet  d'écrire  V^  au  lieu  de 

V»— p^  r  ouV^(^— a;')'-h  (y  —  yVM^'^^V  a^  lî^u  det, 
et  4  TT  V'^  AU  lieu  de  Z,  ce  qui  nous  donne 

5f'-~4Vl^i7^^-^4^FT"*-4irF^i T ^^' 

etc. 


co 


4:71  V^  J  r 


Après  avoir  eflfectué  les  substitutions  nécessaires,  entre  les- 
quelles je  citerai  encore  la  substitution  (88),  et  après  avoir 
supprimé  tous  les  termes  en  p^,  on  remarquera  dans  les  ex- 
pressions pour  les  composantes  de  la  force  dont  il  s'agit 
maintenant  deux  groupes  de  termes,  les  uns  indépendants  de 
p,  et  les  autres  en  contenant  la  première  puissance.  Je  vais 
démontrer  que  ces  derniers  termes  s'annulent  et  que,  par 
conséquent,  les  composantes  cherchées  ont  les  mêmes  valeurs 
que  dans  le  cas  où  le  diélectrique  ne  se  déplace  pas,  c'est-à- 
dire  les  valeurs  (111). 

Cette  démonstration  repose  sur  un  théorème  général,  qui  fera 
l'objet  des  paragraphes  suivants.  Préalablement,  je  fais  encore 


LA  THÉORIE  âLBCTROMAGNËTIQUE   D£  MAXWELL.  149 

observer  que  tous  les  termes  qui  contiennent  la  première 
puissance  de  p  renferment  également  un  des  facteurs  x,  y, 
z,  X,  etc.  En  effet,  dans  les  formules  (133)  et  (134),  il  n'y  a 
que  la  fonction  œ  qui  soit  indépendante  du  mouvement  vi- 
bratoire; mais  dans  les  fonctions  /,  g,  h  les  dérivées  de  cette 
fonction  ne  sont  pas  multipliées  par  p,  et  bien  qu'elles  le 
soient  dans  les  expressions  pour  |î  et  /,  ces  dernières  se  trouvent 
multipliées,  dans  les  formules  (I')  (§133),  soit  par  une  des  vi- 
tesses X,   y,  z,  soit  par  la  vitesse  p  elle-même. 

Du  reste,  nous  ne  ferons  aucune  attention  aux  termes  dans 
lesquels  p  est  multiplié  par  un  carré  comme  x'*^,  ou  par  un 
produit  comme  x  y,  parce  que  x,  y,  z,  x,  etc.  sont  toujours 
regardés  comme  infiniment  petits. 

§  145.  Concevons  un  système  de  particules  chargées  qui  se 
déplacent  au  sein  de  Téther  en  excitant  dans  ce  milieu  des 
mouvements  électriques,  conformément  aux  équations  (II)— 
(V)  (§  90).  Soit  E  un  plan  fixe  et  imaginons  un  second 
s^'stème,  composé  de  particules  chargées  et  d'éther,  et  dont  l'état 
est  relié  à  celui  du  premier  système  de  la  manière  suivante: 

Si  P  et  P'  sont  deux  points,  l'un  dans  le  premier  système 
et  l'autre  dans  le  second,  et  qui  sont  symétriquement  situés 
de  part  et  d'autre  du  plan  E,  on  trouvera  dans  ces  points, 
à  tout  moment, 

a.  la  môme  valeur  de  g; 

b.  des  vitesses  (J,  17,  Ç)  et  (J',  17',  Ç')  qui  sont  l'image  l'une  de 
l'autre  ; 

c.  des  déplacements  diélectriques  D  et  D'  entre  lesquels  il 
y  a  la  môme  relation; 

d.  de  telles  forces  magnétiques  H  et  H'  que  la  seconde  est 
égale  et  opposée  à  l'image  de  la  première. 

Le  nouveau  système  qui  se  trouve  ainsi  défini,  satisfera, 
aussi  bien  que  le  premier  système,  aux  équations  (II)  —  (V). 

Pour  s'en  assurer,  on  peut  rapporter  les  deux  systèmes  à 
des  axes  des  coordonnées  de  la  même  direction  et  supposer 
que  le  plan  E  soit  perpendiculaire  à  l'axe  0  X. 


150  H.    A.    LORENTZ. 

Alors,  les  variables  /,  g^  h,  a,  |5,  /,  ^r-^  ,  etc ,  qui  ont  toutes 

la  propriété  de  présenter  les  mêmes  valeurs  absolues  en  Pet 
P',  peuvent  être  rangées  en  deux  groupes,  le  premier  contenant 
les  quantités  qui,  en  P  et  en  P',  ont  le  même  signe,  et  le 
second  étant  composé  de  celles  qui  y  ont  des  signes  contraires. 

Au  premier  groupe  appartiennent,  par  exemple,  5^,  A,  r-=^  ,  r— f  , 
et  au  second  groupe/,  - — \  ,  ^  et  /5.  On  verra  facilement,  et 

o  tic       U  X 

c'est  là  le  point  essentiel,  que  tous  les  termes  qui  sont  réunis 
dans  une  même  équation  font  partie  d'un  même  groupe. 
Voilà  pourquoi  les  équations  ne  cessent  pas  d'être  satisfaites 
si  on  passe  du  point  P  au  point  P'. 

§  146.  Si,  comme  il  a  été  dit  plus  haut,  on  trouve  toujours, 
en  des  points  correspondants,  des  valeurs  égales  de  ç,  cela 
implique  évidemment  que  les  systèmes  de  particules  dont  il 
s'agit  dans  les  deux  cas  présentent  entre  eux  la  relation  qui 
existe  entre  un  objet  et  son  image.  Cependant,  nous  avons 
seulement  démontré  que,  lorsque  le  mouvement  supposé  pour 
le  premier  système  peut  réellement  exister,  il  en  sera  de  même 
du  second  mouvement,  en  tant  que  ce  dernier  satisfait  aux 
équations  du  mouvement  de  l'éther.  Il  y  faut  ajouter  la  con- 
dition que  des  forces  convenablement  choisies  doivent  être 
appliquées  aux  particules  chargées  elles-mêmes. 

Or,  il  résulte  des  équations  (I)  (§  90)  que  le  vecteur  qui  re- 
présente la  force  exercée  par  l'éther  sur  une  particule  du  second 
système  est,  à  tout  moment,  l'image  de  la  force  qui  agit  sur  la 
particule  correspondante  du  premier  système.  En  eflet,  si  l'on  s'en 
tient  à  la  direction  choisie  pour  le  plan  -E?,  on  verra  facilement 
que  tous  les  termes  dont  se  compose  X  changent  de  signe 
quand  on  passe  du  premier  au  second  mouvement,  mais  que  les 
signes  dans  les  expressions  pour  T  et  Z  ne  changent  pas. 

§  147.  L'application  de  ces  considérations  au  problème  qui 
nous  occupe  est  bien  simple.  Si,  dans  le  premier  système,  une 


LA   THEORIE   ELECTROMAGNETIQUE   DE   MAXWELL.  15I 

particule  est  animée  à  la  fois  d'une  vitesse  de  translation  p 
et  d'une  vibration  dans  laquelle  le  déplacement  est  (x,  y,  z), 
la  particule  correspondante  du  second  système  aura  une  vitesse 
qui  est  l'image  de  p  et  un  écartement  qui  est  celle  de  (x,  y,  z). 
En  vertu  de  notre  théorème,  on  peut  affirmer  que  les  forces 
que  les  deux  particules  éprouvent  de  la  part  de  l'éther  sont 
également  symétriques  par  rapport  au  plan  E. 

Dans  le  cas  où  ce  plan  est  perpendiculaire  à  0  X,  chacune 
des  quantités  y,  z,  y,  z,  etc.  sera,  dans  les  deux  systèmes, 
affectée  du  même  signe,  mais  le  contraire  aura  lieu  pour  p,  x,  x, 
etc.  Il  faut  que  la  composante  X  se  trouve  dans  le  dernier 
cas  ;  l'expression  par  laquelle  elle  est  représentée  ne  peut  donc 
contenir  aucun  des  produits  p  x,  p  x,   etc. 

En  appliquant  un  raisonnement  de  la  même  nature  aux 
composantes  T  et  Z,  et  en  supposant  que  le  plan  E  soit  per- 
pendiculaire à  0  F  ou  0  Z,  on  achèvera  de  démontrer  ce  qui 
a  été  avancé  au  paragraphe  144. 

Du  reste,  dans  la  Note  additionnelle,  je  donnerai  un  examen 
plus  général  de  la  réaction  de  l'éther  sur  une  particule  vibrante. 

§  148.  J'admettrai  encore  que  la  force  aux  composantes 

—  f^  —  fy,  —  f  ^ 

qui  est  exercée  (§  121)  sur  la  particule  vibrante  par  les  autres 
particules  de  la  même  molécule,  est  également  indépendante 
de  la  translation  de  la  matière  pondérable.  C'est  une  hypothèse 
que  nous  ne  saurions  justifier,  puisque  nous  regardons  comme 
entièrement  inconnu  le  mécanisme  qui  produit  ces  forces  in- 
térieures. Tout  au  plus,  on  pourrait  faire  voir  que  le  chan- 
gement apporté  par  la  translation  est  de  l'ordre  ^^  si  les  for- 
ces peuvent  être  représentées,  en  deux  systèmes  correspondants 
(§  145),  par  des  vecteurs  qui  sont  l'image  l'un  de  l'autre. 


152  H.   A.    LORENTZ. 


Détermination  de  la  force  totale  qui  agit  sur  une 

particule  vibrante. 

§  149.  En  reprenant  les  questions  dont  nous  nous  sommes 
occupés  à  partir  du  paragraphe  122,  je  commencerai  par  la 
force  qui  est  duo  aux  molécules  extérieures  à  la  sphère  B. 
Soient,  de  nouveau,  a;,  y,  ^  les  coordonnées  du  centre,  où  se 
trouve  la  molécule  M  contenant  la  particule  P  et  ayant  lé 
moment  électrique  (m;r,  niy,  m<?),  D  t  un  élément  de  volume 
situé  au  point  {x\  y\  z')  extérieur  à  la  sphère,  X  la  fonction 
(139),  IDIV,  MV>  ^'z  les  composantes  du  moment  électrique 
rapportées  à  Tunité  de  volume  et  relatives  au  point  {x\  y\  z) 
et  à  l'instant 

Cela  posé,  un  aura  les  valeurs  de  /,  g^  A,  a,  |î  et  /  que 
l'élément  D  r  seul  produit  au  centre  de  la  sphère,  si  on 
remplace,  dans  les  formules  (144),  (145)  et  (146),  mV,  m'y,  nfi'r 
par  IDI'^r  D  r',  M'y  D  r',  fH'z  D  r  et  une  intégration  sur  l'espace 
extérieur  à  la  sphère  nous  fera  connaître  les  valeurs  de/,  ^r,  h, 
«,  ?}  y  q^î  sont  produites  par  toutes  les  molécules  de  cet 
espace.  Si,  dans  les  coefficients,  on  écrit  V^  au  lieu  de  V^  —  p^ 
et  in  V^  au  lieu  de  L,  et  si  on  pose 

(t)+ô|('^)-tXt)=^' 


d  X 

on  trouve  : 


f-LfP^     ±^'{ÏÏA      P.^^Jf^\     ^'1/)' 

^  =d  L^-F^  oTV  r  )  +F^  D^<V  tVJ  ^  '  '        S^^^^ 
~4nJ  ldz~v^M^\v  J'^v^dxdtKt  Jj       ' 


I 


LA  THÊOBIK   ELECTROMAGNETIQUE   DE    MAXWELL.  153 

rr  D'    /MV\       3'     /M'A       3  S"!  ,,  , 

r =1  Iz^Fty-Y  )-  ^wt  \T)  ^  ^"^tJ  ^  '  • 

§  150.  Soit,  pour  simplifier, 

ces  intégrales,  qui  se  rapportent  à  Tespace  extérieur  à  la 
sphère  B  et  dans  lesquelles  [Dl'.r,  IDIV»  M'«  sont  toujours  les 
valeurs  des  moments  électriques  au  moment 

X  -^  fr  ix  —   X') 
l _ 

seront  des  fonctions  de  a?,  y,  2  et  <. 
Ecrivons,  pour  un  moment, 

\hx  =  F{t,x,y,z), 
et,  par  conséquent, 

X  -{-  t{x  —  x') 

L'intégrale  '  3Jl.r  devient  par  cela  analogue  à  Tintégrale  x  du 
paragraphe  140  et  on  trouve 

d 
et 

0 

0 

Il  est  vrai  que  le  rayon  B  de  la  sphère  B  n'est  pas  infini- 
ment petit,  comme  Tétait  celui  de  la  sphère  b  du  paragraphe 
116,  mais  il  a  été  supposé  si  petit  qu'on  peut,  à  la  surface 
B,  remplacer  M'a?  par  M^. 

En  négligeant  des  termes  de  Tordre  p^,  on  peut,  dans  la 
première  intégrale,  remplacer  X  par  la  distance  r,  ce  qui  nous 
donne  : 


MV=i^{  t—\..; — =^  ^x\y\z    )  . 


X         i  dx  \  X  J 


154  n.    A.    LORENTZ. 


^'m.  4    ..       f  d^   /M 


dx''  3 

Pareillement  : 

0^  m. 


7Z  TT 


"'^IMy)"''- 


J  dxuy  \  X  / 


d  xd  y      J  d xdy 


etc. 
Enfin  : 


d^m.      fd 


= li;  m  -■. 


-  f  11  /^— ^  D  r' 

Oxdt       J  Oxùt\  V  J 

etc. 

§  151.  Ces  relatious  conduisent  à  écrire,  au  lieu  des  expres- 
sions (147)  et  (148), 

1  1    r  d^ i_  0^.      ^  o*aR.  -] 


a 


d  y  d  t  dzd  t   ^ 


OU 


^"^  ~  dxdt         dydt  ~^  ^   dy    ' 


03K^     0  m,     d  m. 


d  X  d  y  d  Z     ' 

§  152.  Il  nous  reste  à  porter  ces  valeurs  dans  les  équations 
(r)  (§  133),  qu'on  peut  préalablement  simplifier  en  regardant 
fy  9)  hj  a,  (5,  /   comme  constants  à  Pintérieur  de  la  particule 


LA   THÉORIE   ELECTROMAGNETIQUE   DE   MAXWELL.  155 

P.  Les  composantes  de  la  force  exercée  par  la  partie  du  diélec- 
trique qui  se  trouve  au  dehors  de  la  sphère  B  deviennent 
ainsi 

,=:4  7r  Pe5r+  —-a—-^y  —  peY,       .-    -  (150) 

Avant  d'effectuer  les  substitutions  (§  153),  j'appellerai  l'at- 
tention sur  l'ordre  de  grandeur  des  différents  termes.  Confor- 
mément à  ce  qui  a  été  dit  au  paragraphe  125,  on  a 

-'^=)T'^o^(=)p'-D7^(=>¥-^'^'^- 

De  plus; 

i(=)  V^. 

Donc,  si  on  désigne  par/,  ...^/,  les  parties  des  six  fonc- 
tions qui  ne  contiennent  pas  le  facteur  p  et  par  f^ y^ 

celles  où  il  se  trouve, 

/,(=)<;.  (=)/i,(=)iM+^-j^, 
/î  i=^9i  (=)  ^2  (=)  4^p  Y^, , 

«,(=:)iî,(=)y,(=)    ^, 

Passons  rapidement  en  revue  les  termes  qui  paraissent  dans 

les  expressions  pour  X ,  •  T , ,  Z , . 

a.  Les  produits  4  tt  V*  e  /, ,  4  tt  F*  eg^   et  4  7t  F'  e/i,   con- 
tiennent des  parties  qui  sont  du  même  ordre  de  grandeur  que 

e  m 

b.  Comme  -^  (=)  -  . 


156  H.    A.    LORKNTZ. 

les  termes  de  la  forme 


sont  comparables  à 


d  fïïy 

"dt  ^' 
ebm 


ils  peuvent  donc  être  négligés  en  présence  des  produits  pré- 
cités, et  cela  parce  que  Tamplitude  8  est  beaucoup  plus  petite 
que  la  longueur  d'onde  0-  F. 

c.  Les  expressions  ^nV'^  c/,,  etc.  sont  de  l'ordre: 

Ces    termes  devront  être   conservés,  parce  que  ce  sont  eux 
qui  détermineront  l'influence  de  la  translation  du  diélectrique. 

d.  Au  contraire,  on  peut  omettre  toutes  les  quantités  de  la 
forme 

d  Vtiy 


dt 


ri\ 


en  effet,  on  obtient  une  idée  de  leur  grandeur  au  moyen  de 
l'expression 


V  & 


3   f 


qui  est  très  petite  en  comparaison  de  la  fraction  (151). 

e.  Les    termes   pey^    et  pe^^  doivent  être  retenus,  parce 
qu'ils  sont  de  l'ordre 

et,  i)ar  suite,   comparables  aux  termes  que  nous  avons  nom- 
més en  troisième  lieu. 

f.  Enfin,  on  peut  naturellement  négliger 

pey^  et  pe^^y 
ces  produits  étant  proportionnels  à  p^. 


LA   THÉORIE   6lECTR0MAGNÉTIQUB   DE   MAXWELL.  157 

§  153.  Voici  maintenant  le  résultat  final  des  substitutions: 

Il    importe  de  signaler  l'origine  différente  des  deux  termes 
4n  V"^  eg^  et  — p^/t   qui,  par  leur  combinaison,  ont  produit 

le  terme  p  e  -r — —  .  Le  premier  provient  de  ce  que  le  dépla- 

cément  diélectrique  qui  est  excité  par  les  particules  vibrantes 
est  modifié  par  la  translation  p.  Le  second  est  simplement  la 
force  que  la  particule  e  subit  en  vertu  de  son  mouvement, 
avec  la  vitesse  j?,  à  travers  le  champ  magnétique  que  les 
vibrations  ont  fait  naître.  Des  remarques  analogues  s'appli- 
quent au  terme  p  e  r— x^  dans  l'expression  pour  Z , . 
§  154.  Représentons,  comme  au  paragraphe  126,  par 

les  composantes  du  déplacement  diélectrique  et  de  la  force 
magnétique  qui  sont  produits  par  des  causes  extérieures  au 
corps  considéré.  A  ces  composantes  correspondra  une  force, 
agissant  sur  la  particule  P  et  ayant,  d'après  les  formules  (F), 
les  composantes 

47rV^ef^,inV^ego—per^,4nV''eho-hpe^o^  .  .  (152) 
Pour  la  raison  qui  a  été  alléguée  au  paragraphe  1 26,  nous 
avons  omis  ici  les  termes  de  la  forme 

dïïïy 

§  155.  Pour  compléter  cet  examen  de  la  force  qui  agit  sur 
une  particule  vibrante,  nous  avons  encore  à  étudier  Faction 
des  molécules  qui  sont  incluses  dans  la  sphère  B.  Les  com- 
posantes de  cette  force  seront  de  nouveau  indiquées  pare3Ê', 


158  H.    A.   LORENTZ, 

e  ^',  e  3';  leurs  valeurs  moyennes,  les  seules  dont  nous  aurons 
besoin,  seront  déterminées  —  du  moins  dans  un  diélectrique 
donné  —  dès  que  l'on  connaît  pour  chaque  instant  les  valeurs 
de  fhx,  My,  M^  au  point  considéré  [x,  y,  z).  En  effet,  la  sphère 
B  est  très  petite  par  rapport  à  la  longueur  d'onde;  on  peut 
donc  faire  abstraction  du  changement  que  subissent  M^r,  My,  M;r 
quand  on  passe  d'un  point  à  Tautre 

C'est  ainsi  que,  pour  un  milieu  immobile,  on  pourrait  écrire 
(§§  127  et  106): 

e  W=  A  M:r,  e  W=  A  My,  e^=:  ^  M., (153) 

A  étant  une  constante,  dont  la  valeur  n'aura  du  reste  aucune 
importance  pour  ce  qui  suivra. 

Quelle  est  maintenant  l'influence  de  la  translation  imprimée 
au  diélectrique?  Elle  pourra  donner  lieu  à  des  termes  qu'il 
faiit  ajouter  aux  composantes  (153),  et  qui  forment  des  séries 
ordonnées  suivant  les  puissances  ascendantes  de  la  vitesse  p. 
Nous  nous  bornerons  aux  termes  du  premier  degré. 

Un  coup  d'œil  sur  les  formules  (I'),  (145)  et  (146)  suffit 
pour   comprendre    que   tous  les  termes  dont  il  s'agit  doivent 

i)  M 
être  des  fonctions  linéaires  de  ÎHx,  My,  M«,  -^rr^,  etc.  Si  donc 

o  t 

<)  M 
nous   désignons  par  {fHa)  une  fonction  linéaire  de  Mar,  -t—  , 

etc.,  en  attachant  un  sens  analogue  aux  signes  (My)  et  (M«),  on 
aura,  au  lieu  des  composantes  (153)  : 

e^'=Ans'hp\{n^)t  -h(My),  +(M.),  j  , 

e^'  =  Any+p\  (M.),  +  (My),  -h  (M.),  j  ,   [  . .  (154) 

e  3'=^M.-hp|(M;r)3  +  (My)3  -h(M.)3  j  . 

Or,  dans  le  cas  d'un  diélectrique  homogène  et  isotrope,  tous 
les  termes  en  p  doivent  s'annuler.  C'est  ce  que  nous  démon- 
trerons dans  les  deux  paragraphes  suivants;  après  cela,  nous 
reviendrons  à  l'étude  du  mouvement  des  particules  (§  158). 


LA   THÉORIE   éLECTROMAGNETIQUE   DE    MAXWELL.  159 

§  156.  Ppur  arriver  à  la  simplification  que  je  viens  d'indi- 
quer, on  peut  se  servir  d'un  raisonnement  analogue  à 
celui  qu'on  trouve  dans  les  paragraphes  145  et  146.  Après  avoir 
choisi  un  plan  fixe  E,  on  peut  concevoir  un  système  N'  qui  soit 
à  tout  moment  l'image  exacte  du  diélectrique  considéré  iV,  et  cela, 
non  seulement  en  ce  qui  concerne  l'état  de  l'éther  et  la  dis- 
tribution des  particules  chargées,  mais  aussi  en  ce  qui  regarde 
les  autres  parties  constituantes  de  la  matière  pondérable;  en 
effet,  nous  nous  figurerons  qu'à  chaque  point  matériel  du 
premier  système  corresponde,  dans  le  second,  un  point  qui 
est  doué  des  mêmes  propriétés.  Nous  avons  déjà  vu  que  le 
nouveau  mouvement  est  compatible  avec  les  équations  (II)  — 
(V).  Ajoutons  maintenant  que,  si  le  premier  système  satisfait 
aux  équations  qui  déterminent  le  déplacement  des  particules 
chargées,  il  en  sera  de  même  du  second  corps.  La  raison  en 
est  que  non  seulement  les  vecteurs  qui,  dans  les  deux  corps, 
représentent  les  accélérations  des  particules,  mais  aussi  ceux 
qui  indiquent  les  forces,  s'accordent  entre  eux  comme  des 
objets  et  des  images  correspondantes.  C'est  ce  qui  a  été  dé- 
montré au  paragraphe  146  pour  les  forces  qui  sont  exercées 
par  l'éther;  et  il  est  naturel  d'admettre  la  même  chose  pour 
celles  qui  sont  en  jeu  à  l'intérieur  de  molécules  correspon- 
dantes. 

§  157.  Un  corps  amorphe  et  parfaitement  isotrope  est 
tellement  constitué  qu'il  possède  les  mêmes  propriétés  qu'un 
corps  qui  en  serait  l'image;  du  moins,  il  en  sera  ainsi  tant 
qu'on  se  borne  aux  phénomènes  dépendant  d'un  grand  nombre 
de  molécules.  On  pourra  donc  prendre  pour  iV'  un  corps  qui 
est  absolument  identique  à  iV  et  qui  est  orienté  de  la  même 
manière,  et  non  pas  en  sens  inverse  ;  dans  ces  deux  corps,  il 
pourra  toujours  exister  des  mouvements  qui  sont  l'image 
l'un  de  l'autre  en  ce  qui  regarde  tàa^,  My,  Mr  et  les  forces 
moyennes  agissant  sur  les  particules. 

Je  rapporterai  les  corps  N  et  N'  à  un  même  système  de 
coordonnées,  et  je  supposerai,  on  premier  lieu,  que  le  plan  E 


160  H.    A.    LORENTZ. 

soit  perpendiculaire  à  Taxe  des  x.  Alors,  les  quantités  fh^  et 
\hz  auront,  en  deux  points  correspondants,  les  mêmes  valeurs 
et  les  mêmes  signes,  mais  M;r  et  p  (la  translation  étant  tou- 
jours dirigée  suivant  0  X  dans  le  premier  corps)  auront,  à 
valeurs  égales,  des  signes  contraires.  D'un  autre  côté,  les  forces 

e  36',  e  D',  e  3'  auront,  dans  les  deux  corps,  les  mêmes  valeurs 
absolues,  mais  ce  ne  sont  que  les  deux  dernières  qui  auront 
également,  en  iV  et  N\  les  mêmes  signes. 

Comme,  du  reste,  les  coefficients  dans  les  fonctions  linéaires 
(Mr),,  etc.  seront  les  mêmes  dans  les  deux  cas,  il  faut  que  le 
terme  p  (M^r) ,  s'annule  ;  en  effet,  ce  terme  aurait,  dans  les  deux 
corps,  le  même  signe.  Les  termes  p  (My) 2,  v{^^)i}  P{^y)zi 
p{fhz):^  doivent  s'annuler  pour  une  raison  semblable,  et,  en 
considérant  l'image  du  mouvement  par  rapport  à  des  plans 
perpendiculaires  à  0  Y  et  0  Z,  on  démontre  la  même  chose 
pour  les  termes p(My),,  p(Mz),,  p{f^x)^j  p([Dlar)3.  On  peut  donc 
toujours  se  servir  des  équations  (153). 


Équations  du  mouvement  d^une  particule. 

§  158.  En  rassemblant  les  données  dispersées  dans  les  pa- 
ragraphes 144,  148,  153,  154  et  155,  on  voit  que  la  formule 
(121)  et  les  deux  autres  que  nous  aurions  pu  lui  ajouter  doi- 
vent être  remplacées  par 

02^    o^3K.     io^3K.    D2-n 
^^  dx~  dt^  ^TP\dTdi^  dtW^^''^^^^^^^^ 

.  f  e^  ..       r4 

miy  =  —  fy  +  47r  V^  1]  j  QQ(odT  +  y  ^-hej  gTrP  MyH- 


(155) 


^      dz     dt^ 


P^^t]  "^  ^^^'  '^'^  "^  P^i^o+^3'. 


LA   THÉORIK   ÉLECTROMAGNÉTIQUE   DE    MAXWELL.  I  61 

Je  ferai  subir  à  ces  formules  les  changements  qui  ont  été 
indiqués  au  paragiaphe  128  —  en  divisant  cependant  par  e 
et  non  pas  par  e  V  —  et,  pour  abréger,  je  réunirai  en  un 
seul  terme  tout  ce  qui  résulte  de  chacun  des  trois  groupes 

•  r  4 

En  ayant  égard  aux  formules  (153),  on  trouve  pour  ces  trois 
groupes 

[jnV^^  _^__! JM,_^^  __  ,  etc. 

Je  me  bornerai  à  des  vibrations  simples  de  la  période  &. 
Dans  ce  cas: 

-g^  =  --^M.,  etc. 
Donc,  si  on  pose 

=4  7rQ, 


Ne'' 
les  trois  groupes  deviennent 

47rQM;r,   47rQMy,  ^nQfhz. 

Il  n'est  pas  nécessaire  de  nous  occuper  de  la  valeur  de  Q; 
il  nous  suflSt  que  pour  un  corps  et  une  durée  de  vibration 
donnés,  cette  quantité  est  une  constante,  indépendante  de  la 
vitesse  p. 

En  somme,  les  équations  (155)  prennent  la  forme 

A         nu      ^V^^^       O^aJl^r,^  J0^3«:r       O^'L.      l/2f-0 

4  .  e  M,  +  P  J-f-Çf^^P  '^  ^4.FV.-p..=0,     (156) 


11 


162  H.    A.   LORBNTZ. 


Équattofis  différentielles  qui  déterminent  Ma-,  My,  tHz. 

§  159.  Dans  le  chapitre  précédent,  nous  sommes  parvenus 
à  ces  équations  en  soumettant  la  formule  (122)  à  l'opération 

1_  0^ 

Maintenant  que  les  équations  (156)  se  rapportent  aux  axes 
mobiles  0  Z,  0  Y,  0  Z,  c'est  l'opération 

qu'il  leur  faut  appliquer. 

On  fait  disparaître  ainsi  /q,  g^y  /t^,  a^,  /5q,  /q,  parce  que 

Comme,  de  plus  (§  150), 

na».-  =  -47rM.,na»y  =  -47rMy,n3».  =  -47rM^, 

il  vient 

r\r-nêÊ  T7î^^    .      ^^"'^  (3*  Mot         D  ^'  i  ^ 


on  M  _yî^+  ^liî?  _  „  i!!^  —  0 


où  nous  avons  posé 


0  Ma:     ,      0  My  Dm;? 

d  X  d  y  d  z 


Entraînement  des  ondes  lumineuses  par  la  matière 

pondérable. 

§  160.  Concevons  d'abord  des  ondes  planes  qui  se  propagent 
dans  la  direction  de  0  X,  Les  moments  électriques  sont  alors 
indépendants  de  y  et  de  z  et  on  peut  satisfaire  aux  équations 


LA   THÉORIE   ÉLECTROMAGNÉTIQUE    DK    MAXWELL.  163 

en  supposant  qu'ils  ont  partout  la  direction  de  0  Y.  En 
effet,  en  posant  M^  =  Mz  ="0  et  en  supposant  My  indépendant 
de  y  et  de  z,  on  satisfait  à  la  première  et  à  la  troisième  des 
équations;  la  deuxième  se  réduit  à 

ou  bien,  si  on  néglige  toujours  les  termes  en  p*,  à 


où 


&■=  1 


La  fonction 


My  =  c  C08  -^y—j^j 


satisfait  à  cette  équation,  si 

W*         W      ^        ' 

d'où  l'on  déduit  pour  la  vitesse  de  propagation,  en  négligeant 
de  nouveau  les  termes  en  p*, 

W=:±-~ ^ (157) 

Pour  p  =r  0,  cette  valeur  devient 

la    vitesse     W^^   dans   le   cas  où  le  diélectrique  se  trouve  en 
repos    est  par  conséquent  donnée  par 

g{  \^~Q   n'est  autre  chose  que  l'indice  de   réfraction  v.    La 
ferra ule   (157)  devient  par  cela: 

P 


pr=±TF„-    , 


ir 


164  H.    A.   LORENTZ. 

C'est  la  vitesse  de  propagation  par  rapport  à  la  matière 
pondérable.  Pour  obtenir  celle  du  mouvement  relatif  des  ondes 
lumineuses  par  rapport  à  Téther,  il  y  faut  ajouter  la  vitesse 
p.  On  obtient  ainsi: 


±«'o+(l-^)p. 


Quel  que  soit  le  sens  dans  lequel  les  ondes  se  propagent 
—  c'est-à-dire  quel  que  soit  le  signe  qui  précède  W^  —  on 
voit  que  le  mouvement  de  la  matière  pondérable  avec  la 
vitesse  p  imprime  toujours  aux  ondes  une  vitesse  qui  est 
une  fraction  déterminée  de  p.  Le  facteur 

i-7r (1S«) 

est  précisément  le  coefficient  d'entraînement  que  Fresnel  a 
introduit  dans  la  théorie  de  l'aberration  et  qui  peut  servir  à 
rendre  compte  des  expériences  de  M.  Fizeait  '),  répétées  dans 
ces  dernières  années  par  M  M.  Michelson  et  Morîey  '),  sur  la 
propagation  de  la  lumière  dans  une  colonne  liquide  qui  se 
déplace. 

Remarquons  encore  que,  d'après  notre  théorie,  la  valeur 
(158)  est  applicable  à  chaque  espèce  de  lumière  homogène,  si 
seulement  on  entend  par  t/  l'indice  de  réfraction  qui  lui  est 
propre  ^). 

§  161.  Lorsque  la  direction  de  propagation  des  ondes  est  per- 
pendiculaire à  celle  dans  laquelle  se  déplace  le  milieu,  il  faut 
distinguer  deux  cas  principaux.  Dans  le  premier,  les  vibrations 
électriques  sont  normales  au  plan  qui  contient  les  deux  directions 
indiquées;  dans  le  second  cas,  elles  sont  parallèles  à  ce  plan. 


^)  Comptes  rendus,  T.  83,  p.  349;  Pogg.  Ann.,  Erg.  3,  p.  467. 

*)  American  Jommal  of  Science,  3d  Ser.,  Vol.  31,  p.  377. 

3)  Dans  un  Mémoire  qui  parut  en  1880  (Phil.  Mag,  5th  Ser.,  Vol.  9, 
p.  284).  M.  J»  J.  Thomson  s'est  occupé  de  la  propagation  de  la  lumière 
dans  un  diélectrique  qui  se  déplace.  Cependant,  dans  cette  étude,  il  n'est 
aucunement  question  de  la  perméabilité  pour  l'éther  et,  suivant  Tauteur, 
le  coefllcient  d'entraînement  aurait  toujours  la  valeur  \. 


s 

LA   THEORIE   ELECTROMAGNETIQUE   DE   MAXWKLL  165 

a.  Le  premier  cas  se  présente  si  M.r  ==  My  =  0  et 
Les  trois  équations  se  réduisent  à: 


mais  l'opération  Q  équivaut  maintenant  à 


p_^_    ^' 


L'équation  ne  contient  donc  plus  p  et  la  vitesse  TT  devient 
indépendante  du  mouvement  du  milieu. 

6.  Dans  le  second  cas,  les  vibrations  ne  peuvent  plus  être 
rigoureusement  transversales  ;  elles  feront  avec  la  direction  de 

propagation    un  angle  dont  le  complément  est  de  Tordre  ^  . 

Cependant,  la  vitesse  de  propagation  reste 

En  efiet,  on  peut  satisfaire  aux  équations  du  mouvement 
par  les  valeurs: 

it, = c  cos^  Çt  -  ^y 


Il  est  facile  d'étendre  ces  résultats  à  une  direction  de  pro- 
pagation quelconque. 


166  H.    A.    LORENTZ. 


NOTE  ADDITIONNELLE. 

Pour  simplifier  autant  que  possible  les  considérations  qu'on 
vient  de  lire,  je  me  suis  borné  au  cas  où  l'amplitude  des  par- 
ticules vibrantes  est  plus  petite  que  leur  diamètre.  Je  vais 
démontrer  maintenant  que  les  résultats  obtenus  subsistent 
encore  lorsque  les  excursions  sont  beaucoup  plus  considérables. 
C'est  le  théorème  du  paragraphe  141  qui  nous  permettra 
d'arriver  à  cette  théorie  plus  générale. 

Valeurs  générales  de  /,  g,  h,  a,  /5,  /. 

1.  Reprenons  d'abord  le  problème  d'une  seule  particule 
mobile  (§  135).  Les  composantes  du  déplacement  diélectrique 
et  de  la  force  magnétique  qu'elle  produit  dans  l'éther  satis- 
feront partout  aux  conditions  (128)  et  (129),  les  derniers  mem- 
bres étant  des  fonctions  connues  de  x,  y,  z  et  t,  si  on  regarde 
comme  donné  le  mouvement  de  la  particule. 

Représentons  par 

%  (<,  X,  y,  z),     ®  {t,  X,  y,  z),     §  {t,  x,  y,  z), 
21  (t,  X,  y,  2),     33  {t,  X,  y,  z),     6  («,  a?,  y,  z) 

ces  fonctions,   qui,  du  reste,  sont  0  dans  tous  les  points  que 
le  corpuscule  n'atteint  pas. 

Alors,  on  satisfait  aux  équations  (128)  et  (129)  par  les  valeurs  : 

/=  -^j\%{t-^y,y\z')dT',g=-  ^l^^{t-*,x-,y',z')dv', 

h=-~j^^{t-»,x',y',z')di',.    .  .  .  (159) 

i  fi  i  fi 

«=  — — JY2l(<-x,a;',y',z')dr',(9=— -^j— S3{<— x,a',y',z')dr', 

yz=z--j-lj^(t-,c,x,i,\z')dT; (160) 


où 


LA    THÉORIB   ÉLECTROMAGNÉTIQUE   DE   MAXWELL.  167 

_  r  -i-fix  —  x')  _         X  p{^~  ^') 


et 


Rappelons  encore  que,  dans  leô  formules  (159)  et  (160),  et 
dans  celles  qui  vont  suivre,  le  signe  1  a  toujours  la  signifi- 
cation de  Lim  i     (§  116). 

Avant    d'employer    les    valeurs   trouvées,  il    est  nécessaire 
d'examiner   si  elles  satisfont  aux  équations  primitives  (IF) — 
(V)  (§  133).  Je  n'écrirai    pas  au  long  toutes  ces  vérifications  ; 
je  me  contenterai  de  faire  voir  que 

dX         dy         d  Z  ^' 

Vérification  de  la  formule  (II'). 

2.  Si  la  fonction  U  dont  il  fut  question  au  paragraphe  116 
devient  0  à  la  surface  cr,  la  formule  (103)  se  réduit  à 

dl      f  dU  .  ,       r  dU 


d  X 


Jrdx'  Jrdx 


ce   qui  restera  vrai    à  la  limite,  pour  r  =  0.  D'autre  part,  il 
est  clair  que 

(À  +  -à  )  Ît  ^  ('-'*'  -''  y''  'i^-  [^]  ii  ^  ('  -  "'  -''  y''  'i' 

si  par  le  signe   I  - — ;  1  on    indique    une   difFérentiation   dans 

laquelle  t  et  x  sont  regardés  comme  constants. 
De  ces  formules  on  déduit 


168  H.    A.   LORENTZ. 

avec  (les  expressions  analogues  pour  —-  et  - —  . 

d  y       0  z 

Posons  : 

^  d  i^y  ^,  y  y  g)    .    d®(t,x,y,z)        d  JQ  (<,  X,  y,  z)  _ 

Ô^  ■*"  d^  ^  d'z  n(t,x,f,,z). 


Alors, 

+  l^  =  -^f-^ri(t-^^x\y\z)dT'    .  .  .  (161) 


df      dg       dh  1    ri 

dx       d  y 

En  se  rappelant  que,  dans  les  formules  (128),  x,y,z  sont 
les  coordonnées  d'un  point  immobile  par  rapport  aux  axes 
et  que,  par  conséquent, 

0 
D 

on  trouvera 


^    ^  3a!3<        3  <» 

Soit 

Q=i»{t,x,y,z); 
alors  : 

*   [^]  +  2p    [À]3V3>i*^'-'''^''^''^')' 

où  les  crochets  signifient  la  même  chose  que  ci-dessus. 
Mais,  en  écrivant  &  au  lieu  de  &  {t  —  x,  x,  y\  z),  on  a 

oo-_     oo-ox     r^^^^i 


-hF 


0  a;' 
0^  0-  00-O^x        0» 


-H    I  :^^  I  ,  etc. 


LA   THÉORIE   ELECTROMAGNETIQUE   DE  MAXWELL.  169 

Au  moyen  de  ces  relations  on  peut  éliminer  les  dérivées: 

[H]  '  [o^J  '  '^■' 

ce  qui  nous  donne 


H- 


d7  + 


r    Lr  ^       dx  ^)dxdt  dy  dy  dt  dzdz  dtj 

En  ayant  égard  aux  valeurs  de  x  et  de  t,  on  démontre  que 
le  terme  en  — j  s'évanouit  et  que  les  termes  qui  suivent  peu- 
vent être  mis  sous  la  forme: 


Idx' 


/I/o  os  f7*i 


H-    ^^ 


1-2      ^ 


Dans  la  formule  (161),  cette  expression  donne  lieu  à  des 
termes  dans  lesquels  Tintégration  par  rapport  à  Tune  des 
variables  x\  y',  z'  peut  être  efifectuée.  Le  résultat  est  la  limite, 
pour  Lim  r=:0(§116),  de  Tintégrale  suivante,  étendue  à  la 
surface  sphérique  6: 

+    V^  (2  —Z)p^,+p  (x'-X)  {  d  b. 

0  z  ) 


170  *         H.    A.    LORENTZ. 

On  voit  facilement  que  cette  limite  est  0  et  que,  par  con- 
séquent, réquation  (161)  devient 

3.  La  dernière  formule  devient,  par  une  intégration  partielle 
réitérée, 

- -i-I-"»  [J/»j( •"-?■)(«  -»te  (t)  +  "•  <"■  -»)5?  (î) 


+ 


+ 


•"<^-')5^(t)!"]- 


Le   deuxième    terme    est    0   et   dans  le    troisième  on  peut 

remplacer 

^(<  — X,  x\  y\  z') 

par    la    valeur    de   cette   fonction  pour  x'  :=zx,  y  =.  y,  z  =  0, 

c'est-à-dire,  par 

%  (<,  r»,  y,  z)  ou  ç. 

Ce  terme  devient  ains': 


-^-LimLrj^J=^.4.r  ^ =  ç. 

D'un  autre  côté: 

donc 

^S      '^  g      ^^_  ^  r  a  F  n 


LA    THÉORIE   ELECTROMAGNETIQUE   DE    MAXWELL.  171 

Déplacement  diélectrique  et  force  magnétique  quune  particule 

vibrante  produit  à  quelque  distance. 

4.  Prenons  pour  origine  le  point  où  se  trouve  le  centre  de 
la  particule  lorsqu'elle  occupe  sa  position  naturelle.  Alors,  les 
valeurs  de  x  ,  y' ,  z  pour  lesquelles  les  fonctions  : 

I    ^(^-x,  x\  y\  z),  etc (162) 

diffèrent  de  0.  seront  très  petites  par  rapport  à  la  longueur 
d'onde.  Elles  le  seront  également  par  rapport  k  x,  y^  z  et  t, 
si  le  point  (r,  y,  z)  pour  lequel  on  veut  calculer  /,  g^  A,  a,  (î,  / 
est  situé  dans  une  autre  molécule,  même  lorsque  celle-ci  est 
une  des  plus  voisines. 

Cela  posé,  on  peut  développer  les  fonctions  (159)  et  (160)  en 
séries  rapidement  convergentes.  Soient  1*0  et  Kq  les  valeurs  qui 

correspondent  à  x  =  y'  =:  2  =r  0,  et  désignons  par    r— ,    ,  etc. 

des  différentiations  dans  lesquelles  on  regarde  comme  constants 
les  X  ,  y\  z'  qui  entrent  explicitement    dans  ces  fonctions  et 

comme  variables  seulement  X  et  x.  Alors: 

+  y'lD^  \[\%{.t-rc,x,y',z)\+  etc. 

En  efiFectuant  les  iifiFérentiations  indiquées  dans  le  second 
membre^  on  est  conduit  à  des  expressions  contenant  des  dé- 
rivées de  —  %  (t —  X,  X  ^  y\  z)  par  rapport  à  t  et  à  x,  mul- 

tipliées  par  des  dérivées  de  t  et  de  x  par  rapport  à  x  ,  y  ,  z\ 
Dans  les  dérivées  de  la  première  espèce,  on  remplacera  X  et 
X  par  to  et  Xo;  dans  celles  de  la  seconde  espèce,  on  substi- 
tuera en  outre  a?'  c=  y'  =  2'  =  0. 


172  H.    A.   LORENTZ. 

Or,  tout  cela  peut  être  exprimé  bien  plus  simplement.  En 
efifet,  pour  les  fonctions  dont  il  s'agit  ici, 


=  r— T-  etc. 


I  dx""  !      dx^ 

et,    lorsqu'il    est    question  des  dérivées  par  rapport  à  ar,  y,  z, 
la  substitution    de  X^  et  a^  pour  r  et  x  peut  avoir  lieu  avant 
la  difiFérentiation. 
Donc: 

g;  (t  —  K,  x\  y\  z')=  —  '^{t  —  x^,  x\  y\  z')  — 

X,  Ko 

et,  d'après  les  formules  (159)  et  (160), 

-  i  [il'  ^''h  2-  'ù  Ihh  %^^']^-)^^^  (164) 

où,   pour  abréger,  on  a  écrit  %y   ®,  §,  21,  35,  ®  au  lieu  de 
%it-  «o,  ^\  y ,  ^'\  ®  (<  -  «o,  -t^',  y ,  ^'),  etc (166) 

6.  Si  on  entend  par  q  la  densité  de  la  charge  qui  existe,  au 
moment  <,  dans  le  point  {x ^y\z\  et  par  (5,  17,  C)  la  vitesse 
dont  la  particule  est  animée  à  ce  même  instant,  on  aura: 


LA   THÉORIE   ELECTROMAGNETIQUE   DE   MAXWELL.  173 

La  même  expression  peut  être  prise  pour  la  première  des 
fonctions  (166),  pourvu  seulement  qu'on  prenne  pour  ç,  |,  iy,  C, 

-T-  les  valeurs  relatives  au  temps  t  —  Xq.  Recherchons  ce  qui 
d  z 

en  résulte  pour  les  intégrales  de  la  formule  (164). 
a.    Valeur  de    /  ^  d  r'. 
On  a  évidemment: 

et  cela  parce  que  la  densité  q  est  une  fonction  continue  des 
coordonnées  qui  s'évanouit  aux  confins  du  champ  d'intégra- 
tion ').  D'un  autre  côté: 

I  ç  d  r'  =  6. 

Si  donc  on  entend  par  (m^r,  riîy,  Wz)  le  moment  électrique, 
à  l'instant  t  —  Xo>  ^^  la  molécule  dont  la  particule  vibrante 
fait  partie,  on  aura 


et 


b.    Valeurs  de  jx'%dT\     {y'%dr\    fz'^dr'. 
En  intégrant  par  parties,  on  trouve 


*)  Ce   champ    sera    limité  par  une  surface  fixe  quelconque  enveloppant 
la  particule  oscillante. 


174  H.   A.    LORKNTZ. 

De  plus,  on  aura 
et,  X  étant  la  première  coordonnée  du  centre, 

lxQdT'=xJQdTZ=ex. 

Vu,  cependant,  que  nous  avons  pris  pour  origine  des  coor- 
données la  position  naturelle  du  centre,  on  peut  écrire 

j  X  Q  dr  :=:mx: 
donc 

Pareillement 


!,    Valeurs  de  j  af^  %(It',  etc. 


d| 


d  t 


Dans    le    calcul    de   ces  intégrales  nous  nous  servirons  des 
formules 

jx'^  ^  d  r'  =—  2|a:>  d  ir'  =  —  2  m;r, 

j  X  y  -%  d  r'=  —  j  y  Qdr   =  —  niy,  etc. 

Le  terme  principal  (  V^  —  p^)  ;rp  de  l'expression  (167)  ne  con- 
tribue  en  rien  aux  intégrales: 


T.A   THÉORIE    éfiECTROMAaNéTIQUE   DE   MAXWEMi.  175 

fy'^ddr,  jz\%dr',ly't"^dT, 

mais,  dans  les  intégrales 

fx'^%dv',jx'y'^dT',jx'z'%dr', 

il  introduit  les  termes 

—  2{V^—p^)m^,  —  {V^—p^)my,-iV^—p')mz.  .  (168) 

Ce  sont  ces  expressions  qui  joueront  un  rôle  dans  le  résultat 
final.  Tout  ce  que  les  autres  termes  de  Texpression  (167) 
fournissent  aux  intégrales  dont  il  s'agit  maintenant  peut  être 
négligé.  En  effet,  nous  admettrons  que  Tamplitude  des  vibra- 
tions n'est  qu'une  fraction  insignifiante  de  la  longueur  d'onde 
et  que,  par  conséquent,  les  fractions 

l    ±    1 
V   F'    V 

ont  une  valeur  insensible. 

En  vertu  de  cette  supposition,  nous  n'aurons  pas  à  nous  oc- 
cuper des  termes 

les  parties  correspondantes  des  intégrales  cherchées  étant  extrê- 
mement petites  par  rapport  aux  produits  (168). 

Quant  au  dernier  terme  de  la  formule  (167),  il  introduit 
dans 

fx'^ddr\  fy'ddr,   (z'^^dv' 
les  termes  suivants: 


^f  l  Q^'^  dr\  etc. 


Désignons  de  nouveau,  par  d  l'amplitude  et  par  &  la  durée 
d'une  vibration.  Alors,  les  derniers  termes  sont  du  même 
ordre  de  grandeur  que 


176  H.    A.   liORKNTZ. 

et   peuvent,    par   conséquent,   être    négligés  par   rapport  aux 
expressions  (168). 

Le    terme    principal  de  l'expression  (167)  est  donc  bien  le 
seul   dont  il  faille  tenir  compte  dans  le  calcul  des  intégrales 

et,   dans   le   développement   (164),    il  n'est  pas  nécessaire  de 
nous  occuper  des  dérivées  d'un  ordre  supérieur  au  deuxième. 
6.  En  résumant  ce  que  nous  venons  de  trouver,  et  en  écrivant 
ï  au  lieu  de  X^,  on  obtient  : 

_    1_S^  /nigN      e(F^— p^)    3   /1\ 


+--L 


LOa;'  \t  j'^  dxd'y  \X  J  "^  OaiOzVï/J" 


Par   un    raisonnement   que   nous   avons  employé  plusieurs 
fois  (§§  115  et  137),  on  démontre  qu'il  faut  omettre  le  terme 

e{V^—p'i)  0_/l\ 
L  dx\xj 

si  Ton  veut  obtenir  la  valeur  de  /  qui  est  due  à  la  molécule 
entière  dont  la  particule  vibrante  fait  partie.  Cette  valeur  de- 
vient donc: 


LA   THEORIE  ELBGTROIIAGHETIQUB  DE   MAXWELL.  177 


-h 


où  la  fonction  S^  est  celle  qui  a  été  définie  par  la  formule  (144), 
7.  Pour   que    ce    résultat    s'accorde    avec    la  première   des 
équations  (145),  il  faut  qu'on  néglige  les  termes 


-h 


Or,  ces  termes  sont  les  seuls  dans  lesquels  les  moments 
m:r,  niy,  Wz  se  trouvent  multipliés  par  une  des  composantes  de 
la  vitesse  vibratoire;  on  en  diminuera  les  valeurs  autant  qu'on 
voudra  en  supposant  suflSsamment  petites  l'amplitude  et  la 
vitesse  des  vibrations. 

Ce  degré  de  petitesse  nécessaire  est-il  atteint  dans  les  cas 
qui  se  présentent  en  réalité?  Pour  répondre  à  cette  question, 
nous  considérerons  de  plus  près  l'ordre  de  grandeur  des  termes. 

Remarquons    d'abord    qu'une    différentiation  par  rapport  à 

t  introduit   le  facteur  — .    Au    contraire,    une  différentiation 

par  rapport  à  x  donne  lieu  à  deux  termes  différents.  D'un 
côté,  dans  les  fractions  dont  il  s'agit,  le  dénominateur  t  est 
une  fonction  de  a-,  et,  en  ce  qui  regarde  l'ordre  de  grandeur, 

les  dérivées  A  (^i.^,    |j,(^).  ^  (Y)peuvent  être  rem- 

')  Dans  cette  équation,  les  signes  mjr,  my,  niz  représentent  ce  qui  a  été 
indiqué,  au  paragraphe  14^,  par  m'a:,  m'y,  m'z, 

12 


178  H.    A.    LORENTZ. 

placées  par  -^ .    Mais,   d'un    autre  côté,  les  numérateurs,  tels 

que  Wx  ou  niarl,  dont  les  valeurs  doivent  être  prises  pour 
rinstant  t  —  x,  sont  par  cela  même  fonctions  de  .r,  y,  z.  Si 
on  désigne  par  A  un  quelconque  de  ces  numérateurs,  on  aura 

Cette    dérivée    se    compose  donc  de  deux  parties,  Tune  de 
Tordre 

OV 

et  Tautre  de  Tordre 

A  p 


Si,  dans  Tex pression  (170),  on  omet  pour  un  moment  les 
termes  de  cette  dernière  catégorie,  il  ne  reste  que  des  quantités 
comparables  à 

1     ^^_    m3_        1    aV   a  _     mS 
Lty'  x^  —  La^x^       Lu      X       ~  L^^Vx'  '  ^^^^^ 

D*autre  part,  dans  la  première  des  formules  (145),  le  premier 
terme  donne  lieu  à  des  expressions  (jui  sont  du  même  ordre 
de  grandeur  que 

Fj  m        rjn       _m_ 

Lx^  '   Lox^'   L&^x ^^^^ 

et  le  terme  1    0^    /nix\ 

~TdV-  \x) 
est  du  même  ordre  que  la  troisième  de  ces  expressions. 

En  divisant  la  première  des  fractions  (171)  par  chacune  des 
fractions  (172),  on  obtient 

8x     ^      ^ 
V  '    X  '    X  ' 

X    étant    la   longueur  d'onde  ù  F,  et  la  seconde  des  fractions 
(171)  conduit  do  la  même  manière  à 

'ùr^      S_X      8_ 


LA   THEORIB   ÉLECTROMAGNIÊTIQUE   DE   MAXWELL.  179 


Il    n'y  a  aucune  difficulté  à  admettre  que  r  et  -  sont  des 

fractions  négligeables  et  que,  par  conséquent,  les  quantités  (171) 
peuvent  être  négligées  par  rapport  à  celle  des  expressions 
(172)  qui  est  la  plus  importante.  Si,  pour  se  mettre  à  l'abri 
de  toute  objection,  on  désire  que  les  termes  (171)  soient  très 
petits  par  rapport  à  chacun  des  termes  (172),  il  faut  que  t  ou, 
ce  qui  revient  presque  à  la  même  chose,  la  distance  pour 
laquelle  on  veut  calculer  l'action  d'une  molécule,  soit  petit  par 
rapport  à 

Vu  l'extrême  petitesse  de  5  par  rapport  à  X,  cette  limite 
peut  être  un  multiple  très  élevé  de  la  longueur  d'onde  et  dans 
la  déduction  des  équations  du  mouvement  on  peut  se  borner 
à  une  partie  du  diélectrique,  dont  les  dimensions  soient  beaucoup 
plus  petites  que  la  longueur  (173).  En  effet,  on  se  rappellera 
que  nous  n'avons  rien  supposé  sur  ce  qui  se  trouve  à  l'ex- 
térieur de  la  surface  (t  (§  123). 

Quant  aux  termes  dans  l'expression  (170)  qui  contiennent 
le  facteur  p,  l'ordre  de  grandeur  qu'ils  présentent  est  dé- 
terminé par 

on  démontre  facilement  qu'ils  peuvent  être  négligés  par  rap- 
port au  terme: 

L  \ZxZi\x)        ZiS 

qui  figure  dans  la  première  des  formules  (145). 

8.  Je  n'insisterai  pas  sur  la  démonstration  des  deux  autres 
formules  (145),  qui  n'offrent  rien  de  nouveau.  Il  suffira  d'exa- 
miner encore  la  valeur  d'une  des  composantes  de  la  force 
magnétique.  C'est  la  valeur  de  |îqueje  choisirai,  parce  qu'elle 
est  moins  simple  que  l'expression  pour  a, 

12* 


■^  2  dx^ 


180  H.   A.   LORENTZ. 

Il  faut  se  servir  maintenant  de  la  deuxième  des  formules  (165), 

^=-T(i/*^'-à[if»^']- 

Or,  en  partant  de  la  valeur 

on  trouvera: 
S  d  r'  =  0, 

x  aSdr  =  — 47r  V»Çe  =  —  4,r  F»  ^' , 

a  z 

y  s  d  r'  =  0, 

z'S3dT'  =An  P  (I  +p)e=  47r  F>  (^  +  P«)' 

a;'»S5dr'=:  — 4jr  F».2ni^C. 

2/'>a5dr'  =  0, 

2'»Sdr'  =  47r  V\2mz{^+p), 

2/' 2' as  d  t' =  4  TT  n  my  (f  +  ;)), 

En  portant  ces  valeurs  dans  l'équation  (174),  on  obtient: 
1°.  les  termes  qu'on  voit  dans  la  deuxième  des  formules  (146), • 

2°.  le  terme 

4  71  F» 


L     '^    d 


p  e 


d~z\T)' 


LA   THEORIE   ELECTROMAGNETIQUE   DE   MAXWELL. 


181 


qui    est  indépendant  du  mouvement  vibratoire  et  qui  dispa- 
raîtra,   par   conséquent,  dans  la   valeur  de  |5  produite  par  la 
molécule  entière; 
3°.  le  terme 


nV^ 


oz  {  cx  \  X  /      ^y  \  '^  /     oz  \  X  /  )  J 

qu'on  peut  négliger  pour  les  rnêmes  raisons  qui  ont  conduit 
à  Tomission  des  termes  (170). 


Détermination  de  la  force  qu^une  particule  vibrante  éprouve 
en  vertu  de  Vétat  de  Véther  qu^elle  excite  elle-même. 

9.  Pour  calculer  cette  action,  il  faut  recourir  de  nouveau 
aux  formules  (159)  et  (160);  cependant,  on  les  simplifiera 
cette  fois-ci  en  ayant  égard  à  ce  que  a  est  un  intervalle  de 
temps  très  court. 

Commençons  par  rappeler  les  valeurs  des  fonctions  ^,  (S, 
etc.  En  désignant   maintenant  par  q'  la  densité  électrique  et 

^         ^  -,    les    valeurs    des   dérivées  pour  l'instant 


par 


'  ) 


dx'  '  dy   '  dz 


t  —  x  et  le  point  {x  ^y\z' ),  on  peut  écrire  : 


@(<- 


X,  x\  y',  Z-) = _  (I + ^) ,  ^;  +(F^-,^)J^;  - 


^{i- 


0  X  ^y 


(176) 


182  H.   A.   LOEENTZ. 

^{t->c,x',y',^)=AnV^  [ç  1^  -{^  +  p)^J,~^,  '    (176) 
6(<-x,a;',y',0')  =  4^  r»  [(?+p)  ^-,11-]. 

Dans  ces  expressions,  il  faut  entendre  par  |,  iy,  Ç  les  com- 
posantes de  la  vitesse  vibratoire  à  Tinstant  t  —  x.  Mais,  dans 
le  cas  qui  nous  occupe  actuellement,  les  valeurs  de  x  —  x, 
y  —  Vi  ^  —  ^  sont  très  petites  par  rapport  à  la  longueur 
d'onde  et  le  temps  x  le  sera  par  rapport  à  la  durée  d'une 
vibration. 

Il  est  donc  permis  d'écrire 

1  =  1^  —  Jc  1^ 


71'=.  rit — X  7]t^ 

où  l'indice  i  indique  les  valeurs  relatives  au  temps  i.  De  plus, 
les  termes  x|/,  xiy/,  peuvent  être  traités  comme  des  infini- 
ments  petits,  ce  qui  nous  donne: 

(I  +  p)2  =  (1^  +  p)2  _  2  X  {h  4-  p)  1/,  etc. 
C'est  ainsi  que    tous    les    coeflScients  de  —  ,  etc.  peuvent 

uX 

•        •        • 

être  exprimés  en  |<,  rn^  Ç^,  |/,  rity  X>t-   Pareillement,  nous  rem- 

•        •         •  •  •• 

placerons  |  (>' ,  7]q  ^  ^  q'   par  {^t  —    x  |^)  q'  ,   etc.  Ensuite,  les 

valeurs  qu'on  trouve  pour  %  (t—  x,  a?' ,  y' ,  z'  ),  etc.  doivent 
être  portées  dans  les  formules  (159)  et  (160),  et  ce  qu'on 
obtient  pour  /,  g^  h,  a,  /î,  /  sera  substitué  à  son  tour  dans  les 
équations  (I')  (§  133).  Il  importe  de  remarquer  que,  dans  ces 
dernières,  les  lettres  |,  ?/,  Ç  indiquent  précisément  ce  que  nous 
venons  de  représenter  par  |/,  '^t,  ^i»  Il  est  donc  permis  de  sup- 
primer l'indice  t;  de  plus,  nous  simplifierons  en  réunissant  les 
différents  termes. 


LA   THÉORIK   ELEGTKOMAGNETlQUfî   DE   MAXWELL.  1S3 


On  a,  par  exemple, 

X=fQ   [471   V^f-^^y-l:^'jd 


et 


où  ^,  ®,  35  sont  les  fonctions  ^  {t  —  x,  .t'  ,  y' ,  2'  ),  etc.   qui  se 
trouvent  déterminées  par  les  formules  (175)  et  (176). 
Posons,  pour  abréger, 

0 

et   indiquons   par    J\,  J^,  J3,  J\    ce  que  deviennent  ces  in- 

1  X 

tégrales  si  on  y  remplace  —  par  -.  Alors 


x=- 


énV^ 


\IJ,+    [p_(|+|,)î_,î_Ç^]  J^  - 


-^  J',    + 


[2(I+P)I 


S  +  7  ^  +  ç 


q  A 


+  i^+p)vJ'2  +  i^+p)^J\  ], 


T=- 


4nV^ 


V  J',+  [{^+P)k  +2  7,^  -4-  C  C]  ^',  + 


>(177) 


.  +  7  ç  «/;  +  ^7  $  ^'j 


- ç  !,  +  [d  +  p) I  +  ^z-J  +  2 et]  ^;  + 


184  H.   À.    LORKNTZ 

10.    Quelles   sont   maintenant  les   valeurs   de  J^J^^  etc.? 

Dans  le  calcul  des  intégrales    î^^'^'   ^t    I— ^dr',    il    y    a 

une  difficulté:  c'est  que  la  lettre  q  indique  la  densité  élec- 
trique qui  existe  dans  le  point  [x'  ^y  ,z')  à  Tinstant  t — x. 
Nous  allons  cependant  transformer  les  expressions  de  façon 
qu'elles  contiennent  seulement  la  densité  relative  au  temps  t. 
Remarquons  d'abord  que,  sans  changer  la  valeur  des  inté- 
grales, on  peut  prendre  pour  origine  des  coordonnées  le  point 
{x,  y,  z)  pour  lequel  elles  doivent  être  calculées  ;  de  plus,  pour 
une  raison  qu'on  comprendra  bientôt,  j'écrirai  a?",  y",  0"  au  lieu 
de  X  ,y  y  z   et  d  x"  au  lieu  de  dx  ,  Alors  : 

^  =  V^p-^^  ^"'  +  2/"'  +^"' (178) 


X  px; 


// 


(179) 


v^yi^p^       v^  —  p'^     '  '     ' 

et  il  s'agira  des  intégrales 

j(dT"  et  f'^dr" (180) 

Supposons  que  le  point  qui,  à  l'instant  t-x,  a  les  coor- 
données x'\  y'\  z"  prenne  part  au  mouvement  vibratoire  de  la 
particule,  et  nommons  x\  y\  z'  ce  que  sont  devenues  les  coor- 
données à  l'instant  L  Le  mouvement  pouvant"  être  regardé 
comme  uniforme  pendant  le  temps  x,  on  a: 

a;'  =  ic''.t.x|,  y'  =  /-f-x^,  2'  =  /  +  xÇ    ....  (181) 
Ici,  les  rapports 

X  I        XJ/        X  C 

x''  '    y''  '    ?" 
sont  du  même  ordre  de  grandeur  que 


F'  F  '   V 


(182) 


on    en    pourra    donc  négliger   les  puissances  supérieures  à  la 
première.  Mais,  alors,  on  peut,  dans  les  relations  (181),  entendre 


LA    THÉORIE    ÉLECTROMAGNÉTIQUE   DE   MAXWELL.  185 

par  X  ce  que  la  foiictioii  (179)  devieut  si  on  y  remplace  x'\ 
y\  7!'  par  x,  y\  z'. 

Les  points  qui,  à  Tinstant  t — x,  se  trouvèrent  dans  un  élément 
dx'\  situé  au  point  {x!\y'\7!'\  se  trouveront,  à  l'instant  iy 
dans  un  élément  de  volume  d  r',  situé  au  point  (a',  y',  2'). 

Or,  d'après  un  théorème  bien  connu, 

Zt!'     Zy"     Zt!'    I 


d^_    Z^     dj^     Dz^    I 
dx''     0/    D^'    1 


équation  qu'on  peut  mettre  sous  la  forme 

parce  que 

Da:'  ~^       ^Da;'  '  d  y'  ^~^dy'  '  ^^''' 


et  que 


j.  0  X        D  X 

Ç  r-7 ,  Ç  ;^— / ,  etc. 
ox        oy 


sont  du  même  ordre  que  les  expressions  (182). 

11.  Ceci  établi,  les  intégrales  (180)  peuvent  être  transfor- 
mées en  d'autres  auxquelles  chaque  élément  dx  contribue 
pour   un   terme.   Seulement,  dans   les  premières  intégrales,  il 

fallait   entendre    par   -    et   —  les  fonctions  de  x"^  y^'^  z"  qu'on 

déduit  des  équations  (178)  et  (179).  Si  on  veut  indiquer  par 
ces  signes  les  fonctions  analogues  de  x',  y',  z',  il  faut  remplacer 

1      ,    X 

-  et  -  par 
et 


186  H.   A.    liORENTZ. 

T~'*^3|-(?)-'''ô7(f)-"^Dy(?)- 

Quant  à  q\  cette  densité  est  évidemment  égale  à  celle  qui 
existe  dans  le  point  {x'y  y',  z')  à  Tinstant  t. 

On  finira  par  trouver,  pour  les  intégrales  (180),  qui  ont  été 
primitivement  représentées  par 


j±.dr-etf^dT', (183) 


les  formes  suivantes: 


et 


/'•■[ï-^-^'(F)-'07'(f)-tè(F)]'"'^«^' 

et   cela  restera  encore  vrai  si,  en  revenant  à  une  origine  des 
coordonnées  quelconque,  on  entend  par  a?,  i/,  z  les  coordonnées 

du   point  pour  lequel  on  veut  calculer  i  ^  d  r',  etc.  et  par  x  ^ 

y\  i  celles  du  point  où  se  trouve  Pélément  d  t  . 

Je  simplifierai   encore   en  négligeant  des  termes  de  Tordre 

f^^ .  Alors,  t  se  confond  avec  la  distance  r  des  points  (a*,  y,  z) 

et  (x,  y\  z'), 

.  —  La-    ^(^  -1 

et  les  expressions  (184)  et  (185)  deviennent 


et 


y  [-, 


J_  z-z'         2p} 


]dr'. 


LA   THÉORIE   ELECTROMAGNÉTIQUK   DE   MAXWELL.  187 

En  remplaçant  ici  q'   par  ~  ,  --V  i  :^  ,   on   trouvera   ce 
^    ^  ^     ^      ex      dy      d  z   ^ 

qui,  dans  les  formules  pour  /,,  Ij»  ®^c-  ®st  désigné  par 

En  effet,  ces  dernières  expressions  peuvent  être  transfor- 
mées de  la  même  manière  que  les  intégrales  (183),  et  cela, 
parce  que  les  dérivées  de  la  densité  par  rapport  aux  coordon- 
nées ont,  dans  le  point  {x\  y\  z')  et  à  Tinstant  ^,  les  mêmes 
valeurs  qu'elles  avaient  au  moment  i  —  x,  dans  le  point  [pc!\  y'\  z"). 

12.  Le  calcul  de  J,,  Jj,  etc.  est  ainsi  ramené  à  celui  des 
Intégrales 

ffçç'dTd  r',  JI?J'  dvdr',   ffç  (,'  ^-|,  (j^)  d  T  d  c',  etc. 

Ici,  les  signes  q  et  q  indiquent  les  densités  électriques, 
relatives  toutes  les  deux  au  même  instant  t  et  existant  dans 
les  points  {x,  j/,  z)  et  (x\  y\  z'  )  de  la  particule.  Tout  ce  qui  dépend 
du  mouvement  de  cette  dernière  a  disparu  et  les  valeurs  des 
intégrales  sont  entièrement  déterminées  par  la  manière  dont 
la  charge  est  distribuée.  De  plus,  plusieurs  des  intégrales 
s'annulent,  puisque  cette  distribution  est  symétrique  tout  autour 
du  centre.  En  eflfët,  si  ce  dernier  point  est  pris  pour 
origine  des  coordonnées,  q  et  q'  seront  des  fonctions  paires  de 
X,  y,  z  et  de  x\  y\  z'  et  une  intégrale  dans  laquelle  q  q  se 
trouve  multiplié  par  une  fonction  impaire  de  x  —  x\  y  —  y\ 

z  —  z'  s'évanouira.    Au  contraire,    vu  que  r-^   est  une  fonc- 

^      dx 

tion  impaire  de  x\  une  intégrale  qui  contient  q  -—,   ne  diffé- 

i)  X 

rera   de    0  que  lorsqu'elle  contient  encore  un  facteur  qui  est 
une  fonction  impaire  de  a:  —  x. 

Voici  maintenant  les  valeurs  des  intégrales,  en  tant  qu'elles 
ne  s'annulent  pas.  On  a  posé 


n 


T^j  V^^    ~^'     jçcodr  =  |ti, 


^ 


188  H.    A.    LORENTZ. 

et  il  faut  se  rappeler  que  chaque  combinaison  de  deux  éléments 
dr  et  dr  doit  être  prise  deux  fois. 

j  j  Q  q'  dr  dr    :=ze^y 

+  J  j  e  9   — yz —  »^"^  =3i»^V. 


lb'é'-^^'^''—lh'wi~) 


d  T  d  r'  = 


8 
3 


=  _°^  FV, 


Ih^'-^^'^-'-lhl} 


—   ■  ■  -  a  r  a  T   = 


=  —  3  TT  F  V- 


De  ces  formules  on  déduit 

J^  =  0,  J3  =0,  JT^  =0, 

J2    =  —    g  TT  (I   4-  p)  |Ii,     J3   =  —      g-TT  ^  ^,  J4  =—  ^   TT  C  j«i. 

13.  Reste  à  substituer  ces  valeurs  dans  les  formules  (177).  Je 
remplacerai   L   par  4  tt  F^  et  je  considérerai  en  premier  lieu 


Ç  Ç         (x—x'V 
^)  L'intégrale  \  \  u  q' 3—  dxdr'    est   évidemment  égale  aux  inté- 
grales analogues  qui  contiennent  {y—y'Y  et  {z—z')^  et,  par  conséquent,  à 
la  troisième  partie  de     |  j  —  d  r  rf  r/. 


LA   THÉORIE   ÉLECTROMAGNÉTIQUE   DE   MAXWELL.  189 

la  partie  de  X  qui  ne  contient  pas  p.  Les  termes  —   î  J,   et 

■  ■ 

-h  5  «''i  deviennent 

47rPÏ^-h   y^, (186) 

ce    qui    est   précisément    l'expression    (111).    Les    termes,  au 

contraire,  qui  dépendent  de  Jj,  J3  et  J\   sont  insensibles.  Le 

16 
premier,    par  exemple,    est  —  tt  |*  S^tt,  ce  qu'on  peut  négliger 

o 

en  présence  de  4  tt  F^  5  ^t. 

Quant   aux    termes    en  p^  il  faudrait  conserver  sans  doute 

ceux  qui  sont  comparables  au  produit  par  -^  de  l'expression 

(186),  c'est-à-dire  des  quantités  du  même  ordre  que 

pYÏ^   et  ?-if\ 

Mais,    dans    la   formule    pour  X,  la  vitesse  p  ne  se  trouve 
multipliée  que  par  des  facteurs  comme 

On  peut    donc  se  borner  à  la  valeur  (186),  et  on  trouvera 
des  expressions  analogues  pour  T  et  Z« 

Leide,  Juin  1892. 


190      H.    A.    LORBNTZ.    LA    THEORIE   ELECTROMAGNETIQUE,    ETC. 


Table  des  matières. 


Introduction p.       1 . 

Chap.  I.  Mouvements  électriques  dans  des  corps  qui  se  trouvent 

en  repos '      11 . 

//  II.  Phénomènes  électromagnétiques  dans  des  corps  qui  se 
tiouvent  en  mouvement  et  qui  entraînent  l'étlier  contenu 
dans  leur  intérieur //      47. 

0    III.   Kxamen  d'une  hypothèse  qui  a  été  faite  aux  chapitres 

précédents //      50 . 

»  IV.  Théorie  d'un  système  de  particules  chargées  qui  se  dé- 
placent à  travers  l'éther  sans  entraîner  ce  milieu //      70. 

»    V.  Applications  de  la  théorie  précédente »      93. 

tf  VI.  Propagation  de  la  lumière  dans  un  diélectrique  pondé- 
rable qui  se  trouve  en  repos //    112. 

//  VII.  Propagation  de  la  lumière  dans  un  diélectrique  pondé- 
rable qui  se  trouve  en  mouvement a    136. 

Note  additionnelle //   166. 


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CORRECTIOK. 


Dans  la  note  du  paragraphe  50: 

An  lieu,  de  trois  derniers  lisez  quatre  derniers 


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